Il assista à la conquête de l’Égypte et fut celui qui se rendit auprès de ʿUmar pour lui annoncer la prise d’Alexandrie. Il combattit aux côtés d’Ibn Abī Sarḥ contre les Berbères, où il perdit un œil ce jour-là, et mena de nombreuses campagnes au Maghreb. Il se montra partisan de ʿUthmān à l’époque de ʿAlī en Égypte et ne prêta pas allégeance à ʿAlī de manière complète. Lorsque Muʿāwiya b. Abī Sufyān s’empara de l’Égypte, il l’honora et le nomma gouverneur après ʿAbd Allāh b. ʿAmr b. al-ʿĀṣ. En effet, ʿAbd Allāh b. ʿAmr avait exercé cette fonction pendant deux ans après son père, puis Muʿāwiya le destitua et mit à sa place Muʿāwiya b. Ḥudayj. Ce dernier demeura en Égypte jusqu’à sa mort, survenue cette même année.
Hānī b. Niyār (1), surnommé Abū Burda al-Balawī (2), oncle maternel d’al-Barāʾ b. ʿĀzib, fut celui que le Messager de Dieu ﷺ autorisa spécifiquement à sacrifier une ʿanāq (3), en l’informant qu’elle valait comme offrande pour lui seul, sans être valable pour autrui après lui (4). Il participa au pacte d’al-ʿAqaba, à la bataille de Badr et à toutes les campagnes. Le jour de la conquête, il portait la bannière des Banū Ḥāritha […].
[Ensuite s’ouvre l’année 53]
Cette année-là, ʿAbd al-Raḥmān b. Umm al-Ḥakam al-Thaqafī mena une expédition contre les Romains et y passa l’hiver. La même année, les musulmans, sous la conduite de Junāda b. Abī Umayya, conquirent l’île de Rhodes. Un groupe d’entre eux s’y installa et se montra particulièrement redoutable pour les infidèles, les interceptant en mer et entravant leurs routes. Muʿāwiya leur versait régulièrement des soldes et leur accordait d’importantes gratifications. Ils étaient en alerte constante contre les Francs, passant la nuit dans une grande forteresse où se trouvaient leurs familles (5), leurs montures et leurs provisions. Ils disposaient également de sentinelles en mer, chargées de les prévenir de toute incursion ou attaque ennemie. Ils demeurèrent ainsi jusqu’à la mort de Muʿāwiya et l’avènement de son fils Yazīd, qui les retira de cette île, où pourtant les musulmans possédaient d’importantes richesses et de vastes cultures.