Il les poussait par derrière jusqu’à ce qu’elles pénètrent dans le défilé, chargées de nourriture et de vêtements, en hommage au Messager de Dieu ﷺ et à sa tante Khadija.
C’est lui qui acheta Zayd ibn Hâritha en premier lieu, puis sa tante Khadija l’acheta de lui, avant d’en faire don au Messager de Dieu ﷺ, qui l’affranchit. C’est également lui qui acquit le vêtement de Dhu Yazan et l’offrit au Messager de Dieu ﷺ, lequel le porta. Il raconta : « Je n’ai jamais rien vu de plus beau que lui dans cet habit. »
Pourtant, ce n’est que le jour de la Conquête qu’il embrassa l’islam, lui et tous ses enfants. Al-Bukhârî (1) et d’autres rapportent que Hakîm vécut soixante ans durant la Jâhilîya (période préislamique) et soixante ans sous l’islam. Il était l’un des notables et grands généreux de Quraysh, réputé pour sa connaissance des généalogies. Il faisait beaucoup d’aumônes, de bienfaits et affranchissait abondamment des esclaves. Lorsqu’il se convertit à l’islam, il interrogea le Messager de Dieu ﷺ à ce sujet, et celui-ci lui répondit : « Tu es entré en islam en tenant compte du bien (2) que tu avais déjà accompli (3). »
Hakîm avait combattu à Badr dans les rangs des polythéistes et s’était avancé jusqu’au bassin. Hamza fut sur le point de le tuer, au point qu’on ne parvint à l’arracher de devant lui qu’en le tirant de force. C’est pourquoi, lorsqu’il voulait jurer avec insistance, Hakîm disait : « Non, par Celui qui m’a sauvé le jour de Badr ! »
Lorsque le Messager de Dieu ﷺ arriva à Marr az-Zahrân (4) le jour de la Conquête, accompagné de ses troupes, Abû Sufyân et Hakîm sortirent pour s’informer des nouvelles. Al-‘Abbâs les rencontra ; il captura Abû Sufyân et le plaça sous sa protection, obtenant pour lui la sécurité auprès du Messager de Dieu ﷺ. Abû Sufyân embrassa alors l’islam cette nuit-là, contraint, et au matin de ce même jour, Hakîm se convertit à son tour. Il assista ensuite à la bataille de Hunayn aux côtés du Messager de Dieu ﷺ. Celui-ci lui donna cent chameaux puis, sur la demande de Hakîm, lui en donna davantage, et encore davantage à une autre demande. Il lui dit alors : « Ô Hakîm, certes cette richesse est douce et verdoyante : celui qui la prend avec générosité de cœur en sera béni, mais celui qui la prend avec convoitise n’y trouvera aucune bénédiction et sera comme celui qui mange sans jamais être rassasié. »
Hakîm répondit : « Par Celui qui t’a envoyé avec la Vérité, je ne demanderai plus jamais rien à personne après toi (5). » Et en effet, il ne demanda plus rien à quiconque. Abû Bakr voulut ensuite lui accorder une aumône, mais il refusa, faisant de même avec ‘Umar, qui le lui proposa et essuya le même refus. Celui-ci en prit même les musulmans à témoin (6). Malgré tout, il demeura parmi les plus riches. Le jour où Az-Zubayr mourut, Hakîm détenait une créance de cent mille à son égard.