Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On le décrit comme généreux. Ainsi, si tu lui exposais ta situation, peut-être t’accorderait-il quelque chose. Il s’exclama : « Malheur à toi ! Ne me fais pas perdre la face ! » Mais elle insista auprès de lui pour qu’il y aille. Il se rendit donc auprès de Saʿīd et s’assit à ses côtés. Quand les gens se furent retirés, l’homme resta assis à sa place. Saʿīd lui dit : « Je crois que tu es resté parce que tu as besoin de quelque chose. » L’homme se tut. Alors Saʿīd dit à ses serviteurs : « Allez-vous-en. » Puis il s’adressa à l’homme : « Il ne reste plus que toi et moi. » Mais l’homme resta silencieux.

Saʿīd éteignit alors la lampe et lui dit : « Que Dieu te fasse miséricorde, tu ne vois pas mon visage, alors formule ta demande. » L’homme répondit : « Qu’Allāh accorde sa grâce à l’émir ! Nous avons été touchés par la pauvreté et le besoin. J’aurais voulu t’en faire part, mais j’en ai eu honte. » Saʿīd lui dit : « Demain matin, rends-toi chez mon intendant, untel. » Le lendemain, l’homme se rendit donc chez cet intendant, qui lui annonça : « L’émir t’a destiné quelque chose. Va chercher quelqu’un pour le porter avec toi. » L’homme répondit : « Je n’ai personne pour m’aider à le transporter. » Il rentra alors chez sa femme en la blâmant : « Tu m’as poussé à m’humilier auprès de l’émir. Voilà qu’il m’a attribué quelque chose qui requiert de la main-d’œuvre pour le porter. Je ne pense pas qu’il y ait autre chose que de la farine ou des vivres. S’il s’agissait d’argent, nul besoin de porter quoi que ce soit, il me l’aurait donné directement. » Elle lui dit : « Quoi qu’il te donne, cela nous nourrira, prends-le. »

L’homme retourna donc chez l’intendant, qui lui déclara : « J’ai informé l’émir que tu n’avais personne pour transporter ta part, alors il t’a envoyé ces trois serviteurs noirs pour te la porter. » L’homme marcha devant eux et, une fois arrivé chez lui, il constata que chacun d’eux portait dix mille dirhams sur la tête. Il leur dit : « Posez ce que vous portez et repartez. » Mais ils répondirent : « L’émir nous a également offerts à ta disposition, car lorsqu’il envoie un présent à quelqu’un, le serviteur qui l’apporte fait partie du cadeau. » Ainsi la situation de cet homme s’améliora.

Ibn ʿAsākir rapporte que Ziyād ibn Abī Sufyān envoya à Saʿīd ibn al-ʿĀṣ des présents et une somme d’argent, accompagnés d’une lettre dans laquelle il sollicitait la main de sa fille, Umm ʿUthmān, qu’il avait eue de Āmina bint Jarīr ibn ʿAbd Allāh al-Bajalī. Lorsque les présents, l’argent et la lettre lui parvinrent, Saʿīd lut la lettre, puis distribua les présents à ceux qui l’entouraient. Ensuite, il lui écrivit une courte réponse : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Dieu – Exalté soit-Il – a dit : “Mais non ! L’homme se rebelle (6) dès qu’il se croit suffisant.” [al-ʿAlaq : 6-7]. Et salutations. »

Il nous est également rapporté que Saʿīd demanda en mariage Umm Kulthūm, fille d’ʿAlī et de Fāṭima, qui avait été l’épouse de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. Elle accepta et consulta ses deux frères, qui désapprouvèrent ce projet – selon une version, seul al-Ḥusayn s’y opposa tandis qu’al-Ḥasan y consentit. Elle prépara sa maison, dressa son lit, et ils convinrent du moment où conclure le contrat. Elle ordonna à son fils, Zayd ibn ʿUmar, de la marier à Saʿīd. Celui-ci lui envoya alors cent mille – ou, selon une autre narration, deux cent mille – en guise de dot. Les gens se réunirent chez lui pour l’accompagner, mais il dit : « Je ne souhaite pas mettre dans l’embarras les deux fils de Fāṭima. » Il renonça donc au mariage et laissa toute cette somme à Umm Kulthūm.

