Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn ‘Abbâs, ‘Ikrima, Mujâhid, Al-Hassan, Qatâda, As-Suddî, Muhammad ibn Ishâq et Zayd ibn Aslam ont rapporté : « (Dieu dit) : “S’il est vrai que sa chemise est déchirée par devant, alors elle a dit vrai et il est du nombre des menteurs” : autrement dit, cela prouverait qu’il l’aurait sollicitée, si bien qu’elle se serait défendue jusqu’à déchirer le devant de sa chemise. (2) Mais “Si sa chemise est déchirée par derrière, alors elle a menti et il est du nombre des véridiques” : cela signifie qu’il s’était enfui loin d’elle, et qu’elle l’avait poursuivi et s’était accrochée à lui, causant la déchirure à l’arrière de sa chemise. C’est ainsi que les faits se sont produits. C’est pourquoi Dieu déclare : “Quand (son mari) vit que sa chemise était déchirée par derrière, il dit : ‘C’est bien là une ruse de votre part (ô femmes) ; votre ruse est vraiment grande’.” (cf. Yusuf : 28)

Ensuite, il se détourna de cette affaire et dit : “Yusuf, passe là-dessus” (cf. Yusuf : 29), c’est-à-dire : “N’en parle à personne”, car le silence est, en de telles circonstances, plus convenable et préférable. Puis il lui ordonna de demander pardon pour sa faute et de se repentir auprès de son Seigneur, car lorsque le serviteur se repent auprès de Dieu, Dieu accepte son repentir. Les gens d’Égypte, bien qu’ils vénérassent des idoles, savaient toutefois que Celui qui pardonne les péchés et en tient rigueur est Dieu seul, sans associé en cela. C’est la raison pour laquelle son mari s’adressa à elle ainsi, tout en montrant une forme d’excuse à son égard, car elle avait vu chez Yusuf une perfection à laquelle elle ne pouvait résister, alors que lui était chaste, intègre, préservé dans son honneur et sain de tout reproche. Ainsi lui dit-il : “Demande pardon pour ton péché, car tu es vraiment du nombre de ceux qui ont commis une faute.” (cf. Yusuf : 29)

Dans le même temps, d’autres femmes de la ville, parmi les épouses des notables et les filles des grands personnages, entendirent parler de cette affaire, critiquant et blâmant la femme d’Al-‘Azîz pour avoir tenté de séduire son serviteur et pour l’amour passionnel qu’elle lui portait : “Nous la voyons vraiment dans un égarement évident.” (cf. Yusuf : 30) Par ces propos, elles voulaient dire qu’elle plaçait son affection là où elle n’aurait pas dû, car il n’était qu’un simple esclave et ne méritait pas une telle passion.

Lorsque la femme d’Al-‘Azîz apprit ces railleries et ce dénigrement, elle les invita chez elle afin de justifier sa conduite et de leur montrer que ce jeune homme n’était pas tel qu’elles l’imaginaient. Elle prépara pour elles un lieu où s’installer et donna à chacune un couteau, puis dit à Yusuf : “Sors devant elles !” Lorsqu’elles le virent, elles l’admirèrent au plus haut point et se coupèrent les mains en s’exclamant : “À Dieu ne plaise ! Ce n’est pas un être humain, mais bien un ange noble !” (cf. Yusuf : 31) Alors la femme d’Al-‘Azîz s’adressa à elles : “Voilà celui à propos duquel vous me blâmiez. Je l’ai bel et bien sollicité, mais il s’est refusé à moi. Si cependant il ne fait pas ce que je lui ordonne, il sera certainement jeté en prison et comptera parmi les humiliés.” (cf. Yusuf : 32)

Yusuf invoqua alors son Seigneur en disant : “Ô mon Seigneur, la prison m’est plus aimable que ce à quoi elles m’invitent ; et si Tu ne détournes pas de moi leurs complots, je céderai à elles et deviendrai du nombre des ignorants.” (cf. Yusuf : 33) Son Seigneur exauça donc son appel et le préserva de leurs machinations, car Il est Celui qui entend et sait parfaitement.” (cf. Yusuf : 34)

Dieu rappelle ainsi les critiques que formulèrent ces femmes contre celle d’Al-‘Azîz, se moquant d’elle et condamnant son amour immodéré pour son serviteur. Elles la considéraient dans l’erreur parce qu’elle plaçait sa passion en dehors d’un cadre convenable. Mais la femme d’Al-‘Azîz, après avoir appris leurs propos, voulut se disculper en leur montrant que ce jeune homme n’était nullement ce qu’elles pouvaient s’imaginer. C’est pourquoi elle les rassembla chez elle, afin de prouver qu’en réalité, elle était davantage victime de la splendeur de Yusuf que coupable d’un désir injustifié.

