Moussa ibn ‘Oqba et d’autres ont rapporté d’après Ismā‘īl ibn Abī Khālid, d’après Qays, d’après Sa‘d : que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Ô Seigneur, dirige son tir et exauce son invocation. »
Sīyār ibn Bashīr l’a également rapporté, d’après Qays, d’après Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, qui a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire à Sa‘d : “Ô Seigneur, dirige sa flèche, exauce son invocation et rends-le cher à Tes serviteurs.” »
Il est aussi rapporté d’après Ibn ‘Abbās — et, dans une autre version, par Muḥammad ibn ‘Āʾidh ad-Dimashqī, d’après al-Haytham ibn Ḥumayd, d’après Muṭ‘am, d’après al-Miqdām et d’autres — que Sa‘d dit : « Ô Messager d’Allah ! Invoque Allah pour qu’Il exauce mon invocation. » Le Prophète (ﷺ) répondit : « En vérité, Allah n’exauce pas l’invocation d’un serviteur tant que sa nourriture n’est pas licite (ṭayyib). » Sa‘d dit alors : « Ô Messager d’Allah, invoque Allah pour qu’Il purifie ma nourriture », et le Prophète pria pour lui. Ils racontent que Sa‘d s’abstenait de ramasser tout épi de blé qu’il trouvait dans son champ et le remettait là d’où il venait.
Sa‘d se voyait ainsi exaucé dans ses invocations ; presque aucune de ses prières n’était laissée sans réponse. Parmi les récits les plus connus à ce sujet figure ce qui est rapporté dans les “Sahīhayn” (1), par la voie de ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, d’après Jābir ibn Samura (2) : les habitants de Koufa se plaignirent auprès de ‘Umar de divers comportements de Sa‘d, jusqu’à prétendre qu’il ne savait pas bien prier. Sa‘d dit alors : « Pour ma part, je ne ménage aucun effort pour diriger la prière conformément à celle du Messager d’Allah (ﷺ) : j’allonge les deux premières unités et j’abrège les deux dernières. » ‘Umar répondit : « C’est bien ce que nous attendions de toi, Abū Isḥāq. » (3)
‘Umar avait en effet envoyé des gens pour s’enquérir de la situation de Sa‘d dans les différents quartiers de Koufa ; dans chaque mosquée où ils s’arrêtaient, on faisait l’éloge de Sa‘d, jusqu’à ce qu’ils parvinrent à la mosquée des Banū ‘Abs. Là, un homme du nom d’Abū Sa‘da, Usāma ibn Qatāda, se leva et dit : « Sa‘d ne rejoint pas les expéditions, ne partage pas équitablement le butin et ne juge pas avec justice. » Lorsque Sa‘d apprit ces propos, il invoqua : « Ô Allah, si Ton serviteur s’est exprimé par ostentation et pour se faire bien voir, alors allonge sa vie, prolonge sa pauvreté, aveugle sa vue et expose-le aux tentations. » Selon le narrateur : « Je l’ai vu plus tard devenu un vieillard aux sourcils tombants sur les yeux, se tenant au bord de la route et faisant des gestes aux jeunes filles ; quand on le réprimandait, il répondait : “Je suis un vieil homme mis à l’épreuve par la malédiction de Sa‘d.” » Dans une version moins répandue, il est mentionné qu’il vécut jusqu’à la sédition provoquée par al-Mukhtār ibn Abī ‘Ubayd et y trouva la mort. (4)
Aṭ-Ṭabarānī (5) rapporte : « Yūsuf al-Qāḍī nous a raconté, ‘Amr ibn Marzūq nous a transmis, Shu‘ba nous a transmis d’après Sa‘d ibn Ibrāhīm, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyib, qui a raconté : “Une servante de Sa‘d, appelée Zabra’, sortit un jour vêtue d’une chemise neuve…” »