Sous Son ombre, le jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne : un imam équitable, un homme qui se souvient de Dieu à l’écart jusqu’à ce que ses yeux se remplissent de larmes, un homme dont le cœur reste attaché à la mosquée à peine en sort-il qu’il y retourne, deux hommes qui s’aiment en Dieu et se réunissent en Son Nom pour ensuite se séparer en Son Nom, un homme qui fait l’aumône de telle sorte que sa main gauche ne sache pas ce que dépense sa main droite, un jeune qui grandit dans l’adoration de Dieu, et un homme qu’une femme de haut rang et de beauté invite à commettre le péché, et qui répond : « Je crains Dieu. »
(2) Il est donc question ici d’une femme insistant avec la plus grande ardeur pour qu’il cède à son appel. Alors il dit : « À Dieu ne plaise ! En vérité, c’est mon seigneur » – autrement dit, son époux, le maître de la maison – « il m’a comblé de bienfaits et honoré mon séjour chez lui. Vraiment, les injustes ne réussissent pas. » Nous avons déjà discuté du verset : « Et vraiment elle le voulut, et il l’aurait voulue, s’il n’avait vu la preuve de son Seigneur », de manière suffisamment détaillée et satisfaisante dans le commentaire. La plupart des dires des exégètes à ce sujet proviennent des écrits des Gens du Livre ; il est préférable pour nous de nous en détourner. Ce qu’il faut affirmer, c’est que Dieu, exalté soit-Il, l’a préservé et l’a innocenté, qu’Il l’a empêché de commettre cette faute et l’en a protégé. C’est pour cela que Dieu dit : « Ainsi Nous détournâmes de lui le mal et la turpitude. Vraiment il était un de Nos serviteurs élus. »
« Ils coururent tous deux vers la porte » : il s’enfuit pour échapper à son appel, tandis qu’elle le poursuivit. « Ils trouvèrent alors (c’est-à-dire “ils trouvèrent”) son maître » – autrement dit, son mari – « à la porte. » Aussitôt, elle prit la parole pour l’accuser et l’inciter à lui faire du tort : « Elle dit : “Quelle punition mérite celui qui veut du mal à ta famille, si ce n’est la prison ou un châtiment douloureux ?” » Ainsi, c’est elle qui l’accusa, cherchant à se disculper et à préserver sa réputation. C’est pourquoi Youssouf – sur lui la paix – déclara : « C’est elle qui a tenté de me séduire. » Il fut contraint de proclamer la vérité dans cette situation. « Un témoin, de sa famille, témoigna » : on dit qu’il s’agissait d’un nourrisson encore au berceau, ainsi que l’ont rapporté Ibn ‘Abbâs, Abou Hourayra, Hilâl ibn Yassâf, al-Hassan al-Basrî, Sa‘îd ibn Jubayr et ad-Dahhâk ; c’est également l’avis privilégié par Ibn Jarîr. Il a rapporté à ce sujet un hadith remontant à Ibn ‘Abbâs, certains le rapportant comme parole directe de ce dernier.
D’autres commentaires disent qu’il s’agissait d’un homme de la famille d’« Oṭfîr », le mari, ou bien un proche de la femme en question. Parmi ceux qui ont soutenu cette thèse figurent