Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans sa demeure eut lieu l’hébergement du Messager de Dieu (ﷺ) lorsqu’il arriva à Médine, émigrant depuis La Mecque. Il y séjourna un mois, jusqu’à ce que la mosquée et ses habitations environnantes fussent bâties, puis il s’y installa. En effet, Abou Ayyoub avait logé le Messager de Dieu (ﷺ) au rez-de-chaussée de sa maison, puis il craignit d’être installé au-dessus de lui. Il demanda donc au Messager de Dieu (ﷺ) la permission de monter à l’étage supérieur, tandis que lui et son épouse, Oumm Ayyoub, resteraient au rez-de-chaussée. Le Prophète (ﷺ) accepta.

D’après Ibn ‘Abbâs, lorsque Abou Ayyoub arriva à Bassora – dont Ibn ‘Abbâs était alors le gouverneur – celui-ci lui céda sa demeure et l’y hébergea. Puis, au moment où Abou Ayyoub s’apprêtait à repartir, Ibn ‘Abbâs lui donna tout ce que contenait cette maison, ainsi que de nombreux présents et serviteurs : quarante mille pièces et quarante esclaves, pour l’honorer et récompenser ce qu’il avait fait pour le Messager de Dieu (ﷺ) en l’hébergeant dans sa propre demeure. Ce qu’avait fait Abou Ayyoub pour le Prophète (ﷺ) compte parmi les plus grands titres de noblesse pour lui.

C’est aussi lui qui, lorsque son épouse Oumm Ayyoub lui dit : « N’entends-tu pas ce que les gens racontent au sujet de ‘Aïcha ? », répondit : « L’aurais-tu fait toi-même, ô Oumm Ayyoub ? » Elle dit : « Non, par Dieu », il répliqua alors : « Par Dieu, elle est meilleure que toi. » À ce propos, Dieu fit descendre le verset : « Pourquoi, lorsque vous l’avez entendue, les croyants et les croyantes n’ont-ils pas, en leur for intérieur, pensé le bien ? » [An-Nour (24) : 12].

Abou Ayyoub mourut dans les terres byzantines, non loin du rempart de Constantinople, cette année-là selon certains ; pour d’autres, ce fut l’année précédente, et pour d’autres encore, l’année suivante. Il se trouvait alors dans l’armée conduite par Yazîd ibn Mu‘âwiyah, à qui il confia ses dernières volontés, et c’est Yazîd qui dirigea la prière funéraire sur lui.

L’imam Ahmad (1) rapporte : « Nous a relaté ‘Affân (2), qui tient de Hammâm : “Nous a relaté ‘Âsim (3), d’après un homme de La Mecque, que Yazîd ibn Mu‘âwiyah était le commandant de l’armée dans laquelle se trouvait Abou Ayyoub. Il entra auprès de lui à l’approche de sa mort, et Abou Ayyoub lui dit : ‘Lorsque je mourrai, transmettez mon salut aux gens, et informez-les que j’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : « Celui qui meurt sans rien associer à Dieu, Dieu le fera entrer au Paradis. » Puis qu’ils portent mon cercueil et qu’ils s’enfoncent autant qu’ils le pourront en territoire byzantin.’” L’homme poursuit : “Quand Abou Ayyoub mourut, on raconta cela aux gens, qui revêtirent aussitôt leur équipement et emportèrent son cercueil.” »

L’imam Ahmad (5) dit encore : « Nous a relaté Aswad ibn ‘Âmir : ‘Nous a relaté Abou Bakr, d’après Al-A‘mach, d’après Abou Zabyân, qui a dit : “Abou Ayyoub participa à une expédition aux côtés de Yazîd ibn Mu‘âwiyah. Avant de mourir, il dit : ‘Lorsque je mourrai, portez-moi en territoire ennemi et enterrez-moi sous vos pas, à l’endroit où vous rencontrerez l’ennemi.’ Puis il ajouta : ‘J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : « Celui qui meurt sans rien associer à Dieu entrera au Paradis. »’”’»

