Puis il fut dit : « Al-‘Azîz l’acheta pour vingt dinars. » Et il fut également rapporté qu’il l’acheta pour son poids en musc, ou pour son poids en soie, ou pour son poids en argent. Dieu est plus savant.
Et Sa parole : « Et c’est ainsi que Nous assurâmes à Joseph une place solide sur la terre » signifie : De même que Nous avions disposé al-‘Azîz et son épouse à se montrer bienveillants envers lui et à prendre soin de lui, Nous lui donnâmes de l’autorité au pays d’Égypte. « Et afin que Nous lui enseignions l’interprétation des récits » c’est-à-dire leur compréhension, et l’interprétation des songes en fait partie. « Dieu est Maître de son Ordre » signifie que lorsqu’Il veut une chose, Il en prépare les causes et les moyens que les hommes ne peuvent imaginer. C’est pourquoi Il dit : « Mais la plupart des gens ne savent pas. »
« Et quand il eut atteint sa pleine maturité, Nous lui accordâmes sagesse et savoir. C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien » [Yûsuf : 22]. Cela montre que tout cela se produisit avant qu’il n’atteigne sa pleine vigueur, c’est-à-dire l’âge de quarante ans auquel Dieu, le Seigneur des mondes, fait descendre la révélation sur Ses prophètes, que la prière et la paix soient sur eux.
Ils ont divergé à propos de la durée de vie correspondant à l’atteinte de la pleine maturité (al-ashudd) : Mâlik, Rabî‘a, Zayd ibn Aslam et ash-Sha‘bî disent que c’est l’âge de la puberté. Sa‘îd ibn Jubayr dit dix-huit ans. Ad-Dahhâk dit vingt ans. ‘Ikrima dit vingt-cinq ans. As-Suddî dit trente ans. Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et Qatâda disent trente-trois ans. Quant à al-Hasan, il dit quarante ans ; ce dont témoigne Sa parole : « Lorsqu’il atteint sa pleine maturité et qu’il atteint quarante ans » [al-Ahqâf : 15].
« Et celle qui se trouvait dans la maison où il vivait le sollicita et ferma bien les portes en disant : “Viens à moi !” Il dit : “À Dieu ne plaise ! Il est mon Maître, Il m’a accordé une bonne demeure ; assurément les injustes ne réussissent pas” » [Yûsuf : 23]. « Elle le désira ardemment et il l’aurait également désirée si ce n’était qu’il vit la Preuve de son Seigneur. Ainsi, Nous détournâmes de lui le mal et la turpitude. Il était vraiment l’un de Nos serviteurs sincères » [Yûsuf : 24]. « Ils coururent tous deux vers la porte et elle déchira sa tunique par-derrière ; ils trouvèrent alors son maître auprès de la porte. Elle dit : “Quelle autre peine pour qui voulait du mal à ta famille, sinon d’être jeté en prison ou d’être puni d’un châtiment douloureux ?” [Yûsuf : 25]. Il dit : “C’est elle qui a tenté de me séduire.” Et un témoin, de sa propre famille, témoigna : “Si sa tunique est déchirée par-devant, alors elle dit vrai et lui a menti ; mais si sa tunique est déchirée par-derrière, alors elle a menti et lui dit vrai” » [Yûsuf : 26-27]. « Lorsqu’il vit que sa tunique était déchirée par-derrière, il dit : “C’est bien là de votre ruse, ô femmes ! Votre ruse est grande. Joseph, ignore cela ! Et toi, demande pardon pour ton péché, car tu es réellement fautive” » [Yûsuf : 28-29].
Dieu — Exalté soit-Il — évoque ainsi la tentative de séduction que la femme d’al-‘Azîz exerça sur Joseph (sur lui la paix) pour obtenir de lui une chose en total désaccord avec sa condition et son rang. Pourtant, cette femme disposait d’une très grande beauté, de biens, d’un statut, de la jeunesse, et elle ferma soigneusement les portes pour se trouver seule avec lui, se prépara et s’embellit en portant ses plus beaux vêtements. Elle était en outre l’épouse d’un ministre, qu’Ibn Isḥâq décrit comme étant la nièce du roi ar-Rayyân ibn al-Walîd, le souverain d’Égypte.
Malgré tout cela, Joseph (sur lui la paix) était un jeune homme d’une beauté et d’un éclat saisissants, mais il était aussi un Prophète, issu de la lignée des Prophètes, si bien que son Seigneur le préserva de l’injustice et le protégea du piège des femmes. Il est le meilleur des nobles serviteurs, faisant partie des sept pieux évoqués dans les deux recueils authentiques (al-Bukhârî et Muslim) par le Sceau des Prophètes (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), lorsqu’il dit, de la part du Seigneur des Cieux et de la Terre : « Sept (personnes) seront ombragées par Dieu… »