Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’aimais un homme de Quraysh et je ne l’aimais que pour sa haine envers ‘Alî. Cet homme fut alors désigné pour commander une troupe de cavalerie, et je l’accompagnai uniquement à cause de sa haine envers ‘Alî. Nous fîmes des prisonniers et nous écrivîmes au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) pour qu’il nous envoie quelqu’un prélever le cinquième (le khums). Il nous envoya ‘Alî.

On raconte qu’il y avait parmi les captives une servante qui était la meilleure du butin. ‘Alî préleva le quint et procéda au partage, puis il sortit avec la tête encore mouillée. Nous lui dîmes : « Ô Abû al-Hasan, qu’as-tu fait ? » Il répondit : « N’avez-vous pas vu la servante qui était dans le butin ? J’ai partagé et prélevé le quint. Elle était d’abord dans le cinquième, puis elle est revenue à la famille du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), et finalement elle est parvenue à la famille de ‘Alî. Je me suis donc uni à elle. »

L’homme écrivit alors au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue). Je dis : « Envoie-moi en mission ». Il m’envoya donc pour confirmer (le récit). Je me mis à lire la lettre et je dis : « Il dit vrai. » Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) saisit ma main et la lettre, puis il me dit : « Détestes-tu ‘Alî ? » Je répondis : « Oui. » Il dit : « Ne le déteste pas ; et si tu l’aimes, accrois encore ton amour pour lui. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, la part du khums qui revient à la famille de ‘Alî est meilleure qu’une simple servante. » Après ces paroles du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), nul ne m’était plus cher que ‘Alî. »

‘Abd Allâh (qu’Allâh l’agrée) dit : « Par Celui en dehors de qui il n’est point de divinité, il n’y a personne entre moi et le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) dans ce récit, si ce n’est le père de Burayda. » Ce récit est rapporté uniquement par Ahmad. Plusieurs personnes ont également rapporté ce hadith d’après Abû al-Jawwâb, d’après Yûnus ibn Abî Ishâq, d’après son père, d’après al-Barâ’ ibn ‘Âzib, suivant la version de Burayda ibn al-Husayb, et cela est jugé « étrange » (gharîb). At-Tirmidhî (1) l’a également rapporté, selon ‘Abd Allâh ibn Abî Ziyâd, d’après Abû al-Jawwâb al-Ahwass ibn Jawwâb, et il a dit : « Il est bon et étrange (hasan gharîb), nous ne le connaissons que par cette voie. »

L’imam Ahmad (2) a dit : « ‘Abd ar-Razzâq nous a rapporté, d’après Ja‘far ibn Sulaymân, qui a entendu Yazîd ar-Rishk, d’après Mutarrif ibn ‘Abd Allâh, d’après ‘Imrân ibn Husayn : le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) envoya une expédition militaire et désigna ‘Alî ibn Abî Tâlib pour la commander. ‘Alî fit quelque chose au cours de ce voyage, et quatre des compagnons de Muhammad (que Dieu le bénisse et le salue) s’accordèrent pour faire connaître son acte au Prophète. » ‘Imrân raconta : « Lorsque nous rentrions de voyage, nous commencions par aller saluer le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). » Il poursuivit : « Ils entrèrent donc auprès de lui. L’un d’eux se leva et dit : “Ô Messager de Dieu, ‘Alî a fait ceci et cela.” Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) détourna son visage. Puis le deuxième se leva et répéta la même chose, mais le Prophète se détourna encore. Puis le troisième fit de même, et enfin le quatrième tint le même discours. Alors le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) se tourna vers le quatrième, le visage changé, et déclara : “Laissez ‘Alî, laissez ‘Alî, laissez ‘Alî ! ‘Alî est de moi et je suis de lui. Il est le protecteur de tout croyant après moi.” »

At-Tirmidhî et an-Nassâ’î (3) l’ont également rapporté d’après Qutayba, selon Ja‘far ibn Sulaymân. La version d’at-Tirmidhî est plus longue et mentionne qu’il s’était uni à une captive. Puis il a jugé ce hadith « bon et étrange (hasan gharîb) », spécifiant : « Nous ne le connaissons que par le hadith de Ja‘far ibn Sulaymân » (4).

