«Son histoire»
(1) En remontant la chaîne de transmission de ces récits, quiconque souhaite les vérifier doit se référer à son livre d’histoire. C’est Dieu qui guide vers ce qui est correct. At-Tirmidhî et An-Nasâ’î ont rapporté [d’après le hadith de Shu‘ba]
(2) d’après ‘Amr ibn Murra, d’après Talha ibn Yazîd
(3) d’après Zayd ibn Arqam qui a dit : «Le premier à embrasser l’Islam est ‘Alî.» At-Tirmidhî a qualifié ce hadith de bon (hassan) et d’authentique (sahîh).
‘Alî fut auprès du Messager de Dieu (ﷺ) tout le temps qu’il resta à La Mecque. Il vivait chez lui
(4) et était sous sa protection du vivant de son père [Abû Tâlib], lorsqu’une disette atteignit ce dernier alors qu’il avait une famille nombreuse. Par la suite, ‘Alî bénéficia toujours de la prise en charge du Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à l’Hégire. Le Messager de Dieu (ﷺ) le laissa ensuite à La Mecque pour qu’il remette les dépôts (– paix sur lui –) que la population lui confiait, car il était réputé dans son peuple pour être «l’homme digne de confiance». Les gens lui remettaient [de l’argent et] des objets précieux. Après cela, ‘Alî migra pour rejoindre le Messager de Dieu (ﷺ) et l’accompagna
(5) jusqu’à son décès, alors qu’il était satisfait de lui. ‘Alî fut présent à toutes les batailles du Prophète (ﷺ), et il vécut à ses côtés des situations valeureuses en temps de guerre (ainsi que nous l’avons relaté dans la Sîra, ce qui nous dispense d’en répéter les détails ici, notamment le jour de Badr, d’Uhud, du Fossé, de Khaybar, etc.). Lorsque le Prophète (ﷺ) le nomma gouverneur de Médine lors de la campagne de Tabûk, il (ﷺ) lui déclara :
«Ne te satisfais-tu pas d’être pour moi ce qu’Hârûn fut pour Mûsâ, à ceci près qu’il n’y aura pas d’autre prophète après moi ?»
(6) Nous avons mentionné le mariage de ‘Alî avec Fâtima, la fille du Messager de Dieu (ﷺ), et son entrée auprès d’elle après la bataille de Badr, de sorte qu’il n’est pas nécessaire d’y revenir.
Lorsque le Prophète (– paix sur lui –) revint du Pèlerinage d’adieu, alors qu’il se trouvait entre La Mecque et Médine, à un endroit appelé Ghadîr Khumm, il s’adressa aux gens le douzième jour de Dhû al-Hijja, et dit au cours de son discours :
«Celui dont j’étais le maître (mawla), ‘Alî en est également le maître.»
(7) Dans certaines variantes, on ajoute : «Ô Dieu, sois l’allié de celui qui l’allie et l’ennemi de celui qui lui est hostile, soutiens celui qui le soutient et délaisse celui qui le délaisse.» Toutefois, la version avérée est la première. Si le Prophète (ﷺ) fit ce sermon et mit ainsi en évidence la valeur de ‘Alî, c’est selon Ibn Ishâq parce qu’il l’avait envoyé au Yémen en tant qu’émir, tout comme Khâlid ibn al-Walîd, puis ‘Alî rejoignit le Messager de Dieu (ﷺ) à La Mecque durant le Pèlerinage d’adieu. Or, il avait été l’objet de critiques (8) de la part de certains de ceux qui l’accompagnaient à cause de la reprise, par ‘Alî, de dépouilles qu’un de ses délégués avait distribuées avant de rentrer à la hâte vers le Prophète (ﷺ). Lorsque le Pèlerinage d’adieu fut achevé, le Prophète voulut ôter tout soupçon pesant sur ‘Alî à propos de ces accusations infondées. Les Râfidites (ou chiites extrémistes) ont fait de ce jour une fête, durant laquelle ils battaient du tambour.»