Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Cette année, il fut frappé par la peste. [Dieu ne lui accorda, après Hujr ibn ‘Adî, qu’environ un an et deux tiers d’année ; puis il rencontra ‘Abdallah] (1).

La cause de sa mort par la peste fut qu’il écrivit à Mu‘âwiya pour lui dire : « J’ai maintenu ton autorité sur l’Irak de la main gauche, tandis que ma main droite est libre. Prends cela en considération. » Il laissait ainsi entendre qu’il souhaitait également être nommé sur le Hedjaz. Lorsque les habitants du Hedjaz l’apprirent, ils allèrent se plaindre auprès de ‘Abdallah ibn ‘Umar ibn al-Khattâb, redoutant que Ziyâd ne fût chargé de leur région et ne les opprime comme il l’avait fait avec les gens d’Irak. Ibn ‘Umar se tourna alors vers la qibla et invoqua Dieu contre Ziyâd, tandis que les gens prononçaient l’âmîn. Ziyâd fut ensuite frappé de la peste en Irak, touché à la main. Il en fut très affecté et consulta alors le juge Shurayh au sujet de l’amputation.

Shurayh lui répondit : « Je ne te conseille pas de faire cela ; si ton terme approche, tu rencontreras Dieu estropié, avec la main coupée, parce que tu auras reculé devant la rencontre de Dieu ; et si ton terme n’est pas encore arrivé, tu resteras parmi les gens en étant amputé, et tu en seras humilié, toi et tes enfants. » Il le dissuada ainsi de procéder à l’amputation.

Quand Shurayh sortit de chez lui, certains lui dirent : « Pourquoi ne l’as-tu pas laissé se couper la main ? » Il répondit : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit : “Celui que l’on consulte est un dépositaire.” » (2).

On raconte également que Ziyâd disait : « Comment pourrais-je dormir dans le même lit que la peste ? » Il voulut donc se faire amputer la main, mais quand on lui apporta le fer et les cautérisations, il prit peur et y renonça. On rapporte qu’il fit venir cent cinquante médecins pour le soigner de la chaleur qu’il ressentait intérieurement, dont trois qui avaient soigné le roi sassanide Chosroès, mais ils échouèrent à contrer le décret divin et la maladie fatale. Il mourut ainsi le troisième jour de Ramadan de cette année-là, après avoir gouverné l’Irak pendant cinq ans. Il fut enterré à ath-Thawiyya (3), en dehors de Kûfa, alors qu’il était sur le point de partir pour le Hedjaz afin de l’administrer [en plus de l’Irak, du Khurâsân et d’autres provinces qu’il détenait déjà] (4).

Lorsqu’on annonça sa mort à ‘Abdallah ibn ‘Umar, celui-ci s’exclama : « Va-t’en, fils de Sumayya ! Tu n’as ni préservé ce bas monde à ton profit, ni atteint l’au-delà. » Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ raconta : « Mon père me transmit, selon Hichâm ibn Muhammad, qui le tenait de Yahyâ ibn Tha‘labah Abû al-Muqawwim (5) al-Ansârî, de sa mère ‘Â’isha, de sa mère (6), qu’‘Abd ar-Rahmân ibn as-Sâ’ib al-Ansârî dit : “Ziyâd rassembla les gens…” »

