Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mohammad ibn Saʿd (1) dit : « Ismāʿīl ibn Ibrāhīm al-Asadī nous a informés, d’après Ibn ʿAwn, d’après ʿUmayr (2) ibn Isḥāq, qui a déclaré : “Personne n’a jamais pris la parole en ma présence en m’inspirant plus le désir de l’entendre sans qu’il se taise, si ce n’est al-Ḥasan ibn ʿAlī. Je ne l’ai jamais entendu prononcer la moindre obscénité, hormis une seule fois, alors qu’un différend l’opposait à ʿAmr ibn ʿUthmān. Al-Ḥasan a alors dit : ‘Il n’obtiendra de nous que de quoi humilier son nez !’ Voilà la parole la plus rude que je lui aie jamais entendue dire.” »

Mohammad ibn Saʿd (3) dit encore : « Al-Faḍl ibn Dukayn nous a informés, d’après Musāfir al-Jaṣṣāṣ, d’après Ruzayq (4) ibn Sawwār, qu’il y eut une querelle entre al-Ḥasan et Marwān. Marwān se mit à parler durement à al-Ḥasan tandis que celui-ci gardait le silence. Puis Marwān se moucha dans sa main droite. Al-Ḥasan lui dit : ‘Malheur à toi ! Ne sais-tu pas que la main droite est réservée au visage, et la gauche aux parties intimes ? Fi de toi !’ Alors Marwān se tut. »

Abū l-ʿAbbās Muḥammad ibn Yazīd al-Mubarrid rapporte : « On dit à al-Ḥasan ibn ʿAlī qu’Abū Dharr (5) affirme : “Je préfère la pauvreté à la richesse et la maladie à la santé.” Al-Ḥasan répondit : “Qu’Allāh fasse miséricorde à Abū Dharr. Pour ma part, je déclare : celui qui se fie au bon choix d’Allāh à son égard ne souhaitera pas être dans un autre état que celui qu’Allāh a choisi pour lui. Telle est la limite de la satisfaction devant ce que décrète la providence (6).” »

Abū Bakr Muḥammad ibn Kaysān al-Aṣamm a dit : « Un jour, al-Ḥasan ibn ʿAlī s’adressa à ses compagnons en ces termes : “Je vais vous parler d’un frère à moi, qui était à mes yeux l’une des personnes les plus grandioses. Ce qui lui conférait une telle grandeur à mes yeux, c’est qu’il considérait ce monde comme insignifiant. Il s’affranchissait de la domination de son ventre, de sorte qu’il ne convoitait pas ce qu’il ne trouvait pas et ne dépassait pas la mesure lorsqu’il trouvait. Il se gardait également de la tyrannie de ses désirs charnels, si bien que ni sa raison ni son jugement n’en étaient amoindris. Il se libérait aussi du pouvoir de son ignorance, de sorte qu’il ne tendait la main qu’en étant certain du bienfait qui en résulterait, [et il ne faisait pas un pas sans qu’il ne fût motivé par une bonne action] (7). Il ne se mettait jamais en colère et ne se plaignait pas. Lorsqu’il côtoyait les gens de savoir, il était plus avide d’écouter que de parler. Et lorsqu’on le réduisait au silence, on ne pouvait l’emporter sur son mutisme. La majeure partie de son temps, il demeurait silencieux ; mais quand il parlait, il surpassait tous les orateurs. Il ne s’engageait pas dans des prétentions vaines, ni dans des controverses, et ne présentait pas d’argument avant de constater chez autrui des paroles qui ne correspondaient pas à ses actes, et des actes qui ne correspondaient pas à ses paroles, par pure générosité et noblesse de caractère. Il ne négligeait jamais ses frères et ne s’appropriait rien à leur détriment. Il ne blâmait jamais quiconque pour ce qui pouvait recevoir une excuse similaire. Lorsque deux voies s’offraient à lui, sans qu’il sût laquelle était la plus proche de la vérité, il examinait celle qui s’accordait le plus à sa propre inclination, puis il s’en détachait.” »