Ibn Maʿīn et ʿAbd al-Aʿlā ibn Ḥammād rapportent qu’un bédouin sollicita l’aide de Saʿīd ibn al-ʿĀṣ. Ce dernier ordonna qu’on lui donne cinq cents. Le serviteur demanda : « Cinq cents dirhams ou cinq cents dinars ? » Saʿīd répondit : « Je t’ai bien ordonné de lui donner cinq cents dirhams, mais puisque tu as pensé… »

(1) Dans les versions (A) et (T), la lecture est « taḥallaqī » au lieu de « taḥarrafat ». Dans le Lissân, « aḥlaka al-dahr al-shayʾ » signifie l’avoir usé ou détérioré. De même, « aḥlaka al-sāʾil wajhah » signifie que le voyageur a été altéré par son visage. (2) Entre deux parenthèses, une lettre « alif » est tombée, et une partie est tombée d’une autre lettre « bāʾ ». (3) Dans certaines copies : « ummī ».
يوصف بكرم، فلو ذكرتَ له حالك فلعلَّه يسمح لك بشيء، فقال: ويحك! لا تُخْلِقي (١) وجهي، فألحَّت عليه في ذلك، فجاء فجلس إليه، فلمّا انصرف الناس عنه مكث الرجل جالسًا في مكانه، فقال له سعيد: أظن جلوسك لحاجة، فسكت [الرجل، فقال سعيد لغلمانه: انصرفوا، ثم قال له سعيد: لم يبقَ غيري وغيرك، فسكت] (٢) فأطفأ المصباح ثم قال له: رحمك اللَّه لست ترى وجهي فاذكر حاجتك، فقال: أصلح اللَّه الأمير! أصابتنا فاقة وحاجة فأحببت ذكرها لك فاستحييت، فقال له: إذا أصبحت فالقَ وكيلي فلانًا، فلمّا أصبح الرجل لقي الوكيل، فقال له الوكيل: إن الأمير قد أمر لك بشيء فأْتِ بمن يحملُه معك، فقال: ما عندي من يحملُه، ثم انصرت الرجل إلى امرأته فلامَها وقال: حملتيني على بذل وجهي للأمير، فقد أمر لي بشيء يحتاج إلى مَنْ يحملُه، وما أراه أمَرَ لي إلَّا بدقيق أو طعام، ولو كان مالًا لما احتاج إلى من يحملُه ولأعطانيه. فقالت له المرأة: فمهما أعطاك فإنه يقوتنا فخذه، فرجع الرجل إلى الوكيل، فقال له الوكيل: إني أخبرت الأمير أنه ليس لك أحد يحملُه، وقد أرسل بهؤلاء الثلاثة السُّودان يحملونه معك، فذهب الرجل أمامهم، فلمّا وصل إلى منزله إذا على رأس كل واحد منهم عشرة آلاف درهم، فقال للغِلْمان: ضَعُوا ما معكم وانصرفوا، فقالوا: إن الأمير قد أطلقَنا لك، فإنه ما بعث مع خادم هدية إلى أحد إلّا كان الخادم الذي يحملها من جملتها. قال: فحسن حال ذلك الرجل. وذكر ابن عساكر: أن زياد بن أبي سفيان بعث إلى سعيد بن العاص هدايا وأموالًا وكتابًا ذكر فيه أنه يخطُب إليه ابنتَه أمَّ عثمان من آمنة بنت جرير بن عبد اللَّه البَجَلي، فلمّا وصلت الهدايا والأموال والكتاب قرأه، ثم فرَّق الهدايا في جلسائه، ثم كتب إليه كتابًا لطيفًا فيه: بسم اللَّه الرحمن الرحيم، قال اللَّه تعالى: ﴿كَلَّا إِنَّ الْإِنْسَانَ لَيَطْغَى (٦) أَنْ رَآهُ اسْتَغْنَى﴾ [العلق: ٦ - ٧] والسلام. وروينا أن سعيدًا خطب أمَّ كلثوم بنت علي من فاطمة، التي كانت تحت عمر بن الخطاب، فأجابت إلى ذلك، وشاورت أخويها، فكرها ذلك - وفي رواية: إنما كره ذلك الحسين وأجاب الحسن- فهيأت دارها، ونصبت سريرًا، وتواعدوا للكتاب، وأمرت ابنها زيد بن عمر أن يزوِّجها منه، فبعث إليها بمئة ألف - وفي رواية: بمئتي ألف- مَهْرًا، واجتمع الناس عنده ليذهبوا معه، فقال: إني أكره أن أُحرج ابنَيْ (٣) فاطمة، فترك التزويج، وأطلق جميع ذلك المال لها. وقال ابن مَعِين وعبد الأعلى بن حمّاد: سأل أعرابيٌّ سعيد بن العاص، فأمر له بخمسمئة، فقال الخادم: خمسمئة درهم أو دينار؟ فقال: إنما أمرتك بخمسمئة درهم، وإذ قد جاش في نفسك أنها
(١) تحرفت في (أ) و (ط) إلى: تحلقي. وفي اللسان: أخلق الدهر الشيء: أبلاه. وكذلك أخلق السائل وجهه. (٢) ما بين حاصرتين سقط من أ، وسقط بعضه من ب. (٣) في بعض النسخ: أمي.

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