«Elle m’est plus chère que mon père et mon voisin… et que le détenteur de dirhams et de dinars. Je crains, si jamais je la trahissais, la chaleur du Feu.»
Il est rapporté ensuite : Muʿāwiya se mit à rire et ordonna de lui verser dix mille dirhams, de lui fournir une monture ainsi qu’une litière. Puis, lorsque sa période de viduité fut arrivée à son terme, il la lui donna en mariage et la lui remit. Nous avons omis ici de longs poèmes (1).
Au cours de cette même année, de longs affrontements eurent lieu entre ʿUbayd Allāh ibn Ziyād et les Khawârij : il en tua un grand nombre et emprisonna plusieurs d’entre eux, faisant preuve d’une intransigeance et d’une audace dignes de son père.
[Mention de ceux parmi les notables qui moururent cette année]
Saʿīd ibn al-ʿĀṣ (2), fils de [Saʿīd ibn al-ʿĀṣ] (3), lui-même fils d’Umayya ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Manāf, était un Qurayshite de la lignée omeyyade. Son père trouva la mort en état de mécréance le jour de Badr, tué par ʿAlī ibn Abī Ṭālib. Saʿīd grandit auprès de ʿUthmān ibn ʿAffān et n’avait que neuf ans lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) décéda. Il comptait parmi les grands notables de l’islam, réputé pour sa noblesse et sa générosité. Son grand-père, Saʿīd ibn al-ʿĀṣ – surnommé Abū Uḥayḥa (4) – était l’un des chefs de Quraysh, appelé «Dhu al-Tāj» («celui qui porte la couronne»), car lorsqu’il se coiffait, personne d’autre n’osait porter de coiffe par respect pour lui.
Saʿīd fut nommé administrateur du Sawād sous ʿUmar, et ʿUthmān le choisit, grâce à son éloquence, pour faire partie de ceux qui recopièrent les exemplaires du Coran. On rapporte qu’il était celui dont la prononciation était la plus proche (5) de celle du Messager de Dieu (ﷺ). Il fut également l’un des douze hommes [chargés de…].