« Je n’ai pour héritière qu’une fille. Puis-je faire l’aumône des deux tiers de mes biens ? » Il (le Prophète) répondit : « Non. » J’ai dit : « Alors la moitié, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Non. » J’ai alors demandé : « Le tiers ? » Il répondit : « Le tiers, et le tiers est déjà beaucoup. En vérité, il vaut mieux que tu laisses tes héritiers à l’abri du besoin plutôt que de les laisser dans l’indigence, tendant la main aux gens. Et tu ne feras jamais de dépense pour la Face de Dieu sans en être rétribué, y compris la bouchée que tu mets dans la bouche de ton épouse – et dans une autre version : même la bouchée que tu mets dans la bouche de ton épouse. »
J’ai dit : « Ô Messager de Dieu, vais-je survivre à mes compagnons ? » Il répondit : « Tu ne resteras pas derrière pour accomplir une action qui vise la Face de Dieu sans que cette action ne t’élève davantage en degré et en honneur. Peut-être vivras-tu assez pour que certains profitent de toi et que d’autres en soient lésés. » Puis il dit : « Ô mon Dieu, parachève l’émigration de mes Compagnons et ne les ramène pas sur leurs pas, mais le miséreux est Sa‘d ibn Khawlah. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) exprima sa compassion pour lui car il mourut à La Mecque (1).
Ce hadith est rapporté par Ahmad (2), d’après Yahyâ ibn Sa‘îd, d’après al-Ja‘d ibn Aws, d’après ‘Â’isha bint Sa‘d, d’après son père, qui raconta un hadith semblable. On y trouve le passage suivant : « Il (le Prophète) posa sa main sur le front de Sa‘d, puis il essuya son visage, sa poitrine et son ventre en disant : “Ô mon Dieu, guéris Sa‘d et parachève son émigration.” » Sa‘d a dit : « Je n’ai cessé de sentir la fraîcheur de sa main sur mon foie jusqu’à cet instant. »
Ibn Wahb a rapporté : « Mûsâ ibn ‘Ulayy ibn Rabâh m’a informé, d’après son père, que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) rendit visite à Sa‘d et dit : “Ô mon Dieu, éloigne de lui l’affliction, Seigneur des hommes, Roi des hommes, Toi le Guérisseur, nul guérisseur en dehors de Toi. Au nom de Dieu, je te conjure (par ces mots) contre tout ce qui peut te nuire, contre l’envie et le mauvais œil. Ô mon Dieu, accorde la santé à son cœur et à son corps, dissipe sa maladie et exauce son invocation.” »
Toujours selon Ibn Wahb : « ‘Amr m’a informé d’après Bakr ibn al-Ashajj, qui a dit : “J’ai interrogé ‘Âmir ibn Sa‘d au sujet de la parole du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) à Sa‘d : ‘Peut-être vivras-tu assez pour que certains profitent de toi et que d’autres en soient lésés.’ Il a répondu : ‘Sa‘d fut nommé gouverneur en Irak. Il tua des gens qui avaient apostasié (ar-Ridda), leur portant préjudice, et il donna l’occasion à d’autres, qui avaient imité la prétention de Musaylima le menteur, de se repentir, et ils se repentirent. Ceux-là en furent bénéficiaires.’” »
L’imam Ahmad (4) rapporte : « Abû al-Mughîra nous a transmis, Mu‘ân ibn Rifâ‘a nous a transmis, ‘Alî ibn Yazîd (6) nous a transmis, d’après al-Qâsim Abû ‘Abd ar-Rahmân, d’après Abû Umâma, qui a dit : “Nous nous étions assis auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il nous rappela (les vérités de la foi) et nous toucha profondément, si bien que Sa‘d ibn Abî Waqqâs se mit à pleurer, et pleura beaucoup. Il dit : ‘Si seulement j’étais mort !’ Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) répondit : [‘Ô Sa‘d ! Souhaiterais-tu la mort en ma présence ?’] et il répéta cela trois fois, puis il dit : ‘Ô Sa‘d ! Si tu as été créé pour le Paradis, alors prolonger ta vie et embellir tes actes ne peut qu’être meilleur pour toi.’” »