À Bagdad, à l’époque des Banû Bûyah, vers l’an quatre cents (comme nous le signalerons quand nous y parviendrons, si Dieu le veut), quelque vingt jours plus tard, on accroche des vêtements de bure aux portes des boutiques et on répand de la paille ainsi que de la cendre. Les enfants et les femmes parcourent alors les rues de la ville, se lamentant pour al-Husayn ibn ‘Alî le jour de ‘Âshûrâ, au matin après avoir lu le récit fallacieux de son assassinat (1). Nous exposerons la vérité au sujet de sa mise à mort et la façon dont l’affaire s’est effectivement déroulée, si Dieu le Très-Haut le veut.
Il est arrivé que certains membres des Banû Umayya critiquent ‘Alî pour son surnom (2) « Abû Turâb », alors que ce nom lui fut donné par le Messager de Dieu (ﷺ), comme cela est établi dans les deux Ṣaḥîḥ (3), d’après Sahl ibn Sa‘d : un jour, ‘Alî se fâcha contre Fâtima et se rendit à la mosquée. Le Messager de Dieu (ﷺ) vint alors et le trouva endormi, le corps couvert de poussière. Il se mit à ôter la poussière de son corps et s’exclama : « Lève-toi, Abû Turâb (4). »
[Au sujet du ḥadîth sur la fraternisation]
Al-Ḥâkim a dit : « Abû Bakr Muḥammad ibn ‘Abd Allâh al-Ḥafîẓ nous a rapporté, celui-ci ayant reçu d’al-Ḥusayn (5) ibn Ja‘far al-Qurashî, qui tenait lui-même d’al-‘Alâ’ ibn ‘Amr al-Ḥanafî, lequel transmit d’Ayyûb ibn Mudrik, d’après Makhûl, d’après Abû Umâma, que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) établit la fraternisation entre les gens, il se fraternisa avec ‘Alî. » Il poursuit : « Nous n’avons consigné ce ḥadîth de Makhûl que de ce seul canal, et les maîtres aimaient ce ḥadîth parce qu’il provenait d’un narrateur originaire du Shâm. » J’ajoute : il y a de quoi douter de l’authenticité de ce ḥadîth.
On trouve aussi, selon un ḥadîth (6) transmis par Anas et ‘Umar, que le Messager de Dieu (ﷺ) aurait dit : « Tu es mon frère en ce monde et dans l’au-delà. » De même, par la voie de Zayd ibn Abî Awfâ, d’Ibn ‘Abbâs, de Makhduj ibn Zayd ad-Dahhâlî, de Jâbir ibn ‘Abd Allâh, d‘Âmir ibn Rabî‘a, d’Abû Dharr et de ‘Alî lui-même, on rapporte des propos semblables. Toutefois, l’ensemble de ces chaînes de transmission est faible, et aucune d’elles ne constitue une preuve solide. Dieu est plus savant.
Il est aussi parvenu par plusieurs voies qu’il aurait dit : « Je suis le serviteur de Dieu et le frère de Son Messager ; nul autre après moi ne peut l’affirmer sans être un menteur (7). »