Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Par une journée d’été, l’épouse de l’homme, Fâkhta bint Faradha, le vit assis en train de répéter : « Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. » Il se mit à pleurer. Fâkhta lui dit alors : « Hier encore, tu l’attaquais, et aujourd’hui tu le pleures ? » Il répondit : « Malheur à toi ! Je pleure ce que les gens ont perdu de sa patience, de sa science, de son mérite, de ses hauts faits et de ses bienfaits. »

Ibn Abî al-Dunyâ rapporte, dans son ouvrage “Makaʾid al-Shayṭân” (1), qu’un homme originaire du Shâm (2), relevant des émirs ou des proches de Muʿâwiya, s’emporta un soir contre son fils et le chassa de sa demeure. Le garçon, ne sachant où aller, s’installa derrière la porte extérieure et s’endormit un moment. A son réveil, il entendit un chat sauvage noir gratter à la porte. Le chat de la maison sortit à sa rencontre et le chat sauvage lui dit : « Malheur à toi, ouvre ! » Il répondit : « Je ne peux pas. » Le sauvage reprit : « Apporte-moi de quoi me sustenter ; je suis affamé et épuisé, je viens à l’instant de Koufa et cette nuit un grand événement s’est produit : ʿAlî ibn Abî Tâlib a été tué. »

Le chat domestique répliqua : « Par Dieu, il n’y a rien ici dont on n’ait déjà prononcé le nom de Dieu, sauf une broche dont on se servait pour rôtir la viande. » Il lui dit : « Apporte-la-moi. » Le chat domestique la lui apporta et le chat sauvage se mit à la lécher jusqu’à ce qu’il obtienne ce dont il avait besoin, puis il s’en alla. Tout cela eut lieu sous les yeux et aux oreilles du garçon. Alors, celui-ci frappa à la porte et son père sortit, demandant : « Qui est-ce ? » Le fils répondit : « Ouvre ! » Son père s’exclama : « Malheur à toi, qu’as-tu ? » Le fils raconta alors ce qu’il venait de voir. Le père dit : « Malheur à toi, est-ce un rêve ? » Le fils affirma : « Non, par Dieu ! » Le père insista : « Malheur à toi, es-tu devenu fou ? » Le fils jura : « Non, mais la chose est telle que je te l’ai décrite. Pars à l’instant chez Muʿâwiya et fais-toi valoir auprès de lui avec ce récit. » L’homme se rendit donc auprès de Muʿâwiya, demanda l’autorisation de lui parler et l’informa de ce que son fils avait vu. Ils consignèrent l’information avant l’arrivée des messagers officiels. Quand ceux-ci parvinrent enfin, les nouvelles concordaient avec le récit fait par le père du garçon. Voilà, en résumé, ce qui fut rapporté.

Abû al-Qâsim dit : « ʿAlî ibn al-Jaʿd nous raconta, transmis par Zuhayr ibn Muʿâwiya, lui-même de la chaîne d’Abû Isḥâq, d’après ʿAmr ibn al-Aṣamm, lequel déclara : “J’ai dit à al-Ḥusayn ibn ʿAlî : ‘Ces gens qui se revendiquent chiites prétendent qu’ʿAlî reviendra avant le Jour de la Résurrection.’ Il répondit : ‘Ils mentent, par Dieu ! Ceux-là ne sont pas des chiites. Si nous avions su qu’il serait renvoyé dans ce monde, nous n’aurions pas marié ses femmes ni partagé ses biens.’” »

Asbaṭ ibn Muḥammad le rapporte également de Maṭraf, d’après Isḥâq, lui-même de la chaîne de ʿAmr ibn al-Aṣamm, par al-Ḥasan ibn ʿAlî, dans un récit semblable. Et Dieu, qu’Il soit exalté, sait mieux (3).