(1) Ce passage est présent uniquement entre deux parenthèses dans la source (A). (2) Rapporté par Abū Dāwūd (n° 5128) dans le chapitre sur la bienséance : chapitre de la consultation, par al-Tirmidhī (n° 2369) dans le chapitre sur le zāhid : chapitre sur ce qui a été rapporté concernant la vie des compagnons du Prophète ﷺ, et (n° 2822) dans le chapitre sur la bienséance : chapitre « Le conseiller est digne de confiance », ainsi que par Ibn Mājah (n° 3745) dans le chapitre sur la bienséance : chapitre « Le conseiller est digne de confiance », tous selon la chaîne de transmission de Shaybān, d’Abd al-Malik ibn ʿUmayr, d’Abū Salamah, d’Abū Hurayrah qui a dit que le Messager de Dieu ﷺ a dit : « Le conseiller est digne de confiance ». Il a également été rapporté par Aḥmad (5/274), Ibn Mājah (3746) et al-Dārimī (2/219), tous selon la chaîne de transmission d’al-Aʿmash, d’Abū ʿAmr al-Shaybānī, d’Abū Masʿūd al-Anṣārī, du Prophète ﷺ. C’est un hadith authentique. (3) Dans l’édition imprimée, il y a une altération en « al-thūbah » et dans la source (A) en « al-suwyah ». (4) Ce passage est présent uniquement entre deux parenthèses dans la source (A). (5) Il y a une altération dans les « al-Uṣūl » en « al-muqaddam ». Sa correction se trouve dans « Mushtabah al-nisba » (2/610). (6) Dans l’édition imprimée : « selon son père ».
السنة مطعونًا [لمْ يُمهله الله بعد حُجر بن عديٍّ إلا نحو سنة وثلثي سنة، فالتقى هو وعبد الله] (١) . وكان سبب هلاكه بالطاعون أنه كتب إلى معاوية يقول له: إني قد ضبطتُ لك العراق بشمالي، ويميني فارغةٌ فارْعَ لي ذلك، وهو يعرّض له أن يستنيبه على بلاد الحجاز أيضًا، فلمّا بلغ أهل الحجاز ذلك جاؤوا إلى عبد الله بن عمر بن الخطاب فشكَوا إليه ذلك، وخافوا أن يليَ عليهم زياد فيَعْسِفهم كما عسَفَ أهل العراق، فقام ابن عمر فاستقبل القِبلة - ودعا على زياد والناس يؤمِّنون، فطُعن زياد بالعراق في يده، فضاق ذرعًا بذلك، واستشار شُريحًا القاضي في قطع يده، فقال له شُريح: إني لا أرى أن تفعل بنفسك ذلك، فإنه إن لم يكن في الأجل فسحة لقيتَ الله أجذم قد قُطعت يدك جزعًا من لقاء الله، وإن كان لك أجل بقيتَ في الناس أجذم فتعيَّر بذلك أنت وولدك. فصرفه عن ذلك، فلما خرج شُريح من عنده عاتبه بعض الناس وقالوا: هلّا تركته يقطع يده؟ فقال: قال رسول الله ﷺ : "المُسْتَشارُ مُؤْتَمَن" (٢) . ويقال: إن زيادًا جعل يقول: أأنام أنا والطاعون في فراش واحد؟ فعزم على قطع يده، فلما جيء بالمكاوي والحديد خاف من ذلك فترك ذلك. ويذكر أنه جمع مئة وخمسين طبيبًا عنده ليداووه مما يجد من الحرِّ في باطنه، منهم ثلاثة ممّن كان يَطِبُّ كسرى بن هُرْمز، فعجزوا هم وهو عن رد القدر المحتوم والأمر المحموم، فمات في ثالث شهر رمضان في هذه السنة، وقد أقام في إمرة العراق خمس سنين، ودفن بالثَّويَّة (٣) خارج الكوفة، وقد كان برز منها قاصدًا إلى الحجاز واليًا عليها [مضافًا إلى ما بيده من العراق وخراسان وغير ذلك] (٤) ، فلما بلغ خبر موته عبد الله بن عمر قال: اذهب إليك يا بن سُميَّة، فلا الدنيا بقيتْ لك، ولا الآخرة أدركت. قال أبو بكر بن أبي الدنيا: حدّثني أبي، عن هشام بن محمد، حدّثني يحيى بن ثعلبة أبو المقوَّم (٥) الأنصاري، عن أمه عائشة، عن أمها (٦) ، عن عبد الرحمن بن السائب الأنصاري قال: جمع زياد أهل
(١) ما بين حاصرتين من (أ) فقط. (٢) أخرجه أبو داود (٥١٢٨) في الأدب: باب في المشورة، والترمذي (٢٣٦٩) في الزهد: باب ما جاء في معيشة أصحاب النبي ﷺ و (٢٨٢٢) في الأدب: باب المستشار مؤتمن، وابن ماجة (٣٧٤٥) في الأدب: باب المستشار مؤتمن، كلهم من طريق شيبان، عن عبد الملك بن عمير، عن أبي سلمة، عن أبي هريرة قال: قال رسول الله ﷺ : "المستشار مؤتمن". وأخرجه أحمد (٥/ ٢٧٤) وابن ماجة (٣٧٤٦) والدارمي (٢/ ٢١٩) كلهم من طريق الأعمش، عن أبي عمرو الشيباني، عن أبي مسعود الأنصاري، عن النبي ﷺ ، وهو حديث صحيح. (٣) تحرفت في المطبوع إلى: الثوبة وفي (أ) إلى: السوية. (٤) ما بين حاصرتين من (أ) فقط. (٥) تحرف في الأصول إلى: المقدم. وضبطها في مشتبه النسبة (٢/ ٦١٠). (٦) في ط: عن أبيها.

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