Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Waqidî déclara : « Il a combattu aux côtés des Byzantins à la bataille de Yarmouk sous le califat de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. Par la suite, il se convertit à l’islam durant le règne de ʿUmar. Un jour, à Damas, il arriva qu’il marcha malencontreusement sur le manteau d’un homme de la tribu de Muzayna, qui le gifla aussitôt. Les compagnons de Jabala portèrent alors l’affaire devant Abû ʿUbayda en disant : “Cet individu a giflé Jabala.” Abû ʿUbayda répondit : “Eh bien, que Jabala le gifle à son tour.” Ils objectèrent : “Ne devrait-il pas plutôt être mis à mort ?” Il répondit : “Non.” Ils dirent : “Doit-on lui couper la main ?” Il répliqua : “Non, car Dieu a ordonné l’équivalence en justice (al-qawad).” C’est alors que Jabala s’exclama : “Vous imagineriez que je tende mon visage pour qu’un simple homme de Muzayna, venant de la région de Médine, me gifle ? Quel déplorable culte !” Puis il renia l’islam, redevint chrétien et partit avec sa famille jusqu’à entrer en territoire byzantin. Lorsque ʿUmar apprit la nouvelle, cela le peina beaucoup. Il interpella Ḥassân : “Ton ami Jabala s’est détourné de l’islam.” Ḥassân répondit : “Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous revenons… Mais pourquoi ?” ʿUmar expliqua : “Un homme de Muzayna l’a giflé.” Ḥassân rétorqua : “Eh bien, il l’a mérité.” Alors ʿUmar le frappa de son fouet. »

Al-Waqidî transmit ce récit d’après Maʿmar et d’autres, eux-mêmes le tenant d’après az-Zuhrî, d’après ʿUbayd Allâh ibn ʿAbd Allâh, d’après Ibn ʿAbbâs. Il l’a rapporté avec des chaînes de transmission remontant à plusieurs Compagnons. Et c’est cette version qui est la plus connue.

Ibn al-Kalbî et d’autres rapportent encore que, quand ʿUmar apprit la conversion de Jabala, il s’en réjouit et l’invita à venir le rencontrer à Médine. D’après une autre version, c’est Jabala lui-même qui demanda la permission de se rendre auprès de ʿUmar, et il y consentit. Jabala prit donc la route avec un groupe considérable de ses gens — certains parlent de cent cinquante cavaliers, d’autres de cinq cents — et reçut de ʿUmar des présents et un lieu de résidence avant même d’atteindre la ville, à quelques étapes de distance. Le jour où il fit son entrée à Médine fut mémorable : il y pénétra en ayant orné ses chevaux de colliers d’or et d’argent, lui-même coiffé d’une couronne incrustée de perles et de pierreries, dans laquelle étaient serties les boucles d’oreilles de sa grand-mère Mâriya. Les habitants de Médine, hommes et femmes confondus, sortirent nombreux pour le voir. Lorsqu’il salua ʿUmar, celui-ci l’accueillit cordialement et l’installa auprès de lui. La même année, Jabala accomplit le pèlerinage (ḥajj) aux côtés de ʿUmar.

Un jour, alors qu’il effectuait le ṭawâf autour de la Kaʿba, un homme de la tribu de Banû Fazâra marcha sur son pagne, qui se défit. Furieux, Jabala leva la main et brisa le nez de l’homme — certains disent même qu’il lui creva l’œil. L’homme de Fazâra se plaignit à ʿUmar, accompagné d’un groupe important des siens. ʿUmar convoqua alors Jabala, qui reconnut les faits. ʿUmar lui dit : “Acquitte-toi du talion (al-qiṣâṣ).” Jabala répondit : “Comment le pourrais-je ? Je suis roi et lui n’est qu’un simple roturier !” ʿUmar répliqua : “L’islam vous a placés sur un pied d’égalité, et tu ne le surpasses en rien sinon par la piété.” Jabala s’exclama : “Je croyais être plus honoré en islam que je ne l’étais avant !” ʿUmar objecta : “Ne t’y trompe pas : si tu ne satisfais pas l’homme, j’appliquerai en sa faveur le talion.” Jabala cria : “Alors je me ferai chrétien !” ʿUmar rétorqua : “Si tu apostasies, je te fais décapiter.” Réalisant le sérieux de la menace, Jabala demanda : “Accorde-moi un délai jusqu’au matin, afin de réfléchir.” On lui en laissa le temps, mais, sitôt la nuit tombée, il prit la fuite, emmenant avec lui son clan et ceux qui l’appuyaient. Il gagna ainsi la Syrie, puis le territoire byzantin, et arriva auprès de l’empereur Héraclius à Constantinople. Celui-ci le reçut à bras ouverts, l’honora, lui attribua d’immenses terres, lui alloua d’importantes subsides, lui offrit de beaux présents et le convia à sa cour pour de longs entretiens.

