Ibn Jarîr (1) et d’autres ont rapporté qu’un homme appelé Ibn Uthâl – qui était le chef des dhimmis dans la région de Hims (Homs) – lui fit boire une gorgée empoisonnée et qu’il mourut ainsi. Certains ont prétendu que cela se fit sur l’ordre de Mu‘âwiya, mais cela n’est pas avéré, et Dieu sait mieux. Quelqu’un le pleura (2) en ces termes :
« Ton père est celui qui mena les armées vers l’ouest
Jusqu’aux Romains, quand la Perse avait versé le tribut.
Et combien de jeunes gens as-tu tirés de leur sommeil
À coups de mors, eux qui dormaient profondément.
Les deux rangs ne se valent pas : l’un est celui de Khâlid
Et l’autre est couvert de capes damascènes. »
On rapporte que Khâlid ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Khâlid se rendit à Médine. ‘Urwa ibn al-Zubayr lui demanda : « Qu’a fait Ibn Uthâl ? » Khâlid garda le silence, puis repartit à Hims, se souleva contre Ibn Uthâl et le tua. [Mu‘âwiya l’emprisonna ensuite, puis le libéra, et lorsque Khâlid revint à Médine, ‘Urwa lui redemanda : « Qu’a fait Ibn Uthâl ? »] (3)
Il répondit : « Je t’en ai débarrassé. Mais qu’est-il advenu d’Ibn Jurmûz ? » Alors ‘Urwa se tut.
Cette année-là, selon l’une des opinions, Muhammad ibn Maslama mourut, et nous avons déjà mentionné sa disparition.
Haram ibn Hayyân (4) al-‘Abdî (5) comptait parmi les administrateurs de ‘Umar ibn al-Khattâb. Il rencontra Uways al-Qaranî. Il était considéré comme l’un des sages, des savants et des grands dévots. On raconte qu’après qu’il fut enterré, un nuage vint arroser sa tombe, et l’herbe y poussa aussitôt, et Dieu sait mieux.
[Ensuite débuta l’année quarante-sept,]
durant laquelle les musulmans passèrent l’hiver dans le territoire byzantin [pour le djihad] (6).