Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la liste de ceux qui furent mis à mort à ʿAdhrāʾ : Hujr ibn ʿAdī, Sharīk ibn Shaddād, Ṣayfī ibn Faṣīl al-Shaybānī, Qabīṣa ibn Ḍubayʿa al-ʿAbsī, Muḥriz ibn Shihāb al-Minqarī al-Saʿdī, ainsi que Kaddām ibn Ḥayyān (1) al-ʿAnazī [et ʿAbd al-Raḥmān ibn Ḥassān al-ʿAnazī, envoyé à Ziyād et enterré à an-Nāṭif] (2).

Certaines personnes affirment qu’ils sont enterrés dans la Mosquée al-Qaṣab, sur son côté occidental (3) [et d’autres prétendent qu’ils reposent dans la Mosquée as-Sabʿa, à l’extérieur de Bāb Tūmā – on l’appelle « as-Sabʿa » parce qu’ils sont sept – du côté oriental] (4). Toutefois, l’opinion la plus correcte est qu’ils sont inhumés à ʿAdhrāʾ, dans la Ghūṭah de Damas. – qu'Allah soit satisfait d'eux –.

On rapporte que lorsque Hujr, sur le point d’être exécuté, demanda à faire ses ablutions, on lui répondit : « Fais-les. » Puis il dit : « Laissez-moi accomplir deux rakʿas. » Il les pria rapidement, puis déclara : « Par Dieu, jamais je n’ai accompli une prière aussi brève, et si je ne craignais qu’on m’accuse de redouter la mort, je les aurais allongées. » Il ajouta : « Il m’en reste déjà de nombreuses. » Quand on l’emmena pour l’exécuter – alors que leurs tombes étaient déjà creusées et leurs linceuls étendus – le bourreau avança et Hujr se mit à trembler. On lui dit : « N’as-tu pas prétendu ne pas craindre la mort ? » Il répondit : « Comment ne serais-je pas saisi de crainte alors que je vois la fosse déjà prête, le linceul déployé et le glaive tiré ? » Cette phrase devint proverbiale. Puis le bourreau, Abū Sharīf al-Badawī (d’après une autre version, un autre homme), s’approcha pour lui trancher la tête. Quand il s’apprêta à frapper, il lui dit : « Relève et tends ton cou. » Hujr répondit : « Je ne vais pas faciliter mon exécution, pour qu’on ne me reproche point cela au Jour du Jugement. » Le bourreau le frappa alors et le tua. Hujr avait demandé à être enterré avec ses fers, et il en fut ainsi. Selon d’autres récits, on le lava et on pria sur lui.

On raconte que lorsque al-Ḥasan ibn ʿAlī apprit la mort de Hujr et de ses compagnons, il demanda : « Ont-ils prié sur eux ? Les ont-ils lavés ? Les ont-ils mis en direction de la qibla ? Les ont-ils enterrés avec leurs fers ? » On lui répondit : « Oui. » Il dit alors : « Ḥajjūhum (5), par le Seigneur de la Kaʿba. » L’avis le plus vraisemblable est que l’auteur de cette parole fut al-Ḥusayn ibn ʿAlī [ou al-Ḥasan al-Baṣrī] (6). En effet, Hujr ne fut tué qu’en l’an 51 de l’Hégire (d’autres disent en 53) ; or, dans tous les cas, al-Ḥasan (ibn ʿAlī) était déjà mort avant cette date. Dieu sait mieux.

Nous avons aussi transmis qu’après l’assassinat de Hujr, Muʿāwiyah se présenta auprès de la Mère des Croyants, ʿĀʾishah, et la salua de derrière le voile. C’était après le meurtre

(1) Erroné dans l'édition imprimée par : حبان (Habban). (2) Oublié dans les éditions Ṭ et B. (3) Le terme « غربيه » a été déformé dans l'édition imprimée par : « عرفة » (ʿArafa). Le quartier de Masjid al-Qaṣab est connu à Damas et se situe à l'est du quartier d'Al-ʿImāra. (4) Ce qui est entre deux parenthèses de (أ) uniquement. (5) « حَجَّة يحجُّه حجًّا » : le preuve, la domination par la preuve. (6) Ce qui est entre deux parenthèses a été omis dans les éditions Ṭ et B, ce qui correspond à ce qu’a dit Ibn al-ʿAṭīr dans al-Kāmil (3/486).
وهذه تسمية الذين قُتلوا بعَذْراء: حُجر بن عديّ، وشريك بن شدّاد، وصيفي بن فَسيل الشيباني، وقَبيصة بن ضُبَيعة العبسي، ومُحْرز بن شهاب المِنْقري السَّعدي، وكدام بن حيان (١) العَنَزي [وعبد الرحمن بن حسان العَنَزي المبعوث إلى زياد المدفون في الناطف] (٢) . ومن الناس من يزعم أنهم مدفونون بمسجد القَصَب في غربيّه (٣) [ومنهم من يزعم أنهم مدفونون بمسجد السَّبعة خارج باب تُوما - وإنما نسبت السبعة إليهم لأنهم سبعة - في شرقيّه] (٤) . والصحيح أنهم مدفونون بعَذْراء من غوطة دمشق، (رضي الله عنهم) . ويُذكر أن حُجرًا لما أرادوا قتله قال: دعُوني حتى أتوضأ، فقالوا: توضأ، فقال: دعُوني حتى أصلي ركعتين، فصلّاهما وخفَّف فيهما ثم قال: والله ما صلَّيت صلاة قطُّ أخفَّ منهما، ولولا أن يقولوا أن ما بي جزعٌ من الموت لأطلتُهما، ثم قال: قد تقدم لهما صلوات كثيرة. ثم قدَّموه للقتل - وقد حُفرت قبورهم، ونُشرت أكفانهم - فلما تقدم إليه السَّيّاف ارتعدت فرائصُه، فقيل له: إنك قلت لست بجازع من القتل! فقال: وما لي لا أجزع وأنا أرى قبرًا محفورًا، وكفنًا منشورًا، وسيفًا مشهورًا. فأرسلها مثلًا. ثم تقدَّم إليه السَّيّاف، وهو أبو شريف البدوي، وقيل: تقدم إليه رجل آخر، فلما أراد ضرب عنقه قال له: ارفع عنقك واشدُده، فقال: لا أُعين على قتل نفسي فأُسأل عن ذلك يوم القيامة، فضربه فقتله. وكان قد أوصى أن يُدفن في قيوده، ففُعل به ذلك، وقيل: بل غسَّلوه وصلَّوا عليه. وروي أن الحسن بن علي لما بلغه قتل حُجر وأصحابه قال: أَصلَّوا عليهم، وغسَّلوهم، واستقبلوا بهم القِبلة، ودفنوهم في قيودهم؟ قالوا: نعم، قال: حَجُّوهم (٥) وربِّ الكعبة. والظاهر أن قائل هذا هو الحسين بن علي [أو الحسن البَصْري] (٦) فإن حُجرًا إنما قتل في سنة إحدى وخمسين، وقيل: سنة ثلاث وخمسين، وعلى كل تقدير فالحسن كان قد مات قبلَه، والله أعلم. وروينا أن معاوية لما دخل على أمِّ المؤمنين عائشة فسلَّم عليها من وراء الحجاب - وذلك بعد مقتل
(١) تحرف في المطبوع إلى: حبان. (٢) سقط من ط، ب. (٣) تحرفت لفظة غربيه في المطبوع إلى: عرفة. وحي مسجد القصب معروف بدمشق، ويقع شرقي حي العمارة. (٤) ما بين حاصرتين من (أ) فقط. (٥) حجَّه يحجُّه حجًّا: غلبه بالحُجة. (٦) ما بين حاصرتين سقط من ط، ب، وهو ما قاله ابن الأثير في الكامل (٣/ ٤٨٦).

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