L’auteur a dit :
Ibn Jarîr (1) a rapporté : « Cette année-là, après la mort de al-Ḥakam ibn ʿAmr, Ziyâd nomma al-Rabîʿ ibn Ziyâd al-Ḥârithî gouverneur du Khorassan. Celui-ci conquit Balkh par un traité (ṣulḥ), alors que ses habitants en avaient fermé l’accès après leur accord avec al-Aḥnaf ibn Qays. Puis il s’empara de Qūhistan par la force (ʿanwatan), où séjournaient des Turcs. Il les tua tous, à l’exception de Nayzak (2) Ṭar khân. Par la suite, Qutayba ibn Muslim le mit à mort, comme on le verra.
La même année, al-Rabîʿ – ce personnage mentionné – mena une expédition au-delà du fleuve, en revint avec du butin et sain et sauf. Durant cette même période, Yazîd ibn Muʿâwiya dirigea le pèlerinage, selon ce qu’ont rapporté Abū Maʿshar et al-Wâqidî.
Ibn al-Jawzî mentionne dans “al-Muntaẓim” qu’au cours de cette année, plusieurs grands personnages sont décédés : Jarîr ibn ʿAbd Allâh al-Bajalî, Jaʿfar ibn Abî Sufyân ibn al-Ḥârith, Ḥâritha ibn al-Nuʿmân, Ḥujr ibn ʿAdî, Saʿîd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl, ʿAbd Allâh ibn Unays et Abū Bakra Nufayʿ ibn al-Ḥârith al-Thaqafî – qu’Allah leur fasse miséricorde.
Quant à Jarîr ibn ʿAbd Allâh al-Bajalî (3), il embrassa l’islam après la Révélation de la sourate al-Mâ’ida, au mois de Ramaḍân de la dixième année. Son arrivée coïncida avec un sermon que prononçait le Messager de Dieu (ﷺ). Dans ce sermon, il avait déclaré : « Voici qu’arrive vers vous un homme en provenance de cette route, l’un des meilleurs du Yémen, et sur son visage se trouve une trace angélique. » Lorsque Jarîr entra, tous les regards se tournèrent vers lui, et il fut tel que l’avait décrit le Messager de Dieu (ﷺ). Ils l’en informèrent et il loua alors Dieu (4).
On raconte que lorsqu’il s’assit auprès du Messager de Dieu (ﷺ), celui-ci déploya sa tunique pour l’accueillir et dit : « Lorsque vient à vous l’honorable d’un peuple, honorez-le » (5). Le Messager de Dieu (ﷺ) l’envoya ensuite à Dhû al-Khalaṣa – un sanctuaire que la tribu de Daws vénérait à l’époque préislamique – et Jarîr expliqua au Prophète (ﷺ) qu’il ne tenait pas fermement sur le cheval. Le Prophète lui frappa alors la poitrine en disant : « Ô Dieu, raffermis-le et fais de lui un guide bien dirigé » (6). Jarîr se rendit donc à ce sanctuaire et le démolit.