‘Uqba ibn ‘Âmir a dit : Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a déclaré : « Les gens ont embrassé l’Islam et c’est ‘Amr ibn al-‘Âs qui a véritablement cru. »
On rapporte également(1) qu’Ishâq ibn Mansûr nous a transmis, par l’intermédiaire de Abû Usâma, de Nâfi‘ ibn ‘Umar al-Jumahî(2), d’après Ibn Abî Mulayka, que Talha ibn ‘Ubayd Allâh a dit : « J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) dire : “En vérité, ‘Amr ibn al-‘Âs fait partie des vertueux de Quraych.” »
Dans un autre hadith, il est dit : « Les deux fils d’al-‘Âs sont croyants(3). » Et dans un autre : « Quelle noble famille : ‘Abd Allâh, Abû ‘Abd Allâh et la mère de ‘Abd Allâh(4). » Tous ces propos ont été rapportés au sujet des mérites de ‘Amr ibn al-‘Âs.
Ensuite, as-Siddîq (Abû Bakr) l’envoya en Syrie comme l’un des commandants de ses armées. Il fut ainsi parmi ceux qui vécurent ces batailles, se distinguant par son sens avisé, ses actes louables et son heureux parcours. Puis ‘Umar le mandata pour la conquête de l’Égypte qu’il ouvrit à l’islam, et ‘Uthmân ibn ‘Affân le maintint à son poste durant quatre ans avant de le destituer – comme cela a été dit précédemment – et de nommer(5) à sa place ‘Abd Allâh ibn Sa‘d ibn Abî Sarh. ‘Amr se retira alors en Palestine, nourrissant un certain ressentiment contre ‘Uthmân. Lorsque ‘Uthmân fut tué, il se rendit auprès de Mu‘âwiya et participa à ses côtés à toutes ses campagnes, notamment à Siffîn, où il fut l’un des deux arbitres.
Lorsque Mu‘âwiya reprit l’Égypte des mains de Muhammad ibn Abî Bakr, il en confia le gouvernement à ‘Amr ibn al-‘Âs, qui y resta émir jusqu’à sa mort survenue, selon l’opinion la plus répandue, cette même année. D’autres sources situent sa mort en l’an 47, 48 ou encore 51 de l’Hégire – que Dieu lui fasse miséricorde.
Il était compté parmi les plus fins stratèges et les plus courageux des Arabes, reconnu pour ses avis judicieux. Il composa également de nombreux proverbes et de bons vers. On rapporte de lui cette parole : « J’ai retenu du Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) mille proverbes. » Parmi ses poèmes, on trouve ces vers :
“Si l’homme ne renonce pas à la nourriture qu’il affectionne,
Et ne détourne pas un cœur égaré de sa passion vagabonde…”