(1) Voir ces propos dans l’exégèse de al-Ṭabarī (vol. 7, pp. 192‑193). (2) « قدَّت » : elle a coupé et déchiré. (3) Ainsi dans les manuscrits A et B, et dans l'édition imprimée : « l’esclave pécheur ».
رجلًا (١) : ابن عباس، وعكرمة، ومجاهد، والحسن، وقتادة، والسدي، ومحمد بن إسحاق، وزيد بن أسلم. فقال: ﴿إِنْ كَانَ قَمِيصُهُ قُدَّ مِنْ قُبُلٍ فَصَدَقَتْ وَهُوَ مِنَ الْكَاذِبِينَ﴾ أي: لأنه يكونُ قد راودَها فدافعْته حتى قَدّت (٢) مُقَدَّم قميصه ﴿وَإِنْ كَانَ قَمِيصُهُ قُدَّ مِنْ دُبُرٍ فَكَذَبَتْ وَهُوَ مِنَ الصَّادِقِينَ﴾ أي: لأنه يكونُ قد هربَ منها، فاتَّبعتْه وتعلَّقتْ فيه، فانشقَّ قميصُه لذلك، وكذلك كان. ولهذا قال تعالى: ﴿فَلَمَّا رَأَى قَمِيصَهُ قُدَّ مِنْ دُبُرٍ قَالَ إِنَّهُ مِنْ كَيْدِكُنَّ إِنَّ كَيْدَكُنَّ عَظِيمٌ﴾ أي: هذا الذي جرى من مكركنَّ، أنتِ راودتِه عن نفسه. ثم اتَّهمْتِه بالباطل، ثم ضربَ بعلُها عن هذا صفحًا، فقال: ﴿يُوسُفُ أَعْرِضْ عَنْ هَذَا﴾ أي: لا تذكرْه لأحدٍ، لأنَّ كتمانَ مثل هذه الأمور هو الأليقُ والأحسنُ، وأمرَها بالاستغفار لذنبها الذي صدرَ منها، والتوبة إلى ربِّها، فإنَّ العبدَ (٣) إذا تاب إلى اللّه تابَ اللّه عليه. وأهلُ مصرَ وإن كانوا يعبدون الأصنامَ إلا أنَّهم يعلمونَ أنَّ الذي يغفرُ الذنوبَ ويُؤاخذ بها هو اللّه وحدَه لا شريكَ له في ذلك، ولهذا قالَ لها بعلها، وعذرَها من بعض الوجوه، لأنها رأتْ ما لا صبرَ لها على مثله، إلا أنه عفيفٌ نزيهٌ بريءُ العِرْضِ، سليم الناحية، فقال: ﴿وَاسْتَغْفِرِي لِذَنْبِكِ إِنَّكِ كُنْتِ مِنَ الْخَاطِئِينَ﴾ [يوسف: ٢٩] . ﴿وَقَالَ نِسْوَةٌ فِي الْمَدِينَةِ امْرَأَتُ الْعَزِيزِ تُرَاوِدُ فَتَاهَا عَنْ نَفْسِهِ قَدْ شَغَفَهَا حُبًّا إِنَّا لَنَرَاهَا فِي ضَلَالٍ مُبِينٍ (٣٠) فَلَمَّا سَمِعَتْ بِمَكْرِهِنَّ أَرْسَلَتْ إِلَيْهِنَّ وَأَعْتَدَتْ لَهُنَّ مُتَّكَأً وَآتَتْ كُلَّ وَاحِدَةٍ مِنْهُنَّ سِكِّينًا وَقَالَتِ اخْرُجْ عَلَيْهِنَّ فَلَمَّا رَأَيْنَهُ أَكْبَرْنَهُ وَقَطَّعْنَ أَيْدِيَهُنَّ وَقُلْنَ حَاشَ لِلَّهِ مَا هَذَا بَشَرًا إِنْ هَذَا إِلَّا مَلَكٌ كَرِيمٌ (٣١) قَالَتْ فَذَلِكُنَّ الَّذِي لُمْتُنَّنِي فِيهِ وَلَقَدْ رَاوَدْتُهُ عَنْ نَفْسِهِ فَاسْتَعْصَمَ وَلَئِنْ لَمْ يَفْعَلْ مَا آمُرُهُ لَيُسْجَنَنَّ وَلَيَكُونًا مِنَ الصَّاغِرِينَ (٣٢) قَالَ رَبِّ السِّجْنُ أَحَبُّ إِلَيَّ مِمَّا يَدْعُونَنِي إِلَيْهِ وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّي كَيْدَهُنَّ أَصْبُ إِلَيْهِنَّ وَأَكُنْ مِنَ الْجَاهِلِينَ (٣٣) فَاسْتَجَابَ لَهُ رَبُّهُ فَصَرَفَ عَنْهُ كَيْدَهُنَّ إِنَّهُ هُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ﴾ [يوسف: ٣٠ - ٣٤] . يذكرُ تعالى ما كان من قِبَل نساء المدينة من نساء الأمراء وبنات الكبراء في الطعن على امرأة العزيز، وعيبها، والتشنيع عليها في مراودتها فتاها، وحُبِّها الشديد له، تعنين: وهو لا يساوي هذا؛ لأنه مولى من الموالي، وليس مثله أهلًا لهذا، ولهذا قلن ﴿إِنَّا لَنَرَاهَا فِي ضَلَالٍ مُبِينٍ﴾ أي: في وضعِها الشيء في غير محلّه ﴿فَلَمَّا سَمِعَتْ بِمَكْرِهِنَّ﴾ أي: بتشنيعهنَّ عليها، والتنقُّص لها، والإشارة إليها بالعيب والمذمَّة بحبِّ مولاها وعِشْقِ فتاها، فأظهرنَ ذمًّا وهي معذورةلا في نفس الأمر، فلهذا أحبَّتْ أن تبسطَ عدرَها عندهنَّ، وتُبيِّن أنَّ هذا الفتى ليس كما حسبنَ، ولا من قبيل ما لديهنَّ. فأرسلتْ إليهنَّ فجمعتهنَّ في منزلها،
(١) انظر هذه الأقوال في تفسير الطبري (٧/ ١٩٢ - ١٩٣). (٢) "قدَّت": قطعت ومزَّقت. (٣) كذا في أ وب، وفي المطبوع: العبد المذنب.

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