Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il eut dix enfants, garçons et filles. L’une de ses épouses était Umm al-Banîn bint al-Ḥakam ibn Abī al-‘Āṣ, la sœur de Marwān ibn al-Ḥakam. Lorsque Sa‘īd sentit sa mort approcher, il rassembla ses fils et leur dit : « Que mes compagnons ne perdent rien d’autre que mon visage. Maintenez-les dans le lien que j’entretenais avec eux et continuez à leur accorder ce que je leur accordais (1). Épargnez-leur la peine de formuler leurs requêtes ; car quand un homme demande, ses membres se troublent et il tremble de peur d’être éconduit. Par Dieu, qu’un homme se tourne et se retourne sur sa couche, vous voyant comme un recours pour son besoin, est un bienfait plus grand pour vous que ce que vous lui donnez. »

Ensuite, il leur fit de nombreuses recommandations, parmi lesquelles : s’acquitter de ses dettes et de ses promesses, veiller à ne marier leurs sœurs qu’à ceux qui en soient dignes et désigner l’aîné d’entre eux comme leur chef. Son fils, ‘Amr ibn Sa‘īd al-Ashdaq, se chargea de toutes ces dispositions. Lorsqu’il mourut, ‘Amr le enterra au Baqī‘, puis se rendit auprès de Mu‘āwiya pour lui présenter ses condoléances. Mu‘āwiya invoqua la formule du retour à Dieu (istirjā‘), manifesta sa tristesse et demanda : « A-t-il laissé une dette ? » Il répondit : « Oui. » — « De combien ? » — « Trois cent mille dirhams (selon une autre version : trois millions de dirhams). » Mu‘āwiya déclara : « Je prends ces dettes à ma charge. » Mais ‘Amr ajouta : « Ô Commandeur des Croyants ! Mon père m’a enjoint de ne les payer qu’avec le produit de la vente de ses terres. » Mu‘āwiya acheta alors ces terres pour le montant de la dette et lui demanda de les lui faire transporter à Médine, ce qu’il fit. Ensuite, ‘Amr s’employa à rembourser intégralement tout ce que son père devait, jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne à qui rendre compte.

Parmi les créanciers se trouvait un jeune homme muni d’un morceau de cuir sur lequel était inscrit la somme de vingt mille. ‘Amr lui demanda : « Comment as-tu obtenu cette reconnaissance de dette de mon père ? » Le jeune homme répondit : « Un jour, il marchait seul ; j’ai souhaité l’accompagner jusqu’à ce qu’il atteigne sa demeure. Il m’a alors demandé de lui procurer un morceau de cuir. Je suis allé en chercher un chez un boucher et je le lui ai apporté ; il y a écrit ce montant, s’excusant de n’avoir rien sur lui ce jour-là. » ‘Amr lui remit aussitôt la somme due, assortie d’un généreux surplus.

On rapporte que Mu‘āwiya dit alors à ‘Amr ibn Sa‘īd : « Celui qui laisse un homme comme toi après lui ne meurt jamais vraiment. » Puis il ajouta : « Qu’Allah fasse miséricorde à Abū ‘Uthmān. » Et de dire encore : « Il y en a qui étaient plus âgés que moi et d’autres plus jeunes, tous sont morts. » Il récita alors le vers du poète :
« Lorsque celui qui est inférieur à un homme marche devant lui, / et qu’il se trouve privé de la compagnie de ses frères, il poursuit néanmoins sa route. » (2)

La mort de Sa‘īd ibn al-‘Āṣ advint cette année-là, selon d’autres l’année précédente, ou encore l’année suivante. Certains soutiennent qu’il mourut une semaine avant ‘Abd Allāh ibn ‘Āmir. Allah est plus savant.

Shaddād ibn Aws (3) : fils de Thābit ibn al-Mundhir ibn Ḥarām, Abū Ya‘lā al-Anṣārī al-Khazrajī, fut un éminent Compagnon, et il était le neveu de Ḥassān ibn Thābit.

