Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le vent l’avait découverte, et ‘Umar la frappa alors avec sa badine. Sa‘d vint pour l’en empêcher, et ‘Umar le frappa à son tour de la badine. Sa‘d voulut alors invoquer une malédiction contre ‘Umar. Celui-ci lui tendit la badine en disant : « Fais-moi réparation », mais Sa‘d lui pardonna.

Il est également rapporté qu’il y eut un différend entre Sa‘d et Ibn Mas‘ud, et que Sa‘d fut sur le point d’invoquer contre lui. Ibn Mas‘ud, craignant son invocation, se mit alors à fuir rapidement.

Sufyân ibn ‘Uyayna a dit : « Le jour d’al-Qâdisiyya, Sa‘d était à la tête des troupes, mais il fut blessé et ne participa pas à la conquête – c’est-à-dire la prise d’al-Qâdisiyya. Un homme de Bajîla dit alors :

« Ne vois-tu pas que Dieu a fait triompher Sa religion
Tandis que Sa‘d, à la porte d’al-Qâdisiyya, est enserré ?
Nous sommes revenus, laissant derrière nous nombre de veuves
Tandis qu’aucune des femmes de Sa‘d n’a perdu son époux. » (1)

Sa‘d s’écria : « Ô Seigneur, préserve-nous de sa langue et de sa main ! » Un trait venu au hasard (2) l’atteignit alors : il perdit la parole et ses deux mains se paralysèrent.

Ziyâd al-Bakkâ’î et Sayf ibn ‘Umar ont également rapporté, d’après ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, d’après Qabîsa ibn Jâbir, d’après Ibn ‘Umar (3), la même histoire. Ils y mentionnent ensuite que Sa‘d sortit et montra aux gens les plaies qu’il avait dans le dos afin qu’ils comprennent sa situation.

Hushaym a rapporté, d’après Abû Blah, d’après Mus‘ab ibn Sa‘d, qu’un homme insulta ‘Alî. Sa‘d le réprimanda, mais il ne cessa pas. Sa‘d dit alors : « Je vais invoquer contre toi. » Comme l’homme refusait toujours de s’arrêter, Sa‘d invoqua Dieu contre lui. À peine l’eut-il fait qu’un chameau errant (4)(5) apparut et le renversa brutalement.

D’après une autre chaîne de transmission, ‘Âmir ibn Sa‘d relate que Sa‘d vit un groupe de personnes s’attrouper autour d’un homme. Il passa la tête entre deux d’entre eux et s’aperçut que l’homme injuriait ‘Alî, Talha et Az-Zubayr. Sa‘d le mit en garde, mais il refusa de s’arrêter. Alors Sa‘d lui dit : « Je vais invoquer contre toi. » Et l’homme répliqua : « Tu me menaces comme si tu étais un prophète ?! » Sa‘d s’éloigna de lui, entra dans la demeure d’une certaine famille, fit ses ablutions et accomplit deux unités de prière. Il leva ensuite les mains et s’écria : « Ô Seigneur, si Tu sais que cet homme a insulté des personnes à qui Tu as accordé une faveur antérieure, et que ses propos Te courroucent parce qu’il les a offensées, fais-en aujourd’hui un signe et un exemple. »

Alors, voilà qu’une chamelle de race boukhtiyya (6) surgit, errante, de la maison en question, sans que rien ne puisse la stopper. Elle pénétra au milieu de la foule, la faisant se disperser, s’empara de l’homme avec ses pattes et ne cessa de le piétiner jusqu’à ce qu’il meure. Le narrateur poursuit : « J’ai alors vu les gens courir vers Sa‘d en disant : “Dieu a exaucé ton invocation, Abû Ishâq !” »

