Il acheta une chemise pour trois dirhams alors qu’il était calife et en coupa les manches à hauteur des poignets, puis il dit : « Louange à Dieu qui m’a pourvu de ce vêtement. »
L’imam Aḥmad a rapporté dans son ouvrage « Az-Zuhd » d’après ʿAbbād ibn al-ʿAwām, d’après Hilāl ibn Khabbāb (1), d’après le mawlā d’Abū Ghuṣayn (2), ce qui suit : « J’ai vu ʿAlī sortir et se rendre auprès d’un marchand de tissus, à qui il demanda : “As-tu une chemise sunbulānī ?” L’homme lui en sortit une, ʿAlī l’enfila et constata qu’elle descendait jusqu’à mi-tibia. Il regarda à sa droite et à sa gauche, puis dit : “Je la trouve ajustée comme il faut. Combien coûte-t-elle ?” Le marchand répondit : “Quatre dirhams, ô Commandeur des croyants.” Alors ʿAlī détacha quatre dirhams de son pagne, les lui remit, puis s’éloigna. »
Muḥammad ibn Saʿd (3) rapporte : « Al-Faḍl ibn Dukayn nous a transmis d’après al-Ḥasan ibn Jarmūz, d’après son père, qui a dit : “J’ai vu ʿAlī sortir du palais, vêtu de deux étoffes coptes (4) : un pagne qui lui arrivait à mi-tibia et un manteau relevé presque de la même longueur. Il tenait une baguette à la main, parcourait les marchés et recommandait aux gens la crainte de Dieu ainsi que la bonne pratique du commerce, en disant : ‘Respectez la mesure et le poids.’ Il ajoutait aussi : ‘Ne soufflez pas sur la viande.’” »
ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, dans « Az-Zuhd » (5), rapporte les propos suivants : « Un homme m’a rapporté que Ṣāliḥ ibn Maytham nous raconta : Zayd ibn Wahb al-Juhanī (6) déclara : “Un jour, ʿAlī ibn Abī Ṭālib sortit vers nous, portant deux pièces d’étoffe, l’une en guise de pagne, l’autre comme manteau. Il avait laissé pendre un côté de son pagne et relevé l’autre, qu’il maintenait par un morceau de tissu. Un bédouin passa devant lui et s’exclama : ‘Ô toi, porte donc des vêtements plus somptueux, car tu finiras par mourir ou être tué !’ ʿAlī répondit : ‘Ô bédouin, je ne porte ces deux vêtements que pour être plus préservé de l’orgueil, pour qu’ils me conviennent mieux lors de la prière et parce que cela constitue la pratique (sunna) du croyant.’” »
ʿAbd ibn Ḥumayd (7) a dit : « Muḥammad ibn ʿUbayd nous a rapporté, d’après al-Mukhtār ibn Nāfiʿ, d’après Abū Maṭar, qui a raconté : ‘Un jour, je sortis de la mosquée lorsqu’un homme m’interpela par-derrière : “Relève ton pagne, car c’est plus propre pour ton vêtement et plus pieux pour toi. Coupe aussi tes cheveux, si tu es musulman.” Je me mis à le suivre du regard : il portait un pagne et un manteau, tenait une baguette, tel un bédouin des campagnes. Je demandai : “Qui est cet homme ?” Quelqu’un me répondit : “On voit bien que tu es étranger dans cette ville.” Je répliquai : “En effet, je suis un homme de Baṣra.” Il dit : “C’est ʿAlī ibn Abī Ṭālib, le Commandeur des croyants.” Nous continuâmes de le suivre jusqu’à ce qu’il atteigne la demeure des Banū Abī Muʿayṭ, où il poussait des chameaux. Il dit alors aux marchands : “Vendez, mais ne jurez pas, car le serment peut aider à écouler la marchandise mais fait disparaître la bénédiction.” Puis il alla auprès des vendeurs de dattes, où il trouva une servante en pleurs (8). Il lui demanda : “Pourquoi pleures-tu ?” Elle répondit : “Cet homme m’a vendu des dattes pour un dirham, mais mes maîtres les ont renvoyées, et il refuse de les reprendre.” Alors ʿAlī lui dit…”’ »