Dieu, Dieu à l’égard des orphelins : ne les laissez pas affamés et ne permettez pas qu’ils soient négligés en votre présence. Dieu, Dieu à propos de vos voisins, car ils sont la recommandation de votre Prophète. Il ne cessa de vous y enjoindre, au point que nous pensions qu’il finirait par les faire hériter. Dieu, Dieu à propos du Coran : que nul ne vous devance dans sa mise en pratique. Dieu, Dieu à propos de la prière, car c’est la colonne de votre religion. Dieu, Dieu à propos de la Maison de votre Seigneur : qu’elle ne soit jamais désertée par vous tant que vous vivrez. En effet, si vous l’abandonnez, vous ne serez pas épargnés.
Dieu, Dieu à propos du mois de Ramadan, car son jeûne est un rempart contre le Feu. Dieu, Dieu à propos du combat sur la voie de Dieu par vos biens et vos personnes. Dieu, Dieu à propos de la Zakat, car elle éteint la colère du Seigneur. Dieu, Dieu à propos de la protection (dhimma) de votre Prophète ; que nul ne soit opprimé en votre présence. Dieu, Dieu à propos des Compagnons de votre Prophète, car le Messager de Dieu (ﷺ) les a recommandés. Dieu, Dieu à propos des pauvres et des indigents : associez-les à votre subsistance.
Dieu, Dieu à propos de ceux que votre main possède, car la dernière parole énoncée par le Messager de Dieu (ﷺ) fut : « Je vous enjoins de prendre soin des deux catégories de faibles : vos femmes et ceux que vos mains possèdent. » La prière, la prière ! Ne craignez pas, en ce qui concerne Dieu, le blâme du blâmeur : Il vous suffira contre ceux qui vous veulent du mal et vous agressent. Parlez aux gens de la meilleure manière, comme Dieu vous l’a ordonné. Ne négligez pas le commandement du bien et l’interdiction du mal, sinon le pouvoir reviendra aux plus mauvais d’entre vous, puis vous invoquerez Dieu et Il ne vous exaucera pas.
Entretenez des liens de solidarité et d’entraide, et gardez-vous de la haine mutuelle, de la rupture et de la division. Coopérez dans la bienfaisance et la piété, et ne coopérez pas dans le péché et l’hostilité. Craignez Dieu, car Dieu est dur en châtiment. Que Dieu vous préserve, ô gens de la Maison, et qu’Il préserve pour vous votre Prophète. Je vous confie à Dieu et vous adresse la paix et la miséricorde de Dieu. (4)
Ensuite, il ne prononça plus que « Il n’y a de dieu que Dieu » jusqu’à ce qu’il rende l’âme, au mois de Ramadan de l’an quarante. Ses fils al-Ḥasan et al-Ḥusayn, ainsi que ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar, procédèrent à sa toilette funéraire. Al-Ḥasan dirigea la prière pour lui et prononça sur lui neuf takbīrs.
L’imām Aḥmad (5) a dit : « Nous a rapporté Abū Aḥmad az-Zubayrī ; il nous a rapporté Shurayk, d’après ʿImrān ibn Ẓabiyān, d’après Abū Tiḥyā (6) : lorsque Ibn Muljam frappa ʿAlī, celui-ci leur dit : “Agissez envers lui comme le Messager de Dieu (ﷺ) voulut qu’ils agissent envers un homme qui avait voulu le tuer, car il avait dit : ‘Tuez-le puis brûlez-le.’” »
On rapporte qu’Oumm Kulthūm dit à Ibn Muljam, qui se tenait là : « Malheur à toi ! Pourquoi as-tu frappé le Commandeur des croyants ? » Il répondit : « Je n’ai fait que frapper ton père. » Elle répliqua : « Il ne court aucun danger (Dieu le protège). » Il rétorqua : « Pourquoi pleures-tu alors ? Par Dieu, je lui ai donné un coup qui, s’il avait atteint les habitants d’une grande cité, ils seraient tous morts. Par Dieu, j’ai empoisonné ce sabre pendant un mois ; je l’ai acheté mille [dirhams] et je l’ai empoisonné pour mille. »
Al-Haytham ibn ʿAdī a dit : « Un homme de Bajīla m’a rapporté, d’après les anciens de son peuple, qu’Abd ar-Raḥmān ibn Muljam aperçut une femme de [Banū] Taym ar-Rabāb, appelée Qaṭām, qui était l’une des plus belles femmes et partageait l’avis des kharijites. ʿAlī avait tué certains membres de son clan à cause de cette opinion. Lorsqu’il la vit, il tomba amoureux d’elle et la demanda en mariage. Elle lui répondit : “Je ne t’épouserai qu’à condition de recevoir trois mille [dirhams], un esclave et une chanteuse.” »