Al-Zubayr ibn Bakkâr (1) a dit : « Elle est la première Hachémite à avoir enfanté un Hachémite. Elle s’est convertie à l’Islam et a émigré. »
Quant à son père, c’était l’oncle germain et compagnon, Abû Tâlib, dont le nom est ‘Abd Manâf. L’imam Ahmad ibn Hanbal, ainsi que plusieurs spécialistes de la généalogie et des récits historiques, l’ont clairement affirmé (2).
Les Râfidites ont prétendu que le nom d’Abû Tâlib était ‘Imrân et qu’il était visé par la parole de Dieu –Exalté soit-Il– : « Certes, Dieu a élu Adam, Noé, la famille d’Abraham et la famille de ‘Imrân au-dessus des mondes » [Al ‘Imrân : 33]. Ils se sont grandement trompés et n’ont pas médité le Coran avant de proférer cette calomnie, car ils l’interprètent selon un sens qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu –Exalté soit-Il. En effet, aussitôt après ce verset, Dieu dit : « Quand la femme de ‘Imrân dit : “Seigneur, je T’ai voué ce qui est dans mon ventre, (entièrement) consacré [à Ton service].” » [Al ‘Imrân : 35]. Il est ensuite fait mention de la naissance de Marie, fille de ‘Imrân –que la paix soit sur elle–, ce qui est tout à fait clair, louange à Dieu.
Abû Tâlib éprouvait un grand amour naturel pour le Messager de Dieu –que la prière et la paix de Dieu soient sur lui–, mais il ne crut jamais en lui et mourut dans sa propre religion, comme cela est établi dans le Sahîh d’al-Bukhârî (3). Ce dernier rapporte, via Sa‘îd ibn al-Musayyib, d’après son père, que lorsque le Prophète –que la prière et la paix de Dieu soient sur lui– invita son oncle Abû Tâlib, alors sur le point de mourir, à dire : « Il n’est de dieu que Dieu », Abû Jahl et ‘Abdullâh ibn Abî Umayya lui dirent : « Ô Abû Tâlib, vas-tu renier la religion de ‘Abd al-Muttalib ? » Dès lors, la dernière parole d’Abû Tâlib fut qu’il demeurait sur la religion de ‘Abd al-Muttalib, et il refusa de prononcer : « Il n’est de dieu que Dieu. » Le Messager de Dieu –que la prière et la paix de Dieu soient sur lui– se retira en disant : « Je continuerai à implorer le pardon pour toi tant que je n’y serai pas interdit. » À ce sujet, Dieu –Exalté soit-Il– fit descendre : « Tu [Muhammad] ne diriges pas qui tu aimes, mais c’est Dieu qui guide qui Il veut. Il connaît mieux que quiconque ceux qui sont disposés à suivre la bonne direction. » [Al-Qasas : 56]. Puis à Médine, Il révéla : « Il n’appartient pas au Prophète ni aux croyants d’implorer le pardon pour les associateurs, fussent-ils des proches, après qu'il leur est apparu clairement que ceux-ci sont les hôtes de la Fournaise (113). Et la demande de pardon qu’Abraham formula pour son père ne fut qu’en vertu d’une promesse qu’il lui avait faite. Lorsqu’il lui apparut clairement qu’il était un ennemi de Dieu, il se désavoua de lui. Abraham était certes plein de mansuétude et indulgent. » [At-Tawbah : 113-114]. Nous avons déjà établi ce fait au début de l’histoire de la mission prophétique et attiré l’attention sur l’erreur des Râfidites qui prétendent qu’il (Abû Tâlib) s’était converti, alors qu’ils ne font que l’inventer sans aucune preuve, en contradiction avec des textes explicites (4).
Quant à ‘Alî –que Dieu l’agrée–, il embrassa l’Islam très tôt, alors qu’il n’avait pas atteint la puberté, d’après l’avis le plus connu. On dit de lui qu’il fut le premier enfant à se convertir à l’Islam, tout comme Khadîja fut la première femme, Abû Bakr as-Siddîq le premier des hommes libres et Zayd ibn Hâritha le premier des affranchis.
At-Tirmidhî et Abû Ya‘lâ (5) ont rapporté, d’après Ismâ‘îl ibn as-Saddî, d’après ‘Alî ibn ‘Âbis (6), d’après Muslim