Plus tard, ʿUmar envoya une lettre à Héraclius, confiée à un certain Jaththâma ibn Masâḥiq al-Kinânî. Lorsque l’empereur byzantin reçut la missive de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb, il lui dit… »

(1) Ce terme ne se trouve pas dans l'ouvrage A. (2) Ainsi dans la version Ṭ et de même dans Al-Aghānī. Dans les manuscrits A et B, il est écrit : "masāḥī".
وقال الواقدي: شهد اليرموك مع الروم أيام عمر بن الخطاب، ثم أسلم بعد ذلك في أيام عمر، فاتفق أنه وَطِئ رداء رجل من مُزينة بدمشق (١) ، فلطمه ذلك المُزَني، فرفعه أصحاب جبلة إلى أبي عبيدة فقالوا: هذا لطم جبلة، قال أبو عبيدة: فيلطمه جبلَة، فقالوا: أو ما يُقتل؟ قال: لا، قالوا: فما تقطع يده؟ قال: لا، إنما أمر الله بالقَوَد، فقال جبلَة: أترون أني جاعل وجهي بدلًا لوجه مُزَني جاء من ناحية المدينة؟ بئس الدين هذا، ثم ارتدَّ نصرانيًا، وترحَّل بأهله حتى دخل أرض الروم، فبلغ ذلك عمر، فشقَّ عليه وقال لحسان: إن صديقك جبلَة ارتدَّ عن الإسلام، فقال: إنا للّه وإنا إليه راجعون، ثم قال: ولم؟ قال: لطمه رجل من مُزَينة، فقال: وحقَّ له، فقام إليه عمر بالدِّرَّة فضربه بها. رواه الواقدي عن مَعْمر وغيره، عن الزُّهري، عن عبيد الله بن عبد الله، عن ابن عباس، وساق ذلك بأسانيده إلى جماعة من الصحابة. وهذا القول هو أشهر الأقوال. وقد روى ابن الكلبي وغيرُه: أن عمر لما بلغه إسلام جبلَة فرح بإسلامه، ثم بعث يستدعيه ليراه بالمدينة، وقيل: بل استأذنه جبلَة في القدوم عليه فأذن له، فركب في خلق كثير من قومه - قيل: مئة وخمسين راكبًا، وقيل: خمسمئة - وتلقته هدايا عمر ونزلُه قبل أن يصل إلى المدينة بمراحل، وكان يومُ دخوله إلى المدينة يومًا مشهودًا، دخلها وقد ألبس خيولَه قلائد الذهب والفضة، ولبس هو تاجًا على رأسه مرصَّعًا باللآلئ والجواهر، وفيه قُرْطا مارية جدَّته، وخرج أهل المدينة رجالهم ونساؤهم ينظرون إليه، فلمَّا سلَّم على عمر رحَّب به عمر وأدنى مجلسَه، وشهد الحج مع عمر في هذه السنة، فبينما هو يطوف بالكعبة إذ وَطِئ إزاره رجلٌ من بني فَزَارة، فانحلّ، فرفع جبلة يده فهشم أنف ذلك الرجل الذي وَطئ إزاره - ومن الناس من يقول: إنه قلع عينه - فاستعداه الفَزَاري إلى عمر ومعه خلق كثير من بني فَزَارة، فاستحضره عمر، فاعترف جبلة، فقال له عمر: أَقِدْه، فقال جبلة: كيف وأنا ملك وهو سُوقَة؟ فقال: إنَّ الإسلام جمعك وإياه فلستَ تفضلُه إلَّا بالتقوى، فقال جبلَة: قد كنتِ أظن أن أكون في الإسلام أعزَّ مني في الجاهلية، فقال عمر: دع ذا عنك، فإنك إن لم تُرضِ الرجل أقَدْته منك، فقال: إذًا أتنصَّر، فقال: إن تنصَّرتَ ضربتُ عنقك، فلمّا رأى الجدَّ قال: أمهلني لأنظر في أمري هذه الليلة، فانصرف من عند عمر، فلما ادلهمَّ الليل ركب في قومه ومَنْ أطاعه فسار إلى الشام، ثم دخل بلاد الروم، ودخل على هِرَقل في مدينة القُسْطنطينية، فرحَّب به هِرَقل، وأكرمه، وأقطعه بلادًا كثيرة، وأجرى عليه أرزاقًا جزيلة، وأهدى إليه هدايا جميلة، وجعله من سُمّاره، فمكث عنده دهرًا. ثم إنَّ عمر كتب كتابًا إلى هِرَقل مع رجل يقال له: جَثّامة بن مساحق (٢) الكناني، فلما بلغ هِرَقل كتابُ عمر بن الخطاب قال له
(١) ليست هذه اللفظة في أ. (٢) كذا في ط ومثله في الأغاني. ووقع في أ، ب: مساحي.

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