«Il n’est pas un fuyard.» Salama raconta : «Le Messager de Dieu appela ‘Alî alors qu’il était atteint d’une inflammation oculaire. Il cracha dans ses yeux, puis lui dit : “Prends cette bannière et pars avec elle jusqu’à ce que Dieu t’accorde la victoire.”» Salama continua : «Par Dieu, il s’élança au pas de course, tandis que nous le suivions de près. Il planta alors sa bannière sur un monceau de pierres au pied de la forteresse. De son sommet, un Juif l’aperçut et l’interpella : “Qui es-tu ?” Il répondit : “Je suis ‘Alî ibn Abî Tâlib.” Le Juif répliqua : “Vous l’emportez, je le jure par Celui qui a fait descendre la Thora sur Moïse !” Et ‘Alî ne revint pas avant que Dieu ne lui accordât la victoire.»
Ce récit fut également rapporté par ‘Ikrima ibn ‘Ammâr, d’après ‘Atâ’, l’affranchi d’as-Sâ’ib, d’après Salama ibn al-Akw‘, en précisant que c’était lui (Salama) qui avait conduit ‘Alî, alors qu’il était encore souffrant, jusqu’à ce que le Messager de Dieu crache dans ses yeux et qu’il fût guéri.
[Version de Burayda ibn al-Husayb]
L’imam Ahmad (1) dit : «Zayd ibn al-Habbâb nous rapporta : “Al-Husayn ibn Wâqid nous raconta : ‘Abd Allah ibn Burayda me raconta d’après son père, Burayda ibn al-Husayb, qui dit : ‘Nous assiégeâmes Khaybar ; Abû Bakr prit l’étendard, puis revint sans avoir obtenu la victoire. Le lendemain, ‘Umar le prit à son tour, sortit, puis revint sans être victorieux non plus. Et ce jour-là, nous étions dans une grande détresse. Alors, le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Demain, je donnerai l’étendard à un homme qu’Allah et Son Messager aiment, et il ne reviendra pas avant que la victoire ne lui soit accordée.” Nous passâmes la nuit certains que la conquête aurait lieu le lendemain.” Burayda poursuivit : “Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) eut accompli la prière de l’aube, il se leva et appela ‘Alî, qui souffrait d’une inflammation oculaire ; il cracha dans ses yeux et lui remit l’étendard, et la victoire lui fut accordée.”» Burayda ajouta : «Je faisais partie de ceux qui se tenaient prêts à le recevoir.»
An-Nassâ’î (4) rapporte ce hadith par le biais d’al-Husayn ibn Wâqid, avec un texte plus long. L’imam Ahmad (5) le relate également par Muhammad ibn Ja‘far et Rûh, tous deux d’après ‘Awf, d’après Maymûn Abû ‘Abd Allah al-Kurdî, d’après ‘Abd Allah ibn Burayda, d’après son père, selon une version analogue. An-Nassâ’î (6) relate aussi la même tradition par Bendâr et Ghandar, incluant des vers.
[Version de ‘Abd Allah ibn ‘Umar]
Hushaym le rapporte d’al-‘Awâm ibn Hawshab, d’après Habîb ibn Abî Thâbit, d’après Ibn ‘Umar, et il en donne une version similaire à celle de Burayda. Kathîr an-Nawâ le rapporte aussi par Jumay‘ ibn ‘Umayr (7), d’après Ibn ‘Umar, qui ajoute qu’‘Alî déclara : «Après ce jour, je ne souffris plus jamais d’inflammation oculaire.» L’imam Ahmad le rapporte également par Wakî‘, d’après Hishâm ibn Sa‘d, d’après ‘Umar ibn Usayd, d’après Ibn ‘Umar, comme il sera mentionné plus loin.»