Quant à Jubayr ibn Muṭ‘im (1) ibn ‘Adiyy ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf al-Qurachī an-Nawfalī, surnommé Abū Muḥammad – certains disent aussi Abū ‘Adiyy (2) –, originaire de Médine, il vint alors qu’il était encore polythéiste pour négocier la libération des captifs de Badr. Lorsqu’il entendit le Messager de Dieu (ﷺ) réciter la sourate aṭ-Ṭūr : « Ont-ils été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ? » (52 : 35), l’islam toucha son cœur. Il se convertit ensuite l’année de Khaybar – certains affirment plutôt à l’époque de la conquête (de La Mecque), mais la première version est la plus fiable. Il comptait parmi les notables de Quraysh et figurait parmi leurs plus éminents connaisseurs en matière de généalogie, savoir qu’il tenait d’Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq. Selon l’opinion la plus répandue, il mourut en l’an 58 de l’Hégire ; d’autres disent plutôt en 59.
Quant à Ḥassān ibn Thābit, le « poète de l’Islam », il est acquis qu’il mourut en l’an 54, comme on le verra.
Pour ce qui est d’al-Ḥakam ibn ‘Amr ibn Mujadda‘ al-Ghifārī (3), le frère de Rāfi‘ ibn ‘Amr al-Ghifārī, que l’on appelle aussi al-Ḥakam ibn al-Aqra‘, c’était un grand Compagnon. Dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī (4), il ne rapporte qu’un seul ḥadīth concernant l’interdiction de la viande d’ânes domestiques. Ziyād ibn Abīhi le désigna pour mener l’expédition contre le mont al-Ashall (5), et il y acquit un important butin d’or, d’argent et d’autres biens. Or, Ziyād lui envoya un ordre, rédigé au nom de Mu‘āwiya, de réserver pour ce dernier la part d’or et d’argent, à verser dans son trésor particulier. Al-Ḥakam répliqua alors : « Le Livre de Dieu prime avant la lettre de l’Émir des Croyants. N’a-t-il pas entendu la parole du Prophète (ﷺ) : “Il n’y a pas d’obéissance…” ? »