Ali dit : « Puis-je partir avec toi ? » Le Prophète (ﷺ) lui répondit : « Non ! » Alors Ali se mit à pleurer. Le Prophète (ﷺ) lui dit alors : « Ne te satisfait-il pas d’être pour moi ce que fut Hâroûn (Aaron) pour Mûsâ (Moïse), sauf que tu n’es pas prophète ? Il ne convient pas que je parte sans que tu sois mon successeur. »
Le Prophète (ﷺ) déclara aussi à Ali : « Tu es l’allié (walî) de tout croyant après moi. » Il ferma ensuite toutes les portes de la mosquée, à l’exception de celle d’Ali, qui entrait alors dans la mosquée même en état d’impureté majeure, car c’était son unique chemin. Il dit également : « Celui dont je suis le maître (mawlâ), Ali en est aussi le maître. »
Dieu nous a informés dans le Coran qu’Il s’est déjà satisfait des Compagnons de l’Arbre (ceux qui prêtèrent le serment sous l’arbre) et qu’Il connaissait ce qu’il y avait dans leurs cœurs. Avons-nous jamais appris qu’Il se soit irrité contre eux par la suite ?
De même, le Prophète de Dieu (ﷺ) dit à ʿUmar, lorsque celui-ci demanda la permission de frapper de son glaive ce qu’il considérait être un hypocrite – en parlant de Hâtib ibn Abî Baltaʿa – : « Comment peux-tu savoir ? Il se peut que Dieu ait jeté Son regard sur les gens de Badr et leur ait dit : “Faites ce que vous voulez, Je vous ai pardonné.” » (1)
L’imâm at-Tirmidhî (2) en a rapporté une partie par la voie de Shuʿbah, d’après Abû Balj Yaḥyâ ibn Abî Sulaym, bien qu’il ait trouvé ce hadith peu commun. An-Nasâ’î (3) en a également rapporté une partie par l’intermédiaire de Muḥammad ibn al-Muthannâ, d’après Yaḥyâ ibn Ḥammâd.
[Dans le récit d’Imrân] Al-Bukhârî a noté dans son ouvrage « At-Târîkh » : « ʿUmar ibn ʿAbd al-Wahhâb ar-Riyâhî nous a rapporté, en citant Muʿtamir ibn Sulaymân, d’après son père, lui-même d’après Manṣûr, d’après Ribʿî, d’après ʿImrân ibn Ḥuṣayn. » ʿImrân raconta que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Je remettrai l’étendard à un homme qui aime Dieu et Son Messager, et que Dieu et Son Messager aiment. » Puis Il appela Ali, qui souffrait d’une infection aux yeux. Il lui appliqua un peu de sa salive sur les yeux, et lui confia l’étendard. Ali ne sentit plus de gêne et ne s’en plaignit plus par la suite. Abû al-Qâsim al-Baghawî rapporta cette tradition d’après Isḥâq ibn Ibrâhîm, (de) Abû Mûsâ al-Harawî, d’après ʿAlî ibn Hâshim, d’après Muḥammad ibn ʿAlî, d’après Manṣûr, d’après Ribʿî, d’après ʿImrân. An-Nasâ’î (4) l’a également rapportée via ʿAbbâs al-ʿAnbarî, d’après ʿUmar ibn ʿAbd al-Wahhâb.
[Selon la version d’Abû Saʿîd à ce sujet] L’imâm Aḥmad (5) a dit : « Muṣʿab ibn al-Muqaddâm et Ḥujayn ibn al-Muthannâ nous ont rapporté : “Israïl nous a transmis, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAṣmah, qui déclara avoir entendu Abû Saʿîd al-Khudrî dire : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) prit l’étendard et le secoua, puis il dit : “Qui prendra cet étendard en assumant pleinement son droit ?”’ Alors un homme (Untel) s’avança et dit : ‘Moi.’ Le Prophète (ﷺ) répondit : “Va de l’avant.” Puis un autre homme s’avança et dit : ‘Moi.’ Le Prophète (ﷺ) répondit encore : “Va de l’avant.” (6)” »