Ibn ʿAsâkir (1) a dit : « Il se rendit auprès du Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Son salut). Il entendit (en transmission) ʿAlî, ʿAmmâr et Sharâḥîl ibn Murra – certains disent également Sharḥabîl ibn Murra. Abû Laylâ, son affranchi, ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAbbâs, ainsi qu’Abû al-Bakhtarî al-Ṭâʾî transmirent de lui. Il participa à la campagne de Syrie dans l’armée qui conquit ʿAdhrâʾ (2), assista à la bataille de Ṣiffîn aux côtés de ʿAlî en tant que commandant, et fut tué à ʿAdhrâʾ, un village de Damas, où l’on connaît la mosquée marquant son tombeau. Ensuite, Ibn ʿAsâkir a rapporté par ses chaînes de transmission, à propos de Ḥujr, un ensemble considérable de récits qu’il tenait de ʿAlî et d’autres. »
Muḥammad ibn Saʿd l’a mentionné parmi la quatrième classe des Compagnons, indiquant qu’il était venu auprès du Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Son salut), puis il l’a ensuite cité dans la première génération des Successeurs (Tâbiʿûn) de Kûfa. Il dit : « Il était fiable et reconnu, et il ne rapporta rien d’autre que de ʿAlî (3). »
Ibn ʿAsâkir déclara toutefois : « Il a aussi rapporté de ʿAmmâr et de Sharâḥîl ibn Murra. » Abû Aḥmad al-ʿAskarî ajouta : « La plupart des traditionnistes ne confirment pas son statut de Compagnon. Il participa à la bataille d’al-Qâdisiyya, conquit la plaine (marj) de ʿAdhrâʾ (4), assista aux batailles du Chameau (al-Jamal) et de Ṣiffîn. Il se trouvait avec ʿAlî, on l’appelait Ḥujr al-Khayr (“Ḥujr le Bon”) – c’est-à-dire Ḥujr ibn ʿAdî – en opposition à Ḥujr al-Sharr (“Ḥujr le Mauvais”) – à savoir Ḥujr ibn Yazîd ibn Salama ibn Murra. »
Selon al-Marzubânî : « Il a été rapporté que Ḥujr ibn ʿAdî se rendit auprès de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) en compagnie de son frère Hânî ibn ʿAdî. Cet homme comptait parmi les plus dévots et les plus ascétiques, il était empli de piété filiale envers sa mère, et priait et jeûnait abondamment. »
Abû Maʿshar raconta : « Il ne survenait jamais un état d’impureté rituelle sans qu’il ne fasse immédiatement ses ablutions, et chaque fois qu’il faisait ses ablutions, il priait deux unités de prière. » Plusieurs personnes l’ont également confirmé.
L’imam Aḥmad a dit : « Yaʿlâ ibn ʿUbayd nous a rapporté, il me dit : l’Aʿmash m’a transmis, d’après Abû Isḥâq, que Salmân disait à Ḥujr : “Ô fils de la mère de Ḥujr, même si tes membres étaient coupés un à un, tu n’atteindrais pas (encore) le véritable degré de la foi.” »
Il réprouvait l’attitude d’al-Mughîra ibn Shuʿba – quand celui-ci gouvernait Kûfa – dans ses sermons, où il dépréciait ʿAlî après avoir fait l’éloge de ʿUthmân et de ses partisans. Cela mettait Ḥujr en colère et il lui exprimait ouvertement son désaccord. Cependant, al-Mughîra faisait preuve de patience et de tolérance à son égard, pardonnant et le conseillant discrètement, tout en le mettant en garde contre les conséquences (5) d’un tel comportement, car s’opposer à un détenteur de l’autorité entraînait de graves retombées. Pourtant, Ḥujr ne cessa pas de le critiquer. Dans les derniers jours du mandat d’al-Mughîra, Ḥujr prit la parole un jour et le désapprouva durant le sermon, le huant et lui reprochant encore de différer la distribution des allocations aux gens ; un groupe de personnes (6) se rallia à lui et ses proches l’imitèrent, renchérissant contre al-Mughîra, qui se retira alors