Fâṭima… Il dit alors : « Ô Lukaʿ (1), Ô Lukaʿ, Ô Lukaʿ », mais personne ne lui répondit. Il s’en alla donc, et je partis avec lui jusqu’à la cour de ʿĀʾisha, où il s’assit. Il dit : « Puis al-Ḥasan ibn ʿAlī arriva ». Abū Hurayra précisa : « Nous pensions que sa mère l’avait retenu pour lui passer au cou le collier ornemental (2). » Quand il entra, le Messager de Dieu l’étreignit, et lui aussi étreignit le Messager de Dieu.
Ensuite, il dit : « Ô mon Dieu, je l’aime [alors aime-le], et aime celui qui l’aime », et il répéta cela trois fois.
Al-Bukhārī et Muslim (3) l’ont rapporté d’après le ḥadith de Sufyān ibn ʿUyayna, transmis par ʿUbayd Allāh. Aḥmad (4) a dit : « Hammād al-Khayyāṭ nous a rapporté — Hishām ibn Saʿd nous a rapporté, d’après Nuʿaym ibn ʿAbd Allāh al-Mujmir, d’après Abū Hurayra — qu’un jour, le Messager de Dieu (ﷺ) se rendit au marché des Banū Qaynuqāʿ en s’appuyant sur ma main. Il en fit le tour, puis s’en retourna et s’installa dans la mosquée, les jambes repliées. Il dit alors : “Où est Lukaʿ ? Appelez-moi Lukaʿ !”. Al-Ḥasan vint aussitôt en courant puis bondit dans son giron. Le Prophète plaça sa bouche sur la sienne, puis dit : “Ô mon Dieu, je l’aime, aime-le, et aime celui qui l’aime”, trois fois.” »
Abū Hurayra déclara : « Chaque fois que je voyais al-Ḥasan, mes yeux se remplissaient de larmes — ou il dit : mes yeux se mouillaient, ou je pleurais. » Ce ḥadith est conforme aux conditions de Muslim, mais ils ne l’ont pas recensé. Al-Thawrī le rapporta aussi, par Nuʿaym, d’après Muḥammad ibn Sīrīn, d’après Abū Hurayra, et en présenta un récit semblable. Muʿāwiya ibn Abī Muzarrid (5) l’a également rapporté, d’après son père, d’après Abū Hurayra, avec un contenu proche et un supplément. Abū Isḥāq le rapporta, d’après al-Ḥārith, d’après ʿAlī, selon un récit du même ordre. ʿUthmān ibn Abī al-Kanāt (6) le transmit d’après Ibn Abī Mulayka, d’après ʿĀʾisha, avec une formulation analogue et un supplément.
Quant à ce qui est cité de Sufyān al-Thawrī et d’autres, d’après Sālim ibn Abī Ḥafṣa, d’après Abū Ḥāzim, d’après Abū Hurayra (7), celui-ci raconta : « Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Celui qui aime al-Ḥasan et al-Ḥusayn m’aime moi-même, et celui qui les déteste me déteste moi.” » Ce ḥadith est jugé rare (gharīb) sous cette forme (8).