Il était éminent et de grande valeur. On raconte qu’il se nommait Masrūḥ et qu’on l’appela Abū Bakra parce qu’il descendit le jour de Ṭāʾif à l’aide d’une poulie (bakra). Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) l’affranchit alors, ainsi que tous ceux qui descendirent parmi leurs affranchis ce jour-là. Sa mère, Sumayya, était également la mère de Ziyād.
Abū Bakra fit partie de ceux qui témoignèrent contre al-Mughīra ibn Shuʿba au sujet de la fornication, avec son frère Ziyād, Shibl ibn Maʿbad et Nāfiʿ ibn al-Ḥārith. Lorsque Ziyād hésita dans son témoignage, ʿUmar infligea la peine du fouet aux trois autres, puis il les appela à se repentir. Ils se repentirent tous, à l’exception d’Abū Bakra, qui persista dans son témoignage. [Al-Mughīra dit : « Ô Commandeur des croyants, débarrasse-moi de cet esclave ! » ʿUmar le réprimanda et déclara : « Tais-toi ! Si le témoignage avait été complet, je t’aurais lapidé de tes propres mains. »] Abū Bakra était le meilleur de ces témoins. Il se tint à l’écart des discordes et ne participa à aucune d’entre elles.
Il mourut cette année-là – selon certains, un an avant, et selon d’autres, un an après. Abū Barza al-Aslamī accomplit la prière funéraire sur lui. Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) avait établi la fraternité entre eux.
Au cours de la même année, mourut aussi la Mère des croyants Maymūna bint al-Ḥārith al-Hilāliyya. Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) l’avait épousée lors de la ‘Umra de la compensation, en l’an sept. Ibn ʿAbbās – fils de sa sœur Umm al-Faḍl – affirma que le Prophète (que la paix soit sur lui) l’avait épousée alors qu’il était en état d’iḥrām. Toutefois, il est rapporté dans le “Ṣaḥīḥ Muslim” d’après Maymūna qu’ils étaient alors tous deux en état de non-sacralisation (ḥalāl). D’après la majorité des commentateurs, son témoignage à elle prévaut sur celui d’Ibn ʿAbbās.