Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Parmi les voyageurs, ( «Si vous devez vraiment accomplir ce que vous proposez inévitablement, alors laissez-le ainsi que je vous l’indique, car c’est une mesure moins extrême que le tuer, le bannir ou l’exiler.» ) Ils s’accordèrent tous sur ce plan. À ce moment, il est dit dans le Verset :

«Ils dirent : “Ô notre père, pourquoi ne nous fais-tu pas confiance au sujet de Yûsuf, alors que nous voulons vraiment son bien ? (11) Envoie-le avec nous demain pour qu’il se distraie et joue, et nous veillerons certes sur lui. (12) Il répondit : “Il me peine que vous l’emmeniez loin de moi, et je crains qu’un loup ne le dévore tandis que vous serez inattentifs à lui.” (13) Ils dirent : “Si jamais un loup le dévore alors que nous sommes un groupe uni, nous serons alors vraiment des perdants.”» [Yûsuf : 11-14]

Ils demandèrent donc à leur père de laisser partir avec eux leur frère Yûsuf, tout en lui montrant qu’ils souhaitaient le faire paître avec eux, et qu’il puisse se divertir et se détendre. Mais ils lui préparaient en secret ce qu’Allah seul connaissait. Le vénérable père — sur lui la meilleure prière et la plus complète salutation de la part d’Allah — leur répondit : «Mes fils, il m’est pénible d’être séparé de lui ne serait-ce qu’un instant dans la journée, et en plus, je crains que vous ne soyez absorbés par vos jeux et qu’entre-temps le loup ne vienne le dévorer, puisqu’il est encore petit et que vous ne feriez pas assez attention à lui.»

«Ils dirent : “Si jamais un loup le dévore, alors que nous sommes un groupe, nous serons vraiment des perdants”,» c’est-à-dire : si un loup le prend sous nos yeux, ou si nous nous en détournons au point que cela se produise pendant que nous sommes nombreux, nous serions assurément en situation de faiblesse et de perte. Selon les Gens du Livre, on raconte qu’il l’aurait envoyé derrière eux pour qu’il les rejoigne, mais qu’il se serait égaré en chemin jusqu’à ce qu’un homme le remette sur la bonne route. Ceci est également une de leurs erreurs et méprises dans la traduction, car Ya‘qûb – qu’Allah l’élève en dignité – était bien plus soucieux : il ne l’aurait pas envoyé tout seul !

«Lorsqu’ils l’emmenèrent et se mirent d’accord pour le jeter au fond du puits, Nous lui révélâmes : “Tu les informeras un jour de cet acte qu’ils commettent sans qu’ils s’en rendent compte.” (15) Ils revinrent le soir vers leur père en pleurant. (16) Ils dirent : “Ô notre père, nous sommes partis faire une course, en laissant Yûsuf auprès de nos effets, lorsqu’un loup l’a dévoré. Mais tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité. (17) Ils apportèrent alors sa tunique tachée d’un faux sang. Il dit : “Non, vos âmes vous ont suggéré quelque chose. Il ne me reste qu’une belle patience, et c’est Allah qu’il faut implorer contre ce que vous racontez.”» [Yûsuf : 15-18]

Ils ne cessèrent de presser leur père jusqu’à ce qu’il accepte de laisser partir Yûsuf avec eux. À peine avaient-ils quitté son regard qu’ils commencèrent à l’injurier, à le malmener, en paroles et en actes, avant de convenir de le jeter au fond de la citerne (c’est-à-dire dans la partie la plus profonde) sur une sorte de saillie rocheuse au milieu du puits, où se tient celui qui, en cas de faible niveau d’eau, descend pour le puiser. Celui qui remonte l’eau au moyen de la corde s’appelle le «mâtih». Alors qu’ils le précipitèrent dans la citerne, Allah lui révéla qu’il ne manquerait pas d’obtenir secours et issue dans cette épreuve qu’il subissait. Plus tard, il informerait ses frères de leur acte, au moment où il serait élevé en dignité alors qu’eux-mêmes seraient dans le besoin et la crainte, sans qu’ils ne reconnaissent qu’il s’agit de lui.

Selon Mujâhid et Qatâda, ils ne s’aperçurent pas qu’Allah lui avait révélé cette promesse (1). Ibn ‘Abbâs rapporte : «Ils ne se doutaient pas non plus qu’il allait leur annoncer la vérité au sujet de leur conduite, à un moment où ils ne le reconnaîtraient pas.» Ibn Jarîr en a également fait le récit (2). Quand ils le jetèrent dans le puits et qu’ils s’en allèrent, ils prirent sa tunique pour la salir avec du sang, puis revinrent auprès de leur père, le soir, en pleurant la perte de leur frère, Yûsuf.

