Et c’est ainsi que l’a rapporté Aḥmad(1), d’après Ghundar, d’après Shuʿba, d’après Maymûn Abû ʿAbd Allâh, d’après Zayd ibn Arqam. De nombreux transmetteurs ont également rapporté ce récit de Zayd ibn Arqam, parmi eux : Abû Isḥâq as-Sabîʿî, Ḥabîb al-Isâf, ʿAṭiyya al-ʿAwfî, Abû ʿAbd Allâh ash-Shâmî et Abû aṭ-Ṭufayl ʿÂmir ibn Wâthila.
Maʿrûf ibn Kharrabûdh l’a également rapporté, d’après Abû aṭ-Ṭufayl, d’après Hudhayfa ibn Asîd, qui raconta : « Lorsque le Messager de Dieu revint de son Pèlerinage d’Adieu, il interdit à ses Compagnons de s’installer autour de quelques arbres rapprochés dans le lit d’un oued (al-Baṭḥâʾ). Puis il se rendit à ces arbres, pria en dessous, puis se leva et déclara : “Ô vous les gens, le Très Doux et Parfaitement Informé m’a annoncé qu’aucun Prophète n’avait vécu plus de la moitié de la durée de vie de celui qui l’avait précédé. Je pense qu’il se peut que l’on m’appelle bientôt et que je réponde. Je serai interrogé, et vous serez interrogés. Que direz-vous ?” Ils répondirent : “Nous témoignons que tu as transmis le message, conseillé et tout donné. Que Dieu te récompense en bien.” Il poursuivit : “Ne témoignez-vous pas qu’il n’est d’autre dieu qu’Allah, que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager, que Son Paradis est vrai, que Son Feu est vrai, que la mort est vraie, que l’Heure viendra sans aucun doute, et qu’Allah ressuscitera ceux qui sont dans les tombes ?” Ils répondirent : “Oui, nous l’attestons.” Il dit alors : “Ô Dieu, sois Témoin.” Puis il ajouta : “Ô vous les gens, en vérité Dieu est mon Maître et je suis le Maître des croyants, j’ai sur eux plus d’autorité qu’eux-mêmes. Celui dont je suis le Maître, voici son Maître (en parlant de ʿAlî). Ô Dieu, sois l’Allié de celui qui l’allie et l’Ennemi de celui qui s’oppose à lui.” Ensuite il dit : “Ô gens, je vous précède(2), et vous viendrez à moi au Bassin, un Bassin plus large que la distance entre Buṣrâ et Ṣanʿâʾ, contenant des coupes aussi nombreuses que les étoiles, faites d’argent. Et je vous demanderai, lorsque vous y parviendrez, au sujet des deux Poids précieux (ath-Thaqalayn). Voyez donc comment vous me remplacerez à leur égard : le poids le plus grand est le Livre de Dieu dont l’une des extrémités est dans la Main de Dieu et l’autre dans la vôtre ; attachez-vous-y, ne vous égarez pas et ne le falsifiez pas. Et [le second est] ma descendance (ʿitrî), les gens de ma maison, car le Très Doux et Parfaitement Informé m’a annoncé qu’ils ne se sépareraient jamais, avant de me rejoindre au Bassin.” » Ibn ʿAsâkir(4) l’a rapporté en entier par la voie de Maʿrûf, comme nous l’avons mentionné.
ʿAbd ar-Razzâq(5) a dit : « Maʿmar nous a rapporté, d’après ʿAlî ibn Zayd ibn Judʿân, d’après ʿAdiyy ibn Thâbit, d’après al-Barâʾ ibn ʿÂzib, qui raconta : “Nous sortîmes avec le Messager de Dieu et, lorsque nous arrivâmes à Ghadîr Khumm, il envoya un crieur pour nous réunir. Quand nous fûmes rassemblés, il dit : ‘Ne suis-je pas plus proche de vous que vous-mêmes ?’ Nous répondîmes : ‘Oui, ô Messager de Dieu !’ Il poursuivit : ‘Ne suis-je pas, pour vous, plus proche que vos mères ?’ Nous répondîmes : ‘Oui, ô Messager de Dieu.’ Il reprit : ‘Ne suis-je pas, pour vous, plus proche que vos pères ?’ Nous répondîmes : ‘Oui, ô Messager de Dieu.’ Il répéta : ‘Ne suis-je pas ? ne suis-je pas ? ne suis-je pas ?’ Nous répondîmes : ‘Oui, ô Messager de Dieu !’ Il dit alors : ‘Celui dont je suis le Maître, ʿAlî en est le Maître. Ô Dieu, sois l’Allié de celui qui l’allie et l’Ennemi de celui qui s’oppose à lui.’ ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb s’exclama alors : ‘Félicitations à toi, fils d’Abû Ṭâlib, car tu es devenu aujourd’hui le maître de tout croyant !’” Ibn Mâjah(6) a également rapporté ce récit de la même manière.