Moussa ibn Qays (1) rapporte, d’après Salama, qu’Ali fit l’aumône de sa bague alors qu’il était en inclinaison (ruku‘), et c’est à ce propos que serait descendu le verset : « En vérité, votre allié, c’est Allah, ainsi que Son Messager et ceux qui ont cru, ceux qui accomplissent la prière et versent l’aumône tout en s’inclinant » [Al-Maidah : 55].
Cependant, cette affirmation n’est correcte sous aucun aspect en raison de la faiblesse de ses chaînes de transmission. Il n’a pas été révélé de passage du Coran au sujet d’Ali de manière spécifique. Tout ce qui est rapporté à ce propos, par exemple au sujet de la parole du Très-Haut : « Tu n’es qu’un avertisseur, et à chaque peuple un guide » [Ar-Ra‘d : 7], ou encore : « Et ils nourrissent, pour l’amour d’Allah, l’indigent, l’orphelin et le captif » [Al-Insân : 8], ou : « Ferez-vous l’égalité entre (la responsabilité de) désaltérer les pèlerins et d’entretenir la Mosquée sacrée, et (celle de) celui qui croit en Allah et au Jour dernier ? » [At-Tawbah : 19], ainsi que d’autres versets et hadiths affirmant qu’ils furent révélés au sujet d’Ali, rien de tout cela n’est valide.
En revanche, à propos de la parole du Très-Haut : « Voilà deux adversaires qui disputaient au sujet de leur Seigneur » [Al-Hajj : 19], il est rapporté dans un hadith authentique (2) que ce passage fut révélé (3) concernant Ali, Hamza et ‘Oubayda du côté des croyants, et ‘Utba, Shayba, ainsi que Walid ibn ‘Utba du côté des mécréants. Quant à ce qui est transmis d’Ibn ‘Abbâs, affirmant qu’aucun autre que lui ne fit l’objet d’autant de révélations qu’Ali, ou encore qu’il y aurait trois cents versets à son propos, cela ne peut être correctement attribué à Ibn ‘Abbâs, ni l’une ni l’autre de ces affirmations. [Il n’est pas non plus exact qu’il aurait dit : « Aucune invocation “Ô vous qui avez cru” n’est descendue sans qu’Ali ibn Abi Tâlib n’en soit la figure de proue (5). » Tout cela n’est pas authentique, n’étant que l’exagération des Râfidha (chiites extrémistes).]
[Autre hadith]
Abou Sa‘îd ibn al-A‘râbî a dit : « Muhammad ibn Zakariyya al-Ghallâbî nous a rapporté, d’après al-‘Abbâs ibn Bakkâr Abou al-Walîd, d’après ‘Abdullâh ibn al-Muthannâ al-Ansârî, d’après son oncle Thoumâma ibn ‘Abdullâh ibn Anas, d’après Anas qui a relaté : “Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) était assis à la mosquée, entouré de ses Compagnons. Ali arriva, salua et resta debout, cherchant un endroit où s’asseoir. Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) le regarda ainsi que ses Compagnons pour voir qui ferait de la place – Abou Bakr était alors assis à la droite du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Abou Bakr se déplaça légèrement et dit : ‘Par ici, Abou al-Hassan.’ Ali s’assit donc entre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et Abou Bakr. Nous vîmes la joie sur le visage du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Puis il se tourna vers Abou Bakr et lui dit : ‘Ô Abou Bakr, seuls les gens de valeur reconnaissent la valeur (des autres) [ceux qui ont des mérites].’” »
Quant au hadith attribué à Ali et Houdhayfa, et rapporté comme parole du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) : « Ali est le meilleur des hommes ; celui qui le rejette a mécru et celui qui l’agrée en est reconnaissant », il s’agit là d’un hadith forgé selon les deux chaînes de transmission. Qu’Allah blâme celui qui l’a fabriqué et inventé (7).