(1) Rapporté par Ibn Jarir dans son Tafsir (7/158) et dans son histoire (1/332). (2) Rapporté par Ibn Jarir dans son histoire (1/333).
من المسافرين ﴿إِنْ كُنْتُمْ فَاعِلِينَ﴾ ما تقولون لا محالة، فليكن هذا الذي أقول لكم فهو أقربُ حالًا من قتله أو نفيه وتغريبه، فأجمعوا رأيَهم على هذا فعند ذلك: ﴿قَالُوا يَاأَبَانَا مَا لَكَ لَا تَأْمَنَّا عَلَى يُوسُفَ وَإِنَّا لَهُ لَنَاصِحُونَ (١١) أَرْسِلْهُ مَعَنَا غَدًا يَرْتَعْ وَيَلْعَبْ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ (١٢) قَالَ إِنِّي لَيَحْزُنُنِي أَنْ تَذْهَبُوا بِهِ وَأَخَافُ أَنْ يَأْكُلَهُ الذِّئْبُ وَأَنْتُمْ عَنْهُ غَافِلُونَ (١٣) قَالُوا لَئِنْ أَكَلَهُ الذِّئْبُ وَنَحْنُ عُصْبَةٌ إِنَّا إِذًا لَخَاسِرُونَ﴾ [يوسف: ١١ - ١٤] . طلبوا من أبيهم أن يرسلَ معهم أخاهم يوسفَ، وأظهروا له أنهم يُريدون أن يرعى معهم، وأن يلعبَ وينبسطَ، وقد أضمروا له ما الله به عليم، فأجابهم الشيخ عليه من اللّه أفضل الصلاة والتسليم: يا بنيَّ يشقُّ عليّ أن أفارقَه ساعةً من النهار، ومع هذا أخشى أن تشتغلوا في لعبكم وما أنتم فيه، فيأتي الذئبُ فيأكلَه، ولا يقدرُ على دفعه عنه لصغره وغفلتِكم عنه. ﴿قَالُوا لَئِنْ أَكَلَهُ الذِّئْبُ وَنَحْنُ عُصْبَةٌ إِنَّا إِذًا لَخَاسِرُونَ﴾ أي: لئن عدا عليه الذئبُ فأكلَه من بيننا، أو اشتغلنا عنه حتى وقعَ هذا ونحن جماعة، إنا إذًا لخاسرون، أي: عاجزون هالكون. وعند أهل الكتاب: أنه أرسلَه وراءَهم يتبعُهم، فضلَّ عن الطريق، حتى أرشدَه رجلٌ إليهم. وهذا أيضًا من غَلطِهم وخَطئِهم في التعريب، فإن يعقوبَ (عليه السلام) كان أحرصَ عليه يبعثَه معهم، فكيف يبعثه وحده؟! ﴿فَلَمَّا ذَهَبُوا بِهِ وَأَجْمَعُوا أَنْ يَجْعَلُوهُ فِي غَيَابَتِ الْجُبِّ وَأَوْحَيْنَا إِلَيْهِ لَتُنَبِّئَنَّهُمْ بِأَمْرِهِمْ هَذَا وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ (١٥) وَجَاءُوا أَبَاهُمْ عِشَاءً يَبْكُونَ (١٦) قَالُوا يَاأَبَانَا إِنَّا ذَهَبْنَا نَسْتَبِقُ وَتَرَكْنَا يُوسُفَ عِنْدَ مَتَاعِنَا فَأَكَلَهُ الذِّئْبُ وَمَا أَنْتَ بِمُؤْمِنٍ لَنَا وَلَوْ كُنَّا صَادِقِينَ (١٧) وَجَاءُوا عَلَى قَمِيصِهِ بِدَمٍ كَذِبٍ قَالَ بَلْ سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنْفُسُكُمْ أَمْرًا فَصَبْرٌ جَمِيلٌ وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ عَلَى مَا تَصِفُونَ﴾ [يوسف: ١٥ - ١٨] . لم يزالوا بأبيهم حتى بعثَه معهم، فما كان إلا أن غابوا عن عينيْه، فجعلوا يشتمونَه ويُهينونه بالفِعال والمقال، وأجمعُوا على إلقائه في غيابت الجبِّ، أي: في قعره، على راعوفته - وفي الصخرة التي تكون في وسطه، يقف عليها المائحُ، وهو الذي ينزل ليملي الدِّلاء إذا قلَّ الماء، والذي يرفعُها بالحبل يُسمَّى الماتح - فلما ألقوْه فيه أوحى اللّه إليه أنَّه لا بُدَّ لك من فرجٍ ومخرجٍ من هذه الشِّدَّة التي أنت فيها، ولتخبرنَّ إخوتك بصنيعهم هذا في حالٍ أنت فيه عزيزٌ، وهم محتاجون إليك، خائفونَ منكَ، وهم لا يشعرون. قال مجاهد وقتادة: لا يشعرون بإيحاء اللّه إليه ذلك (١) . وعن ابن عباس: وهم لا يشعرون أي: لتخبرنَّهم بأمرهم هذا في حال لا يعرفونك فيها. رواه ابن جرير (٢) عنه. فلما وضعوه فيه ورجعوا عنه أخذوا قميصَه فلطَّخوه بشئ من دم، ورجعوا إلى أبيهم عِشَاءً وهم يبكون، أي: على أخيهم. ولهذا
(١) أخرجه ابن جرير في تفسيره (٧/ ١٥٨) والتاريخ (١/ ٣٣٢). (٢) أخرجه ابن جرير في التاريخ (١/ ٣٣٣).

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