Ali Ibn Abi Talib fut tué. Alors, il (Ibn Muljam) l’épousa (Qatam) sur cette base. Quand il consomma le mariage avec elle, elle lui dit : « Ô toi, tu as satisfait ton besoin auprès de moi ; à présent, satisfais le mien. » Il sortit donc, revêtu de son armure, et elle sortit avec lui. On dressa pour lui une tente dans la mosquée, puis Ali sortit en proclamant : « La prière, la prière ! » Abd al-Rahmân le suivit et le frappa de son épée au sommet de la tête. Alors, le poète déclara — et Ibn Jarîr mentionne qu’il s’agit d’Ibn Mayyâs al-Murâdî :
(1) « Je n’ai jamais vu de dot qu’un homme généreux ait offerte, semblable à celle de Qatam, clairement énoncée, sans ambiguïté ;
(2) Trois mille pièces, un esclave, une chanteuse et le meurtre d’Ali avec l’épée affûtée.
(3) Nulle dot ne fut plus chère que celle d’Ali, si élevée fût-elle ; et nulle mise à mort n’égale celle d’Ibn Muljam. »
Ibn Jarîr attribua ces vers à Ibn Mayyâs al-Murâdî et en cita d’autres au sujet de ceux qui tuèrent Ali :
« Nous avons frappé le bienfaiteur, Haïdar (Ali),
le père de Hasan, d’un coup (à la tête) qui l’a fendu.
Nous avons arraché sa royauté à son ordre établi
d’un coup d’épée, alors qu’il élevait sa stature et s’enorgueillissait.
Nous sommes nobles dans la mêlée, fiers et invincibles
lorsque la mort s’enroule autour de la mort et s’en revêt. »
Ibn Muljam fut par la suite loué par certains kharijites tardifs de l’époque des Tâbi‘ûn, en particulier ‘Imrân ibn Hittân, qui était un grand dévot et qui rapportait des traditions d’après Aïcha dans le Sahîh al-Bukhârî. Il prononça, en faisant l’éloge d’Ibn Muljam pour son meurtre d’Ali :
« Ô coup (d’épée) d’un homme pieux, qui ne voulait par là
qu’atteindre la satisfaction du Maître du Trône !
Chaque fois que j’y repense, je le considère
comme le plus accompli de toute la création aux yeux de Dieu. »