Zubayr ibn Bakkâr a rapporté : « ʿAlî ibn al-Mughîra m’a transmis, de la part de Maʿmar ibn al-Muthannâ, que le jour de Badr, l’étendard des polythéistes était aux mains de Ṭalḥa ibn Abî Ṭalḥa, et que ʿAlî ibn Abî Ṭâlib le tua. À ce sujet, al-Ḥajjâj ibn ʿAllât as-Sulamî dit (dans le mètre al-kâmil) :
“Par Dieu, quel grand péché que de s’opposer à son combat –
Je veux dire le fils de Fâṭima, le noble et illustre.
Tes mains lui ont asséné un coup rapide,
Qui a laissé Ṭulayḥa gisant à la vue de tous.
Tu as lancé un assaut de vaillant guerrier et les as dispersés
Par la vérité, tandis qu’ils vacillaient dans la confusion.
Tu as abreuvé ton sabre de sang, sans jamais le retenir
Tant qu’il demeurait altéré, jusqu’à le rassasier.” (1)
Il (ʿAlî) fut présent lors du Serment de Ridwân, au sujet duquel Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Dieu a certes agréé les croyants lorsque, sous l’arbre, ils te prêtaient serment » (Al-Fath : 18). Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a également déclaré : « Nul parmi ceux qui ont prêté serment sous l’arbre n’entrera en Enfer. »
Il est établi dans les recueils authentiques et ailleurs que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit, le jour de Khaybar : « Demain, je remettrai l’étendard à un homme qui aime Dieu et Son Messager, et que Dieu et Son Messager aiment ; il n’est pas un fuyard, et Dieu accordera la victoire par ses mains. » Les gens passèrent la nuit à se demander à qui l’étendard serait donné, au point que ʿUmar dit : « Je n’ai jamais désiré le commandement, sauf ce jour-là. » Le lendemain matin, le Prophète (ﷺ) le remit à ʿAlî, et Dieu accorda la victoire par ses mains.
Ce hadith a été rapporté par plusieurs transmetteurs, parmi lesquels : Mâlik, al-Ḥasan, Yaʿqûb ibn ʿAbd ar-Raḥmân, Jarîr ibn ʿAbd al-Ḥamîd, Ḥammâd ibn Salama, ʿAbd al-ʿAzîz ibn al-Mukhtâr et Khâlid ibn ʿAbd Allâh ibn Suhayl, d’après son père, lui-même d’après Abû Hurayra ; Muslim l’a recueilli (3). Ibn Abî Ḥâzim (d’après Abû Ḥâzim), d’après Sahl ibn Saʿd, l’a également rapporté ; ils l’ont tous deux inclus dans leurs recueils authentiques (4). Dans son récit, il ajoute : « Le Messager de Dieu (ﷺ) le fit appeler alors qu’il souffrait d’une forte douleur à l’œil ; il appliqua un peu de salive sur ses yeux, si bien qu’il guérit. »
Ce même événement fut également transmis par Iyâs ibn Salama ibn al-Akwac, d’après son père, et par Yazîd ibn Abî ʿUbayd, d’après son affranchi Salama ; ce hadith figure aussi dans les deux recueils authentiques (5).
Muḥammad ibn Isḥâq a dit : « Buraida m’a raconté, d’après Sufyân, d’après Abû Farwa al-Aslamî, d’après son père, d’après Salama ibn ʿAmr ibn al-Akwac : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) envoya Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq avec son étendard contre l’une des forteresses de Khaybar ; il combattit puis revint sans avoir obtenu la victoire, malgré une grande peine. Puis il envoya ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb, qui combattit à son tour, mais revint également sans victoire, épuisé. C’est alors que le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Demain, je donnerai l’étendard à un homme qui aime Dieu et Son Messager, et que Dieu et Son Messager aiment ; Dieu accordera la victoire par ses mains.”’ »