Dieu – exalté soit-Il – l’a loué à maintes reprises dans Son Livre sacré. Nous avons déjà cité, dans le hadith rapporté par Abou Hourayra, d’après le Messager de Dieu (ﷺ) : « En vérité, le noble fils du noble, fils du noble, fils du noble, c’est Youssouf, fils de Ya‘qoub, fils d’Isḥaq, fils d’Ibrâhîm » (1).
Les Gens du Livre rapportent qu’Isḥaq, lorsqu’il épousa « Rifqa », fille de Bathouʼîl, du vivant de son père, était âgé de quarante ans. Or, elle était stérile, si bien qu’il invoqua Dieu en sa faveur et elle tomba enceinte. Elle enfanta alors deux garçons jumeaux : l’aîné se nomma « ‘Aysou » – appelé « al-‘Ays » par les Arabes – qui serait le second ancêtre des Romains (2). Le second naquit en agrippant le talon de son frère et reçut pour nom « Ya‘qoub » (Jacob) (3) : c’est Israël, l’ancêtre des Enfants d’Israël.
On dit qu’Isḥaq aimait davantage ‘Aysou, parce qu’il était son premier-né, tandis que Rifqa préférait Ya‘qoub, parce qu’il était le cadet. Lorsqu’Isḥaq eut vieilli et que sa vue s’affaiblit, il désira que son fils ‘Aysou lui préparât un mets à base de gibier, afin de l’en gratifier de sa bénédiction et de l’implorer en sa faveur. ‘Aysou, qui était chasseur, partit à la recherche d’un gibier. Pendant ce temps, Rifqa ordonna à Ya‘qoub d’égorger deux chevreaux choisis parmi son troupeau, d’en cuisiner un plat tel que le père l’affectionnait, puis de l’apporter à Isḥaq avant son frère afin qu’il invoque Dieu pour lui. Elle l’habilla alors des vêtements de son frère et revêtit ses bras et son cou de la peau des chevreaux, car ‘Aysou avait le corps velu, contrairement à Ya‘qoub.
Lorsque Ya‘qoub se présenta à son père et lui offrit le plat, Isḥaq lui demanda : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Ton fils. » Isḥaq l’attira alors à lui, le toucha et déclara : « La voix est celle de Ya‘qoub, mais la peau et les vêtements sont ceux de ‘Aysou. » Quand il eut mangé et achevé son repas, il pria pour lui, demandant qu’il soit le plus illustre de ses frères, que sa parole l’emporte sur eux et même sur les peuples à venir, et qu’il bénéficie d’une large subsistance ainsi que d’une nombreuse descendance.
Aussitôt Ya‘qoub parti, ‘Aysou arriva avec le plat que son père lui avait demandé. Il le lui présenta, et Isḥaq s’étonna : « Qu’est-ce donc, mon fils ? » ‘Aysou répondit : « C’est le mets que tu désirais. » Isḥaq reprit : « N’est-ce pas toi qui m’as déjà servi ce plat à l’instant ? Je l’ai mangé et j’ai prié pour toi ! » ‘Aysou répondit : « Par Dieu, non ! » Il comprit ainsi que son frère l’avait devancé et en conçut une grande rancune. Il est rapporté qu’il menaça de le tuer après la mort de leur père. Toutefois, il sollicita à son tour une bénédiction d’Isḥaq, qui pria pour que sa descendance reçoive une terre rude tout en ayant des ressources et des récoltes abondantes.
Lorsque leur mère apprit qu’‘Aysou menaçait son frère Ya‘qoub, elle ordonna à son fils de se rendre chez son oncle « Laban », dans le pays de Harrân, et d’y demeurer jusqu’à ce que la colère de son frère se fût apaisée. Elle lui recommanda aussi de se marier avec l’une de ses cousines. Rifqa confia cette requête à Isḥaq, qui ordonna à son tour à Ya‘qoub d’agir ainsi, en invoquant Dieu pour lui. Ce même jour, Ya‘qoub (que la paix soit sur lui) quitta donc sa famille. La nuit tomba alors qu’il se trouvait en un certain lieu, et il s’y allongea pour dormir ; il prit