Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il incite ainsi les âmes viles, à la manière du nécessiteux savant qui attend (1) la première poussée de ses traits pour en tirer profit et repousser toute perte. De même, le musulman exempt de toute trahison se trouve entre l’une des deux belles issues : lorsqu’il invoque Dieu, ce qu’Il lui réserve est bien meilleur pour lui ; ou bien Dieu lui accorde des biens, et il se retrouve alors avec une famille et des richesses, tout en préservant sa réputation et sa religion ; ou encore Dieu lui donne sa récompense dans l’au-delà, et l’au-delà est certes meilleur et plus durable. La moisson est de deux sortes : celle de ce monde consiste en l’argent et la piété (2), tandis que celle de l’au-delà se trouve dans les bonnes œuvres qui subsistent. Il se peut aussi que Dieu accorde les deux à certaines personnes.

Sufyân Ath-Thawrî dit : « Qui d’autre qu’Ali (– qu'Allah soit satisfait de lui –) pourrait tenir de tels propos ? » Et il raconta, d’après Zubayd (3) Al-Yâmî, d’après Muhâjir Al-‘Âmirî (4), que :

« Ali ibn Abî Tâlib rédigea des instructions pour l’un de ses compagnons, chargé d’administrer un pays, dans lesquelles il disait : “Après quoi, ne laisse pas s’allonger ta réclusion loin de tes administrés, car l’isolement des gouvernants à l’égard du peuple est un indice d'étroitesse d’esprit et de méconnaissance des affaires. Se couper de ses administrés leur dissimule la connaissance de ce qui se cache derrière cette barrière : ainsi, le grand devient faible à leurs yeux, le petit grandit, le beau paraît laid et le laid prend apparence de beau, et la vérité se mêle au faux. Or, le gouvernant n’est qu’un homme qui ne peut deviner ce que les gens dissimulent des choses. D’ailleurs, il n’existe pas de signe distinctif permettant de reconnaître chez les populations les différentes formes de vérité ou de mensonge ; protège-toi donc d’empêcher les gens d’accéder à leurs droits en maintenant un abord facile. Tu n’es toi-même qu’un de ces deux types d’hommes : ou bien un homme dont l’âme se montre avare de donner ce qui est dû en toute justice ; alors pourquoi te cacher de ce droit que tu dois concéder ou de cette noblesse de caractère (5) que tu dois manifester ? Ou encore, tu peux être éprouvé par la privation et l’avarice. Combien alors ta grâce disparaît vite, et combien promptement les gens cessent-ils de te solliciter quand ils perdent tout espoir à cet égard ! De plus, la plupart des besoins que les gens te présentent ne te coûtent rien ; il s’agit le plus souvent de porter plainte contre une injustice ou de demander à être équitablement traité. Tire donc profit de ce que je t’ai décrit et limite-toi à ce qui te convient et te guide, si Dieu le veut.” »

Al-Madâ’inî rapporta : « Ali écrivit à l’un de ses agents : “Doucement, car tu as déjà atteint l’extrémité du parcours ; tes actes te seront présentés à l’endroit même où l’insouciant poussera un cri de regret, où celui qui les aura négligés souhaitera se repentir et où l’oppresseur désirera revenir en arrière.” »

Hushaym dit : « [On rapporte] de ‘Umar ibn Abî Zâ’ida, d’après Ash-Sha‘bî, qu’Abû Bakr composait de la poésie, ‘Umar composait de la poésie et ‘Ali composait de la poésie, et ‘Ali était le plus célèbre des trois. »

(1) Dans "A" : voir le premier passage. (2) Dans "A" : il le protège. (3) Dans "A" : alors le labour... la richesse et la santé. (4) Dans "A" : y ajoute ; altération, et Zoubayd al-Yāmi est l’un des narrateurs de Tahdhīb. (5) Dans "A" : al-ʿUmarī. (6) Dans "A" : des gouverneurs. (7) Dans "A" : signes. (8) Dans "A" : se corrige. (9) Dans "A" : ta grandeur. (10) Dans "A" : de ta générosité et pourtant dans la plupart des besoins.
ويغرى به لئام الناس، كالبائس العالم ينتظر (١) أول فورة من قداحه توجب له المغنم، وتدفع عنه المغرم فكذلك المسلم البريء من الخيانة بين إحدى الحسنيين، إذا ما دعا الله، فما عند الله خير له، وإما أن يرزقه الله مالًا فإذا هو ذو أهل ومال معه حسبه ودينه، وإما أن يعطيه (٢) الله في الآخرة فالآخرة خير وأبقى، الحرث حرثان فحرث الدنيا المال والتقوى (٣) ، وحرث الآخرة الباقيات الصالحات، وقد يجمعهما الله تعالى لأقوام. قال سفيان الثوري: ومن يحسن أن يتكلم بهذا الكلام إلا علي (رضي الله عنه) ؟ وقال: عن زبيد (٤) اليامي، عن مهاجر العامري (٥) ، قال: كتب علي بن أبي طالب عهدًا لبعض أصحابه على بلد فيه: أما بعد فلا يطولن حجابك على رعيتك، فإن احتجاب الولاة عن الرعية شعبة الضيق، وقلة علم بالأمور، والاحتجاب يقطع عنهم (٦) علم ما احتجبوا دونه، فيضعف عندهم الكبير، ويعظم الصغير، ويقبح الحسن، ويحسن القبيح، ويشاب الحق بالباطل، وإنما الوالي بشر لا يعرف ما يواري عنه الناس به من الأمور، وليس على القوم سمات (٧) يعرف بها ضروب الصدق من الكذب، فتحصن من الإدخال في الحقوق بلين الحجاب، فإنما أنت أحد الرجلين، إما امرؤ شحت نفسك بالبذل في الحق ففيم احتجابك من حق واجب عليك أن تعطيه؟ أو خلق كريم تسد (٨) به؟ وإما مبتلى بالمنع والشح فما أسرع زوال نعمتك (٩) ، وما أسرع كف الناس عن مسألتك إذا يئسوا من ذلك، مع أن أكثر حاجات (١٠) الناس إليك ما لا مؤنة فيه عليه من شكاية مظلمة أو طلب إنصاف، فانتفع بما وصفت لك واقتصر على حظك ورشدك إن شاء الله. وقال المدائني: كتب علي إلى بعض عماله: رويدًا فكان قد بلغت المدى، وعرضت عليك أعمالك بالمحل الذي ينادي المغتر بالحسرة، ويتمنى المضيع التوبة، والظالم الرجعة. وقال هشيم: أنا عمر بن أبي زائدة، عن الشعبي قال: كان أبو بكر يقول الشعر، وكان عمر يقول الشعر، وكان علي يقول الشعر، كان علي أشهر الثلاثة.
(١) في أ: ذا البائس ينظر أول. (٢) في أ: يعصمه. (٣) في أ: فإن الحرث … المال والعافية. (٤) في أ: يزيد؛ تحريف، وزبيد اليامي من رجال التهذيب. (٥) في أ: العمري. (٦) في أ: عن الولاة. (٧) في أ: سمات. (٨) في أ: تسدد. (٩) في أ: دولتك. (١٠) في أ: من خيرك ومع ذلك في أكثر حاجات.

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