(1) Entre deux parenthèses, une partie du texte a été omise dans la note B. (2) La « Bayt » dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (9/315), telle qu'extrait par son éditeur des « Taʿāzī wa al-Marāthī » (p. 52) et dans le « al-Kāmil » d'al-Mubarrad (4/27). (3) Références principales utilisées : Ṭabaqāt Ibn Saʿd (7/401), Ṭabaqāt Khalīfa (88, 303), Tārīkh Khalīfa (227), Musnad Aḥmad (4/122), Tārīkh al-Bukhārī al-Kabīr (4/224), al-Tārīkh al-Ṣaghīr (1/89), al-Maʿārif (312), al-Maʿrifa wa al-Tārīkh (1/356 et 2/320, 719), al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (4/328), Thiqāt Ibn Ḥibbān (1/folio 185), Mashāhīr ʿUlamāʾ al-Amṣār (p. 325), Mustadrak al-Ḥākim (3/506), al-Istibsār (54), Ḥilyat al-Awliyāʾ (1/264), al-Istībāʿ (2/694), al-Jamʿ li-Ibn al-Qaysarānī (1/211), Asad al-Ghāba (2/507), Tahdhīb al-Asmāʾ wa al-Lughāt (1/242), Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (10/276), Tahdhīb al-Kamāl (12/389), Tārīkh ...
وقد كان له عشرة من الولد ذكورًا وإناثًا، وكانت إحدى زوجاته أم البنين بنت الحكم بن أبي العاص -أخت مروان بن الحكم- ولمّا حضرت سعيدًا الوفاةُ جمع بنيه وقال لهم: لا يفقدن أصحابي غير وجهي، وصِلُوهم بما كنت أصلهم به، وأجروا عليهم [ما كنت أُجري عليهم] (١) واكفوهم مؤنة الطلب، فإن الرجل إذا طلب الحاجة اضطربت أركانه وارتعدت فرائصه مخافة أن يُردّ، فواللَّه لرجل يتململُ على فراشه يراكم موضعًا لحاجته أعظم منة عليكم مما تعطونه. ثم أوصاهم بوصايا كثيرة منها: أن يوفوا ما عليه من الدَّين والوعود، وألا يزوِّجوا أخواتهم إلّا من الأكفاء، وأن يسوِّدوا أكبرهم. فتكفَّل بذلك كله ابنه عمرو بن سعيد الأَشْدق، فلمّا مات دفنه بالبقيع، ثم ركب عمرو إلى معاوية فعزّاه فيه، واسترجع معاوية وحزن عليه وقال: هل ترك من دَين عليه؟ قال: نعم، قال: وكم هو؟ قال: ثلاثمئة ألف درهم - وفي رواية: ثلاثة آلاف ألف درهم- فقال معاوية: هي عليّ، فقال ابنه: يا أمير المؤمنين! إنه أوصاني ألَّا أقضي دينه إلا من ثمن أراضيه، فاشترى منه معاوية أراضي بمبلغ الدَّين، وسأل منه عمرو أن يحملها له إلى المدينة، فحملها له. ثم شرع عمرو يقضي ما على أبيه من الدَّين حتى لم يبق أحد، فكان من جملة من طالبه شاب معه رقعة من أديم فيها عشرون ألفًا، فقال له عمرو: كيف استحققت هذه على أبي؟ فقال الشاب: إنه كان يومًا يمشي وحده، فأحببت أن أكون معه حتى يصل إلى منزله، فقال: ابغني رقعة من أدم، فذهبت إلى بعض الجزّارين فأتيته بهذه، فكتب لي فيها هذا المبلغ، واعتذر بأنه ليس عنده اليوم شيء. فدفع إليه عمرو ذلك المال، وزاده شيئًا كثيرًا. ويروى أن معاوية قال لعمرو بن سعيد: من ترك مثلك لم يَمُت، ثم قال: رحم اللَّه أبا عثمان ثم قال: قد مات من هو أكبر منِّي ومن هو أصغر مني. ثم أنشد قول الشاعر: إذا سَارَ مَنْ دونَ امرئٍ وأمامَهُ … وأُوْحِشَ مِنْ إخوانه فهو سَائر (٢) وكانت وفاة سعيد بن العاص في هذه السنة، وقيل: في التي قبلها، وقيل: في التي بعدها، وقال بعضهم: كانت وفاته قبل عبد اللَّه بن عامر بجمعة. فاللَّه أعلم. شَدَّاد بن أَوْس (٣) : ابن ثابت بن المنذر بن حرام، أبو يعلى الأنصاريُّ الخزرجيّ. صحابي جليل، وهو ابن أخي حسان بن ثابت.
(١) ما بين حاصرتين سقط من ب. (٢) البيت في مختصر تاريخ دمشق (٩/ ٣١٥) وقد خرجه محققه من التعازي والمراثي (ص ٥٢) والكامل للمبرد (٤/ ٢٧). (٣) طبقات ابن سعد (٧/ ٤٠١) طبقات خليفة (٨٨، ٣٠٣) تاريخ خليفة (٢٢٧) مسند أحمد (٤/ ١٢٢) تاريخ البخاري الكبير (٤/ ٢٢٤) التاريخ الصغير (١/ ٨٩) المعارف (٣١٢) المعرفة والتاريخ (١/ ٣٥٦ و ٢/ ٣٢٠، ٧١٩) الجرح والتعديل (٤/ ٣٢٨) ثقات ابن حبان (١/ ورقة ١٨٥) مشاهير علماء الأمصار (ت ٣٢٥) مستدرك الحاكم (٣/ ٥٠٦) الاستبصار (٥٤) حلية الأولياء (١/ ٢٦٤) الاستيعاب (٢/ ٦٩٤) الجمع لابن القيسراني (١/ ٢١١) أسد الغابة (٢/ ٥٠٧) تهذيب الأسماء واللغات (١/ ٢٤٢) مختصر تاريخ دمشق (١٠/ ٢٧٦) تهذيب الكمال (١٢/ ٣٨٩) تاريخ =

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