(1) Je n'ai pas trouvé ce récit dans le livre « Les Intrigues du Diable » d'Ibn Abī al-Dunyā - édition du Caire, Bibliothèque du Coran. (2) Dans A : de la région de Damas ; il y a de nombreuses divergences dans ce récit entre A et T, dont nous n'avons tiré aucune utilité pour sa vérification. Je ne l'ai pas trouvé dans les ouvrages d'al-Ṭabarānī, bien qu'il soit mentionné dans « Tārīkh Dimashq » - biographie de ʿAlī - (3/210). (3) Après cette expression dans A, les ajouts suivants provenant des propos de l'imam ʿAlī : une section dans laquelle sont évoqués des mots supplémentaires à ceux mentionnés par l'auteur : selon Salama ibn Kuhayl, de Mujāhid qui dit : « Les partisans de ʿAlī sont les savants, les sages, les aux lèvres flétries, les pieux, les bienveillants, les ascètes, qui te sont reconnus à l'effet de leur dévotion ». Et ʿAlī ibn al-Ḥusayn a dit : « Nos partisans sont aux lèvres flétries, et parmi nous, l'imam est celui qui invite à l'obéissance à Dieu ». Et al-Ṭabarānī a rapporté : « Nous a raconté Muḥammad ibn Zakariyyā al-Ghulābī, qui nous a rapporté al-ʿAbbās ibn Bakkār al-Ḍabbī, qui nous a raconté ʿAbd al-Wāḥid ibn Abī ʿUmayr al-Asadī, de Muḥammad ibn al-Sāʾib al-Kalbī, d'Abū Ṣāliḥ qui a dit : Darrār ibn Ḍumra al-Kinānī est entré chez Muʿāwiya, et lui a dit : "Décris-moi ʿAlī." Il répondit : "Veux-tu que je t'en épargne, ô Commandeur des Croyants ?" Il dit : "Je ne veux pas que tu m'épargnes." Alors, puisqu'il faut que tu le décrives, voici..."
امرأته فاختة بنت فرظة في يوم صائف، جلس وهو يقول: إنا لله وانا إليه راجعون، وجعل يبكي فقالت له فاختة: أنت بالأمس تطعن عليه واليوم تبكي عليه، فقال: ويحك إنما أبكي لما فقد الناس من حلمه وعلمه وفضله وسوابقه وخيره. وذكر ابن أبي الدنيا - في كتاب مكايد الشيطان (١) - أن رجلًا من أهل الشام (٢) من أمراء معاوية [وجلسائه] غضب ذات ليلة على ابنه فأخرجه من منزله، فخرج الغلام لا يدري أين يذهب، فجلس وراءالباب من خارج فنام ساعةً ثم استيقظ وبابه يخمشه هر أسود بري، فخرج إليه الهر الذي في منزلهم فقال له البري: ويحك! افتح فقال: لا أستطيع، فقال: ويحك ائتني بشيء أتبلغ به فإني جائع وأنا تعبان، هذا أوان مجيئي من الكوفة، وقد حدث الليلة حدث عظيم، قتل علي بن أبي طالب، قال فقال له الهر الأهلي: والله إنه ليس هاهنا شيء إلا وقد ذكروا اسم الله عليه، غير سفود كانوا يشوون عليه اللحم، فقال: ائتني به، فجاء به فجعل يلحسه حتى أخذ حاجته وانصرف، وذلك بمرأى من الغلام ومسمع، فقام إلى الباب فطرقه فخرج إليه أبوه فقال: من؟ فقال له: افتح، فقال: ويحك ما لك؟ فقال: افتح، ففتح فقص عليه خبر ما رأى، فقال له: ويحك أمنام هذا؟ قال: لا والله، قال: ويحك! أفاصابك جنون بعدي؟ قال: والله، ولكن الأمر كما وصفت لك، فاذهب إلى معاوية الآن فاتخذ عنده بما قلت لك، فذهب الرجل فاستأذن على معاوية فأخبره خبر ما ذكر له ولده. فأرّخوا ذلك عندهم قبل مجيء البُرُد، ولما جاءت البُرُد وجدوا ما أخبروهم به مطابقًا لما كان أخبر به أبو الغلام، هذا ملخص ما ذكره. وقال أبو القاسم: حدَّثنا علي بن الجعد، حدَّثنا زهير بن معاوية، عن أبي إسحاق، عن عمرو بن الأصم قال: قلت للحسين بن علي: إن هذه الشيعة يزعمون أن عليًا مبعوث قبل يوم القيامة، فقال: كذبوا والله ما هؤلاء بالشيعة، لو علمنا أنه مبعوث ما زوجنا نساءه ولا قسمنا ماله. ورواه أسباط بن محمد عن مطرف عن إسحاق، عن عمرو بن الأصم، عن الحسن بن علي بنحوه. والله سبحانه أعلم (٣) .
(١) لم أجد هذا الخبر في كتاب مكائد الشيطان لابن أبي الدنيا - طبعة القاهرة مكتبة القرآن. (٢) في أ: من أهل دمشق؛ وثمة خلافات كثيرة في هذا الخبر بين أ و ط لم نجد في إثباتها أي فائدة. لم أجده في كتب الطبراني وهو في تاريخ دمشق - ترجمة علي - (٣/ ٢١٠). (٣) بعد هذه اللفظة في أ الزيادات التالية من كلام الإمام علي: فصل نذكر فيه كلمات زيادة على ما نص عليه المؤلف: عن سَلَمة بن كُهَيْل، عن مجاهد قال: إنما شيعة علي العلماء الحكماء الذُّبل الشفاه الأبرار الأخيار الزهاد الذين يُعرّفوك بأثر العبادة. وقال علي بن الحسين: شيعتنا الذُّبل الشفاه والامام منا من دعى إلى طاعة الله. وقال الطبراني: حدَّثنا محمد بن زكريا الغُلابي، حدَّثنا العباس بن بكار الضَّبي، حدَّثنا عبد الواحد بن أبي عمير الأسدي، عن محمد بن السائب الكلبي، عن أبي صالح قال: دخل ضرار بن ضمرة الكناني على معاوية، فقال له: صف لي عليًا. قال: أو تعفيني يا أمير المؤمنين؟ قال: لا أعفيك. قال: أما إذ لا بد من وصفي له، كان=

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