(1) Sunan at-Tirmidhī (n° 3725) dans la section des mérites. (2) Musnad de l'imam Aḥmad (vol. 4, pp. 437-438). (3) Sunan at-Tirmidhī (n° 3712) dans la section des mérites, et Sunan an-Nasā’ī (vol. 5, p. 132), n° 8474 dans les caractéristiques. (4) Jaʿfar ibn Sulaymān Ṣadūq est cependant un chiite connu, et l’imam al-Ḥāfiẓ Ibn ʿAdī a classé ce ḥadīth parmi les ḥadīths rejetés de Jaʿfar (al-Kāmil, vol. 2, p. 568). C’est sans doute la raison qui a poussé at-Tirmidhī à se contenter de l’améliorer tout en le trouvant étonnant.
وأحببت رجلًا من قريش لم أحبه إلا على بغضه عليًا، قال فبعث ذلك الرجل على خيل قال فصحبته ما أصحبه إلا على بغضه عليًا، فأصبنا سبيًا، فكتبنا إلى رسول الله ﷺ أن ابعث إلينا من يخمِّسه، فبعث إلينا عليًا، قال: وفي السبي وصيفة هي من أفضل السبي - فخمَّس وقَسَم -، فخرج ورأسه يقطر، فقلنا: يا أبا الحسن ما هذا؟ قال: ألم تروا إلى الوصيفة التي كانت في السبي؟ فإني قَسَمْتُ وخمَّستُ فصارت في الخمس، ثم صارت في أهل بيت النبي ﷺ ، ثم صارت في آل علي فوقعت بها. قال: وكتب الرجل إلى نبي الله ﷺ فقلت: ابعثني، فبعثني مصدقًا، قال: فجعلت أقرأ الكتاب وأقول: صدَقَ، قال: فأمسك النبي ﷺ بيدي والكتاب قال: "أتبغض عليًا؟ " قال: قلت: نعم! قال: "فلا تبغضهُ وإن كنت تحبه فازدد له حبًا، فوالذي نفسي بيده لنصيب آل علي في الخمس أفضل من وصيفة" قال: فما كان في الناس أحد بعد قول رسول الله ﷺ أحب إليَّ من علي. قال عبد الله: فوالذي لا إله غيره ما بيني وبين النبي ﷺ في هذا الحديث غير أبي بريدة. تفرد به أحمد، وقد روى غير واحد هذا الحديث عن أبي الجوَّاب، عن يونس بن أبي إسحاق، عن أبيه، عن البراء بن عازب، نحو رواية بريدة بن الحصيب وهذا غريب. وقد رواه الترمذي (١) : عن عبد الله بن أبي زياد، عن أبي الجوَّاب الأحوص بن جوَّاب به، وقال: حسن غريب لا نعرفه إلا من حديثه. وقال الإمام أحمد (٢) : حدَّثنا عبد الرزاق، حدَّثنا جعفر بن سليمان، حدَّثني يزيد الرشك، عن مُطَرِّف بن عبد الله، عن عمران بن حصين قال: بعث رسول الله سرية وأمَّر عليها علي بن أبي طالب، فأحدث شيئًا في سفره، فتعاقد أربعة من أصحاب محمد أن يذكروا أمره إلى رسول الله ﷺ قال عمران: وكنا إذا قدمنا من سفر بدأنا برسول الله، فسلمنا عليه، قال: فدخلوا عليه فقام رجل منهم فقال: يا رسول الله إن عليًا فعل كذا وكذا؟ فأعرض عنه، ثم قام الثاني، فقال يا رسول الله إن عليًا فعل كذا وكذا، فأعرض عنه، ثم قام الثالث فقال: يا رسول الله إن عليًا فعل كذا وكذا، ثم قام الرابع فقال: يا رسول الله إن عليًا فعل كذا وكذا، قال: فأقبل رسول الله على الرابع وقد تغيّر وجهه وقال: "دعوا عليًا، دعوا عليًا، دعوا عليًا، إن عليًا مني وأنا منه، وهو وليُّ كلِّ مؤمن بعدي" . وقد رواه الترمذي والنسائي (٣) عن قتيبة، عن جعفر بن سليمان، وسياق الترمذي مطوَّل وفيه: أنه أصاب جارية من السبي. ثم قال: حسن غريب لا نعرفه إلا من حديث جعفر بن سليمان (٤) .
(١) سنن الترمذي (٣٧٢٥) في المناقب. (٢) مسند الإمام أحمد (٤/ ٤٣٧ - ٤٣٨). (٣) سنن الترمذي (٣٧١٢) في المناقب، وسنن النسائي (٥/ ١٣٢) رقم (٨٤٧٤) في الخصائص. (٤) جعفر بن سليمان صدوق ولكنه شيعي معروف، وقد عد الحافظ ابن عدي هذا الحديث من منكرات أحاديث جعفر هذا (الكامل ٢/ ٥٦٨)، ولعل هذا هو السبب الذي حدا بالترمذي أن يقتصر على تحسينه ويستغربه.

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