(1) Les deux vers cités dans « Al-ʿUqd al-Farīd » (1/44), « Tārīkh Ibn ʿAsākir », abrégé (9/264), « Al-Kāmil » d’Ibn al-Athīr (2/469) et « Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ » (1/115). (2) « Sahm Gharb » : c’est-à-dire que le tireur est inconnu. (3) Ainsi dans « Al-Uṣūl », comme dans « Siyar » (1/115). (4) N’est pas dans la Ṭ. (5) « Nādd » : errant. (6) « Al-Bakhtiyya » : la chamelle.
فكشفها الريح، فشدَّ عليها عمر بالدِّرَّة، وجاء سعد ليمنعَه، فتناوله عمر بالدِّرَّة، فذهب سعد يدعو على عمر، فناوله الدِّرَّة وقال: اقتصَّ مني، فعفا عن عمر. وروي أيضًا: أنه كان بين سعد وابن مسعود كلام، فهمَّ سعدٌ أن يدعوَ عليه، فخاف ابن مسعود وجعل يشتدُّ في الهرب. وقال سفيان بن عُيينة: لمّا كان يوم القادسيَّة كان سعد على الناس، وقد أصابته جراح فلم يشهد يوم الفتح - يعني: فتح القادسيَّة - فقال رجل من بَجِيلَة: أَلمْ تَرَ أنَّ اللهَ أظهرَ دِينَهُ … وسعدٌ ببابِ القادسيَّة مُعْصَمُ فأُبْنا وقد آمَتْ نسَاءٌ كثيرةٌ … ونِسْوةُ سعدٍ ليسَ فيهنَّ أَيِّمُ (١) فقال سعد: اللهمَّ اكفنا يدَهُ ولسانَه، فجاء سهمُ غَرب (٢) ، فخرسَ ويبستْ يداه جميعًا. وقد أسند زياد البكّائي وسيف بن عمر، عن عبد الملك بن عُمير، عن قَبيصة بن جابر، عن ابن عمر (٣) .. فذكر مثله، وفيه: ثم خرج سعد فأرى القوم ما به من القروح في ظهره ليعذر إليهم. وقال هشيم: عن أبي بلح، عن مصعب بن سعد أن رجلًا نال من علي، فنهاه سعد، فلم ينته، فقال سعد: أدعو عليك، فلم ينته، فدعا اللّه عليه [فما برح] (٤) حتى جاء بعير نادٌّ (٥) فتخبَّطه. وجاء من وجه آخر: عن عامر بن سعد: أنَّ سعدًا رأى جماعة عكوفًا على رجل، فأدخل رأسه من بين اثنين، فإذا هو يسبُّ عليًا وطلحة والزبير، فنهاه عن ذلك، فلم ينته، فقال: أدعو عليك، فقال الرجل: تتهدَّدني كأنك نبيّ؟! فانصرف عنه سعد، فدخل دار آل فلان، فتوضأ وصلَّى ركعتين، ثم رفع يديه فقال: اللهمَّ إن كنتَ تعلم أن هذا الرجل قد سبَّ أقوامًا قد سبقت لهم منك سابقة الحسنى، وأنه قد أسخطك سبُّه إياهم، فاجعلْه اليوم آيةً وعبرة. قال: فخرجتْ بُخْتيَّة (٦) نادَّة من دار آل فلان لا يردُّها شيء حتى دخلتْ بين أضعاف الناس، فافترق الناس عنها، فأخذته بين قوائمها، فلم تزل تتخبَّطه حتى مات. قال: فلقد رأيت الناس يشتدُّون وراء سعد يقولون: استجاب الله دعاءك يا أبا إسحاق.
(١) البيتان في العقد الفريد (١/ ٤٤) وتاريخ ابن عساكر، مختصره (٩/ ٢٦٤) والكامل لابن الأثير (٢/ ٤٦٩) وسير أعلام النبلاء (١/ ١١٥). (٢) "سهم غرب": أي لا يعرف راميه. (٣) هكذا في الأصول، وكذلك في السير (١/ ١١٥). (٤) ليس في ط. (٥) "نادّ": شارد. (٦) "البختية": الناقة.

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