Parmi ceux qui décédèrent cette année-là figure ʿAbd Allāh ibn Salām (1), également connu sous le nom d’Abū Yūsuf al-Isrāʾīlī, qui fut l’un des grands rabbins juifs. Au moment où le Messager de Dieu (ﷺ) arriva à Médine, il se trouvait dans sa palmeraie. Il raconta : « Lorsque le Prophète (ﷺ) arriva, je fus parmi ceux qui se précipitèrent vers lui. En voyant son visage, je sus aussitôt que ce n’était pas celui d’un menteur. » La première chose qu’il entendit de sa bouche fut : « Ô gens, propagez la salutation de paix, offrez la nourriture, renforcez les liens de parenté, et vous entrerez au Paradis en paix » (2). Nous avons déjà mentionné la manière dont il se convertit à l’islam au début de l’Hégire, ainsi que les questions utiles et judicieuses qu’il posa au Messager de Dieu (ﷺ). Il fait partie de ceux dont le Prophète (ﷺ) a attesté l’accès au Paradis (3), ce qui lui est garanti.
[Puis survint l’année quarante-quatre]
Durant cette année, ʿAbd al-Raḥmān ibn Khālid ibn al-Walīd mena une expédition contre les terres byzantines (ar-Rūm), accompagné des musulmans, et ils y passèrent l’hiver. Cette même année, Buṣr ibn Abī Arṭāta prit la mer pour une autre expédition. Au cours de cette période, Muʿāwiya révoqua ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir de son poste à Baṣra, car la corruption s’y était répandue en raison de sa trop grande mansuétude : il était d’un tempérament doux, facile à vivre et généreux, ne réprimandait pas les imprudents ni ne sanctionnait les voleurs, préférant se concilier les gens.
D’après Ibn Jarīr (4), ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir se plaignit un jour à Ziyād de la corruption des gens, et celui-ci lui conseilla de « dégainer l’épée contre eux ». ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir répondit : « Je répugne à les réformer en me corrompant moi-même. » Par la suite, ʿAbd Allāh ibn al-Kuwwāʾ se rendit auprès de Muʿāwiya pour se plaindre de ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir.