Il revint donc avec moi auprès du Messager de Dieu (ﷺ) et dit : « Voici Sa’d ibn Mâlik ibn ash-Shahîd. » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Fais-le entrer. » Je pénétrai alors (dans la pièce), je saluai le Messager de Dieu (ﷺ) et il me rendit mon salut. Je le saluai de nouveau, et il me questionna sur ma personne ainsi que sur ma famille, tout en dissimulant légèrement son interrogation. Je lui dis : « Ô Messager de Dieu, nous avons trouvé chez ‘Alî de la rudesse, un mauvais comportement et une grande sévérité envers nous. » Je me mis à énumérer ce que nous avions subi de sa part, lorsque tout à coup, en plein milieu de mon discours, le Messager de Dieu (ﷺ) me frappa sur la cuisse – j’étais alors tout près de lui – et dit : « Ô Sa’d ibn Mâlik ibn ash-Shahîd, modère tes propos envers ton frère ‘Alî. Par Dieu, je sais qu’il fait partie d’une troupe lancée pour la cause de Dieu. » Je me dis alors en moi-même : « Que ta mère te perde, ô Sa’d ibn Mâlik ! Me voilà, sans le savoir, engagé depuis aujourd’hui dans ce que le Prophète réprouve. Jamais, par Dieu, je ne le critiquerai plus ni en secret ni en public. »
Yûnus ibn Bukayr rapporta, d’après Muhammad ibn Ishâq, qui tenait d’Abân ibn Sâlih, d’après ‘Abd Allâh ibn Dînâr al-Aslamî, lui-même rapportant de son oncle maternel ‘Amr ibn Shâsh al-Aslamî – lequel faisait partie des gens ayant assisté à al-Hudaybiyya – ceci : « J’étais aux côtés de ‘Alî dans l’expédition que le Messager de Dieu (ﷺ) lui avait confiée au Yémen. ‘Alî se montra parfois dur à mon égard, si bien qu’un ressentiment naquit en moi. À mon retour à Médine, je me mis à le critiquer ouvertement, dans les assemblées de la ville et auprès de tous ceux que je rencontrais. Un jour, je me rendis au lieu où le Messager de Dieu (ﷺ) était assis dans la mosquée. Dès qu’il m’aperçut, il me fixa du regard jusqu’à ce que je m’assoie près de lui. Quand je fus à ses côtés, il dit : “Ô ‘Amr, par Dieu, tu m’as offensé !” Je répondis : “Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous revenons ! Je cherche refuge auprès de Dieu et de l’islam contre le fait de t’avoir offensé, ô Messager de Dieu (ﷺ) !” Il me répliqua : “Celui qui a offensé ‘Alî m’a offensé.” »
L’imam Ahmad [1] le rapporta aussi : d’après Ya‘qûb, d’après son père Ibrâhîm ibn Sa‘d, d’après Muhammad ibn Ishâq, d’après Abân ibn Sâlih, d’après al-Fadl ibn Ma‘qil, d’après ‘Abd Allâh ibn Niâz [2], d’après son oncle maternel ‘Amr ibn Shâsh, et le relata de la même façon. Plusieurs autres l’ont également transmis d’après Muhammad ibn Ishâq, par l’intermédiaire d’Abân ibn al-Fadl. De même, Sîf ibn ‘Umar le rapporta d’après ‘Abd Allâh ibn Sa‘îd, d’après Abân ibn Sâlih, avec cette variante de formulation : « Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Celui qui offense un Musulman m’a offensé, et celui qui m’offense a offensé Dieu.” »
‘Abbâd ibn Ya‘qûb ar-Rawâjanî transmit, quant à lui, d’après Mûsâ ibn ‘Umayr, d’après ‘Aqîl ibn Najda ibn Hubayra, d’après ‘Amr ibn Shâsh, que le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Ô ‘Amr, quiconque offense ‘Alî m’offense. »
Abû Ya‘lâ [3] rapporta ceci : « Mahmûd ibn Khaddâsh raconta, d’après Marwân ibn Mu‘âwiyya, d’après Qanân ibn ‘Abd Allâh an-Nahmî, d’après Mus‘ab ibn Sa‘d ibn Abî Waqqâs, d’après son père, qui dit : “J’étais assis dans la mosquée, avec deux hommes qui, comme moi, parlaient en mal de ‘Alî. Le Messager de Dieu (ﷺ) s’approcha de nous, et nous pûmes voir sur son visage un signe de colère. Je cherchai alors protection auprès de Dieu contre Sa colère. Le Prophète (ﷺ) nous interpella : ‘Qu’avez-vous donc avec moi ? Quiconque offense ‘Alî m’offense.’” »