Elle descendait de Quraych, et se trouvait alors près de l’esplanade d’as-Safâ. Par la suite, elle revint à al-Mahdî, qui l’offrit à son épouse al-Khayzurân, mère de Mûsâ al-Hâdî et de Hârûn ar-Rachîd. Celle-ci la construisit et la rénova, si bien qu’elle en fut connue sous son nom, puis elle passa entre d’autres mains.
Al-Arqam assista à la bataille de Badr, ainsi qu’aux autres expéditions. Il mourut à Médine cette même année. Sa‘d ibn Abî Waqqâs fit la prière funéraire pour lui conformément à son testament – qu'Allah soit satisfait de lui –, et il avait alors plus de quatre-vingts ans.
Sahbân ibn Zufar ibn Iyâs (1), fils de ‘Abd Shams ibn al-Aḥabb (2) al-Bâhilî al-Wâ’ilî, est celui dont on cite l’éloquence en exemple, au point de dire : « Plus éloquent que Sahbân Wâ’il. » Quant à Wâ’il, c’est Wâ’il ibn Ma‘n (3) ibn Mâlik ibn A‘ṣur ibn Sa‘d ibn Qays ibn ‘Aylân (4) ibn Muḍar ibn Nizâr. Bâhila était l’épouse de Mâlik ibn A‘ṣur, et c’est à elle que ses enfants sont rattachés. Il s’agit de Bâhila bint Ṣa‘b ibn Sa‘d al-‘Achîra.
Ibn ‘Asâkir a rapporté que « Sahbân, connu sous le nom de Sahbân Wâ’il, était venu en délégation auprès de Mu‘âwiya et lui avait adressé la parole. » Mu‘âwiya lui dit alors : « Es-tu ce cheikh ? » Il répondit : « Oui, par Dieu, et bien plus encore. » Ibn ‘Asâkir n’en dit pas davantage.
Ibn al-Jawzî le mentionne aussi dans son ouvrage “Al-Muntaẓim”, comme nous venons de l’évoquer, et il poursuit en disant : « C’était un orateur d’une grande éloquence, auquel on se référait pour exemplifier la rhétorique. Un jour, il se présentait devant Mu‘âwiya en présence des orateurs de diverses tribus. Dès qu’ils le virent, ils prirent congé, conscients de leur incapacité à rivaliser avec lui. Alors Sahbân déclara :
“Les gens du Yémen savent fort bien que, si je dis : ‘Eh bien, après…’, je suis leur orateur.”
Mu‘âwiya lui dit : “Prononce ton discours.” Sahbân répondit : “Donnez-moi un bâton pour redresser ce qui pourrait pencher en moi.” Ils lui dirent : “Pourquoi faire, alors que tu te tiens devant le Commandeur des croyants ?” Il leur répondit : “Qu’en faisait donc Moïse, alors qu’il s’entretenait avec son Seigneur – Exalté soit-Il – ?” Il le saisit donc, puis s’exprima de midi jusqu’à l’approche de la prière de l’après-midi, sans tousser ni s’interrompre, sans sortir d’un sujet pour en entamer un autre, bien qu’il lui restât encore à développer. Mu‘âwiya lui dit alors : “L’heure de la prière !” Sahbân répondit : “La prière est devant nous. Ne sommes-nous pas déjà en train de louer et de glorifier Dieu, de prêcher et d’avertir, de rappeler des promesses et des menaces ?” Mu‘âwiya lui déclara : “Tu es l’orateur des Arabes.” Il rétorqua : “Des Arabes seulement ? Je suis l’orateur des djinns et des hommes.” Mu‘âwiya dit alors : “En effet, tu l’es.”