Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ rapporta : « Shurayh ibn Yûnus m’a raconté : Hushaym nous a rapporté, d’après Ismâ‘îl ibn Sâlim, d’après ‘Ammâr al-Ḥaḍramî, d’après Zâdhân Abû ‘Umar, qu’un homme rapporta un propos à ‘Alî. Celui-ci lui dit : “Je ne te crois pas, tu m’as probablement menti.” L’homme répondit : “Je ne l’ai pas fait.” ‘Alî reprit : “Dois-je appeler contre toi, si tu mens ?” Il répondit : “Invoque !” ‘Alî invoqua donc, et cet homme ne se leva pas avant de devenir aveugle.
Ibn Abî al-Dunyâ rapporta également : « Khalaf ibn Sâlim nous a raconté ; Muḥammad ibn Bishr nous a rapporté, d’après Abû Makîn, qui dit : “Mon oncle Abû Umayya et moi passions devant une maison dans le quartier d’un clan de la tribu de Murâd. Il me dit : ‘Vois-tu cette maison ?’ Je répondis : ‘Oui.’ Il me dit : ‘‘Alî est un jour passé ici, tandis qu’on la bâtissait. Un morceau de mur s’est détaché, lui est tombé dessus et l’a blessé. ‘Alî invoqua alors Dieu pour que sa construction ne s’achève jamais.’ Depuis, on n’y a plus ajouté une seule brique. Je fis partie de ceux qui passaient devant, et cette bâtisse ne ressemblait à aucune autre habitation.” »
Ibn Abî al-Dunyâ rapporta encore : « ‘Abd Allâh ibn Yûnus ibn Bukayr al-Shaybânî, d’après son père, d’après ‘Abd al-Ghaffâr ibn al-Qâsim al-Anṣârî, d’après Abû Bashîr al-Shaybânî, raconta : “J’étais présent à la bataille du Chameau (al-Jamal) avec mon maître, et jamais je n’ai vu autant de bras et de jambes tranchés qu’en ce jour. Il ne m’est plus arrivé de passer devant la maison d’al-Walîd sans me remémorer cette bataille.” Il poursuivit : “Al-Ḥakam ibn ‘Utayba m’a informé qu’en ce jour du Chameau, ‘Alî invoqua ainsi : ‘Ô Dieu, prends leurs mains et leurs pieds.’”
Parmi les belles paroles qu’on rapporte de lui — qu’Allâh l’agrée —, Ibn Abî al-Dunyâ dit : « ‘Alî ibn al-Ja‘d nous a rapporté, ‘Amr ibn Shumur m’a rapporté, Ismâ‘îl al-Suddî m’a rapporté avoir entendu Abû Arâka dire : “J’ai prié la prière de l’aube avec ‘Alî. Quand il se tourna sur sa droite (après la prière), il resta pensif, abattu, jusqu’à ce que le soleil s’élève à la hauteur d’une lance sur le mur de la mosquée. Il accomplit alors deux unités de prière, puis retourna sa main en disant : ‘Par Dieu, j’ai connu les Compagnons de Muḥammad (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix), et je ne vois plus rien aujourd’hui qui leur ressemble. Ils se levaient le matin blêmes, poussiéreux, les cheveux en bataille, avec entre les yeux comme des marques semblables aux genoux des chèvres. Ils avaient passé la nuit prosternés et debout pour Dieu, récitant Son Livre, oscillant entre leurs fronts et leurs pieds. À l’aube, lorsqu’ils se souvenaient (de Dieu), ils vacillaient comme l’arbre poussé par un vent violent. Leurs yeux se remplissaient de larmes au point d’inonder leurs vêtements. Par Dieu, c’est comme si les gens avaient passé la nuit dans la distraction…’” Puis ‘Alî se releva, et jamais plus on ne le vit sourire ni rire jusqu’au jour où l’infâme Ibn Muljam, ennemi de Dieu, le mit à mort.” »
Wakî‘ rapporte, d’après ‘Amr ibn Munabbih, d’après Awfâ ibn Dalham, que ‘Alî ibn Abî Ṭâlib — qu’Allâh l’agrée — a dit : « Apprenez la science, vous serez reconnus par elle ; mettez-la en pratique, vous en ferez partie. Il viendra après vous une époque où l’on rejettera neuf dixièmes de la vérité, et n’en réchapperont que ceux qui reviennent sans cesse vers Dieu, en se repentant. Ceux-là sont les chefs de la guidée et les flambeaux du savoir. Ils ne sont ni trop prompts, ni trop bavards, ni excessifs dans leur diffusion (des propos). »