(1) Dans son Musnad (5/416), sa chaîne de transmission est faible, en raison de l'ignorance de l’homme, originaire de La Mecque, mais il existe des voies qui la renforcent.\n(2) Elle a été altérée dans la copie Ṭ en : ʿUthmān.\n(3) Dans la copie Ṭ, il est écrit Abū ʿĀṣim, ce qui est une erreur.\n(4) Ce terme n’apparaît pas dans la copie ʾĀ, et dans la copie Ṭ il est déformé en : Fāsilam. Et son expression : « ʾistalʾama an-nās » signifie : ils ont revêtu l’équipement du combat.\n(5) Dans son Musnad (5/423), c’est un ḥadīth ṣaḥīḥ.
وفي داره كان نزول رسول اللّه ﷺ حيث قدم المدينة مهاجرًا من مكة، فأقام عنده شهرًا حتى بنى المسجد ومساكنه حوله، ثم تحوَّل إليها، وقد كان أبو أيوب أنزل رسول الله ﷺ في أسفل داره، ثم تحرَّج من أن يعلو فوقه، فسأل رسول الله أن يصعد إلى أعلى الدار، وأن يكون هو وأم أيوب في السُّفل، فأجابه إلى ذلك. وقد روينا عن ابن عباس أنَّ أبا أيوب لما قدم عليه البصرة - وكان ابن عباس نائبها - خرج له عن داره وأنزله بها، فلمّا أراد الانصراف خرج له عن كل شيء بها، وزاده تُحفًا وخدمًا كثيرًا: أعطاه أربعين ألفًا وأربعين عبدًا إكرامًا له ومجازاة له عمّا فعل مع رسول اللّه ﷺ من إنزاله له في داره، وما فعلَه معه هو من أعظم الشرف لأبي أيوب. وهو القائل لزوجته أمِّ أيوب حين قالت له: أما تسمع ما يقول الناس في عائشة؟ فقال لها: أكنتِ فاعلة ذلك يا أمَّ أيوب؟ فقالت: لا والله، فقال: واللّه لَهي خيرٌ منكِ، فأنزل اللّه ﴿لَوْلَا إِذْ سَمِعْتُمُوهُ ظَنَّ الْمُؤْمِنُونَ وَالْمُؤْمِنَاتُ بِأَنْفُسِهِمْ خَيْرًا﴾ [النور: ١٢] الآية. وكانت وفاته ببلاد الروم قريبًا من سور القُسْطنطينية من هذه السنة، وقيل: في التي قبلها، وقيل: في التي بعدها. وكان في جيش يزيد بن معاوية، وإليه أوصى، وهو الذي صلَّى عليه. وقد قال الإمام أحمد (١) : حَدَّثَنَا عفّان (٢) ، حدّثنا همام، حَدَّثَنَا عاصم (٣) ، عن رجل من أهل مكة: أن يزيدَ بن معاوية كان أميرًا على الجيش الذي غزا فيه أبو أيوب، فدخل عليه عند الموت، فقال له: إذا أنا متُّ فاقرؤوا على الناس مني السلام، وأخبروهم أنِّي سمعت رسول الله ﷺ يقول: "مَنْ ماتَ لا يُشْركُ باللّه شيئًا جعلَه اللّهُ في الجنَّة" ولْينطلِقوا بجنازتي ولْيبعدُوا في أرض الروم ما استطاعوا. قال: فحدَّث الناس لما مات أبو أيوب بهذا الحديث، فاستلأم (٤) الناس وانطلقوا بجنازته. وقال الإمام أحمد (٥) : حَدَّثَنَا أسود بن عامر، حدّثنا أبو بكر، عن الأعمش، عن أبي ظَبْيان قال: غزا أبو أيوب مع يزيد بن معاوية، فقال أبو أيوب: إذا متُّ فأدْخلوني في أرض العدو، فادْفِنوني تحتَ أقدامكم حيث تلقَوْن العدو. قال: ثم قال: سمعت رسول الله ﷺ يقول: "مَنْ ماتَ لا يُشركُ باللّهِ شَيْئًا دخلَ الجنَّة" .
(١) في مسنده (٥/ ٤١٦) وإسناده ضعيف، لجهالة الرجل من أهل مكة، ولكن له طرق يقوى بها. (٢) تحرفت في ط إلى: عثمان. (٣) وقعت في ط: أبو عاصم، وهو خطأ. (٤) لم ترد هذه اللفظة في أ، وتحرفت في ط إلى: فاسلم. وقوله: استلأم الناس، يعني: لبسوا عدة القتال. (٥) في مسنده (٥/ ٤٢٣) وهو حديث صحيح.

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