“T’entends-je ?” Il répondit : “J’éprouve de la gêne à prononcer un sermon alors que je te vois.” C’est alors qu’Ali s’en alla et s’assit à un endroit où Al-Hassan ne pouvait le voir. Puis Al-Hassan se leva pour s’adresser aux gens pendant qu’Ali écoutait. Il prononça un discours d’une grande éloquence et clarté. Lorsqu’il eut terminé, Ali déclara : « “Descendance les uns des autres. Et Dieu est Audient et Omniscient.” » [Al Imrân : 34].
Ibn ‘Abbâs avait pour habitude de tenir l’étrier pour Al-Hassan et Al-Husayn lorsqu’ils se mettaient en selle, estimant que c’était là une grâce que Dieu lui avait accordée. Quand les deux hommes accomplissaient le tawâf autour de la Ka‘ba, la foule formait une telle cohue autour d’eux qu’on craignait qu’elle ne les piétine. Qu’Allah les comble de Sa satisfaction ! Ibn Al-Zubayr disait à leur sujet : “Par Dieu, aucune femme n’a donné le jour à un homme semblable à Al-Hassan ibn ‘Alî.” D’autres rapportent : “Lorsque Al-Hassan finissait de prier l’aube dans la Mosquée du Messager de Dieu (ﷺ), il restait à sa place pour invoquer Dieu jusqu’à ce que le soleil s’élève. Des notables prenaient alors place auprès de lui pour s’entretenir, puis il se levait, entrait chez les Mères des Croyants pour leur adresser ses salutations ; parfois elles lui offraient un présent, puis il rentrait chez lui.”
À l’époque où il renonça à la fonction califale en faveur de Mu‘âwiyah, par piété et afin de préserver le sang des musulmans, il était convenu qu’il reçoive chaque année un don de la part de Mu‘âwiyah. Il se rendait aussi auprès de lui et se voyait parfois gratifié de quatre cent mille dirhams ; il touchait en outre une rente annuelle de cent mille dirhams. Une année, il ne se présenta pas à Mu‘âwiyah ; quand vint le moment de la gratification, il en avait besoin — car c’était l’un des hommes les plus généreux et les plus larges de cœur. Il voulut lui écrire pour la solliciter. Toutefois, cette même nuit, il fit un songe où il vit le Messager de Dieu (ﷺ) lui dire : “Ô mon fils ! Vas-tu adresser ta demande à une créature ?” Et il lui enseigna une prière à réciter. Al-Hassan renonça alors à son intention d’écrire.
Mu‘âwiyah se souvint ensuite de lui, constata son absence et dit : “Faites-lui parvenir sa gratification et ajoutez cent mille dirhams, car il doit avoir une raison sérieuse pour ne pas s’être rendu auprès de nous.” Il les reçut donc sans avoir rien demandé. [Sâlih ibn Ahmad a rapporté : “J’ai entendu mon père dire : ‘Al-Hassan ibn ‘Alî était un Médinois fiable.’” Ibn ‘Asâkir le cite dans son Histoire (1).]
On raconte qu’Al-Hassan partagea par trois fois sa fortune avec Dieu, et qu’il la donna intégralement à deux reprises. Il accomplit vingt-cinq pèlerinages à pied, alors même qu’on conduisait ses chameaux de selle devant lui. Al-Bayhaqî le rapporte selon la chaîne d’Abd Allâh ibn ‘Ubayd ibn ‘Umayr, d’après Ibn ‘Abbâs, et la même version est attribuée à ‘Alî ibn Zayd ibn Jud‘ân (2). Al-Bukhârî a d’ailleurs mentionné dans son Sahîh qu’il effectua le pèlerinage à pied tandis qu’on menait ses montures devant lui.
Selon le hadith rapporté par Dâwud ibn Ruchayd, d’après Hafs, d’après Ja‘far ibn Muhammad, de son père, Al-Hassan ibn ‘Alî effectua son pèlerinage à pied, ses bêtes de selle étant conduites à côté de lui. Al-‘Abbâs ibn Al-Fadl rapporte également, par l’intermédiaire d’Al-Qâsim, d’après Muhammad ibn ‘Alî, qu’Al-Hassan ibn ‘Alî déclara : “J’ai honte devant mon Seigneur (– Exalté soit-Il –) de Le rencontrer sans avoir marché jusqu’à Sa Maison.” Ainsi parcourut-il vingt fois à pied la distance entre Médine et La Mecque pour le pèlerinage.”