(1) Al-ṭabaqāt al-kubrā (1/279-280). (2) Dans la copie de Muḥammad, c'est une erreur, car ʿUmyr ibn Isḥāq : il s'agit d'Abū Muḥammad, esclave affranchi des Banū Hāshim, appartenant aux hommes du Tahḏīb. (3) Al-ṭabaqāt al-kubrā (1/283-284). (4) Altération dans (A) et (Ṭ) en « Razīn » ; dans (B) en « Zayd ». (5) Le terme « ḏirr » répété dans ce rapport est altéré dans (Ṭ) en « ẓirr ». (6) De même dans (A) et (B) ainsi que dans Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (7/29). Dans la copie (Ṭ) c'est : « taʿarraf ». (7) Ce qui est entre les deux parenthèses n’apparaît ni dans (B) ni dans Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq. (8) « Bazz al-qāʾilīn » signifie : ils les ont précédés et surpassés. (9) Dans les manuscrits, altération en « yukram », la correction vient de Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq.
وقال محمد بن سعد (١) : أخبرنا إسماعيل بن إبراهيم الأَسَدي، عن ابن عون، عن عُمير (٢) بن إسحاق قال: ما تكلَّم عندي أحدٌ كان أحبَّ إلي إذا تكلَّم ألَّا يسكت من الحسن بن علي، وما سمعت منه كلمة فحش قطُّ إلا مرة، فإنه كان بينه وبين عمرو بن عثمان خصومة، فقال الحسن: ليس له عندنا إلا ما أرغم أنفه، فهذه أشدُّ كلمة فحش سمعتُها منه قطّ. قال محمد بن سعد (٣) : وأخبرنا الفضل بن دُكين، أخبرنا مسافر الجصاص، عن رُزَيْق (٤) بن سَوّار قال: كان بين الحسن وبين مروان خصومة، فجعل مروان يُغلِظ للحسن، وحسن ساكت، فامتخط مروان بيمينه، فقال له الحسن: ويحك! أما علمتَ أن اليُمنى للوجه والشمال للفَرْج؟ أُفٍّ لك! فسكت مروان. وقال أبو العباس محمد بن يزيد المبرِّد: قيل للحسن بن علي: إن أبا ذَر (٥) يقول: إن الفقر أحبُّ إليَّ من الغنى، والسُّقم أحب إلي من الصَّحة. فقال: رحم الله أبا ذر، أمّا أنا فأقول: من اتَّكل على حسن اختيار الله له لم يتمنَّ أن يكون في غير الحالة التي اختار اللهُ له. وهذا حدُّ الوقوف على الرِّضى بما تصرَّف (٦) به القضاء. وقال أبو بكر محمد بن كَيْسان الأَصَمّ: قال الحسن بن علي ذات يوم لأصحابه: إني أخبركم عن أخٍ لي كان من أعظم الناس في عيني، وكان عظيم ما عظَّمه في عيني صغر الدنيا في عينه، كان خارجًا من سلطان بطنه فلا يشتهي ما لا يجد ولا يكثر إذا وجد، وكان خارجًا من سلطان فَرْجه فلا يستخف له عقله ولا رأيه، وكان خارجًا من سلطان جهله فلا يمدُّ يدًا إلا على ثقة المنفعة، [ولا يخطو خطوة إلا لحسَنَة] (٧) وكان لا يسخط ولا يتبرَّم، وكان إذا جامع العلماء يكون على أن يسمع أحرصَ منه على أن يتكلَّم، وكان إذا غُلب على الكلام لم يُغلب على الصَّمت، كان أكثر دهره صامتًا فإذا قال بذَّ (٨) القائلين، كان لا يشارك في دعوى، ولا يدخل في مِرَاءٍ، ولا يُدلي بحُجَّة حتى يرى قاضيًا يقول ما لا يفعل ويفعل ما لا يقول تفضُّلًا وتكرُّمًا، كان لا يغفل عن إخوانه ولا يستخصُّ بشيء دونهم، كان لا يلوم (٩) أحدًا فيما يقع العُذر بمثله، كان إذا ابتداه أمران لا يدري أيهما أقرب إلى الحقِّ نظر فيما هو أقرب إلى هواه فخالفه.
(١) الطبقات الكبرى (١/ ٢٧٩ - ٢٨٠). (٢) وقع في ط: محمد وهو خطأ، فعمير بن إسحاق: هو أبو محمد مولى بني هاشم. من رجال التهذيب. (٣) الطبقات الكبرى (١/ ٢٨٣ - ٢٨٤). (٤) تحرف في (أ) و (ط) إلى: رزين وفي ب إلى: زيد. (٥) تحرفت لفظة ذر المتكررة في هذا الخبر في ط إلى: زر. (٦) كذا في (أ) وب ومثله في مختصر تاريخ دمشق (٧/ ٢٩). ووقعت في ط: تعرف. (٧) ما بين حاصرتين ليس في ب ولا في مختصر تاريخ دمشق. (٨) "بذَّ القائلين": أي: سبقهم وغلبهم. (٩) تحرفت في النسخ إلى: يكرم والتصويب من مختصر تاريخ دمشق.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies