Al-Waqidî (1) a rapporté : « ‘Ubayda bint Nābil (2) nous a raconté, d’après ‘Ā’isha (3), qui a dit : “Les femmes des Banû Hâshim ont porté le deuil de al-Ḥasan ibn ‘Alî pendant une année.” »
Al-Waqidî (5) poursuivit : « ‘Abd Allâh ibn Ja‘far nous a transmis, d’après ‘Abd Allâh ibn Ḥasan, qui a affirmé : “Al-Ḥasan ibn ‘Alî épousait souvent des femmes, et il était rare qu’elles trouvent grâce à ses yeux. Il était exceptionnel qu’une femme se mariât avec lui sans finir par l’aimer profondément et tenir à lui. On raconte qu’il fut plusieurs fois empoisonné, puis qu’il en réchappa, jusqu’à ce que l’ultime fois, il ait succombé. Quand la mort s’approcha, le médecin qui venait le voir déclara : ‘Cet homme a les entrailles rongées par le poison.’” »
« Al-Ḥusayn lui dit : “Ô Abû Muḥammad, dis-moi qui t’a empoisonné ?” Il répondit : “Et pourquoi, ô mon frère ?” Al-Ḥusayn reprit : “Par Dieu, je le tuerai avant même de t’enterrer, ou je partirai le chercher là où il se trouve.” Al-Ḥasan lui répliqua : “Ô mon frère, ce bas monde n’est fait que de quelques nuits éphémères ; laisse tomber, afin que nous nous retrouvions tous deux devant Dieu.” Et il refusa de lui révéler le nom du responsable.”
« J’ai entendu certains dire : ‘Mu‘âwiya aurait usé de ruse auprès de l’un des serviteurs d’al-Ḥasan pour qu’il l’empoisonne.’ »
Muḥammad ibn Sa‘d (7) a déclaré : « Yaḥyâ ibn Ḥammâd (8) nous a rapporté, d’après Abû ‘Awâna, selon al-Mughîra, d’après Umm Mûsâ, que Ja‘da bint al-Ash‘ath ibn Qays fit boire à al-Ḥasan un poison à la suite duquel il tomba malade. Ce mal le rongea pendant près de quarante jours, au point qu’on plaçait sous lui un bassin, puis on l’échangeait contre un autre. »
Selon certains récits, Yazîd ibn Mu‘âwiya aurait fait parvenir à Ja‘da bint al-Ash‘ath ce message : « Empoisonne al-Ḥasan et je t’épouserai après sa mort. » Elle s’exécuta. Quand al-Ḥasan mourut, elle s’adressa alors à Yazîd à propos de cette promesse, mais il lui répondit : « Par Dieu, nous n’avons pas jugé que tu convenais à al-Ḥasan, et tu voudrais désormais que nous te trouvions digne de nous-mêmes ?! »
Quant à moi, je ne considère pas ce récit comme vrai. Et s’il manque de validité lorsqu’il est attribué à son père Mu‘âwiya, a fortiori faut-il le rejeter pour Yazîd. [Dieu est plus savant, et le Jour du Jugement est le rendez-vous de toutes les créatures.]
C’est d’ailleurs à ce sujet que Kuthayyir ‘Izzah (10) s’est exprimé.