Celui qui a recopié ce moushaf est l’imam qui se trouvait en Syrie, sur ordre de ʿUthmân de le faire. Son écriture est très belle et particulièrement solide, d’après ce que j’ai pu observer.
Zayd ibn Thâbit était l’une des personnes les plus douées en intelligence : il apprit la langue et l’écriture des Juifs en quinze jours. Abû al-Ḥasan ibn al-Barrâʾ rapporta qu’il avait appris la langue persane de l’émissaire du roi de Perse en dix-huit jours (1). Il apprit également l’éthiopien, le byzantin et le copte grâce aux serviteurs du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).
Al-Wâqidî a relaté qu’il participa pour la première fois à la bataille du Fossé (al-Khandaq) alors qu’il n’avait que quinze ans. Selon un hadith rapporté par Aḥmad et an-Nasâ’î (2) : « Le plus instruit d’entre eux en matière de lois successorales (al-farâ’iḍ) est Zayd ibn Thâbit. » ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allâh l’agrée) le nomma juge.
Masrûq a dit de lui : « Zayd ibn Thâbit faisait partie de ceux dont la science est affermie » (3). Muḥammad ibn ʿAmr (4), d’après Abû Salama, d’après Ibn ʿAbbâs, rapporte qu’il aida un jour Zayd ibn Thâbit à monter en lui tenant l’étrier. Zayd lui dit : « Écarte-toi, ô cousin du Messager de Dieu. » Il répondit : « Non, c’est ainsi que nous traitons nos savants et nos dignitaires » (5).
Selon al-Aʿmash, d’après Thâbit ibn ʿUbayd (6) : « Zayd ibn Thâbit était le plus enjoué des hommes chez lui, et faisait preuve d’une grande réserve lorsqu’il se rendait auprès des gens » (7). Muḥammad ibn Sîrîn a raconté qu’un jour, Zayd ibn Thâbit sortit pour la prière et trouva les fidèles déjà de retour. Il se dissimula alors à leur vue en disant : « Celui qui ne ressent pas de pudeur devant les gens n’en ressentira pas non plus devant Dieu » (8).