Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il était basané, au visage agréable et assez rond, les cheveux lui tombant jusqu’aux lobes des oreilles, et portait sur le front la marque de sa prosternation. Il y avait également al-Burk ibn ‘Abd Allâh at-Tamîmî et ‘Amr ibn Bakr at-Tamîmî. Ils se réunirent, puis se rappelèrent qu’‘Alî avait tué leurs frères parmi les gens de Nahrawân. Ils demandèrent la miséricorde divine pour eux et dirent : « Que pouvons-nous bien faire de la vie après eux ? Eux faisaient partie des meilleurs hommes et des plus assidus à la prière ; ils appelaient les gens à leur Seigneur et ne craignaient pas le reproche d’autrui pour la cause de Dieu. Si nous sacrifions nos âmes pour aller trouver les imams de l’égarement et les tuer, nous en soulagerons les serviteurs et le pays, tout en prenant la revanche pour nos frères. »

Alors Ibn Muljam dit : « Pour ma part, je m’occuperai d’‘Alî ibn Abî Tâlib. » Al-Burk déclara : « Moi, je me chargerai de Mu‘âwiya. » Et ‘Amr ibn Bakr : « Moi aussi, je m’occuperai de ‘Amr ibn al-‘Âs. » Ils s’engagèrent alors fermement les uns envers les autres à ne pas reculer, jusqu’à ce que chacun ait tué celui qui lui était assigné ou qu’il meure en tentant de le faire. Ils prirent leurs épées, les enduisirent de poison et convinrent que cela aurait lieu le dix-septième jour de Ramadan (1), de nuit, afin que chacun attaquât sa cible dans la ville où elle se trouvait.

Quant à Ibn Muljam, il partit pour Kûfa, y entra et dissimula son projet, même à ses proches et à ses compagnons kharijites qui s’y trouvaient. Un jour, alors qu’il se trouvait assis avec une assemblée de la tribu de Taym ar-Rabâb et qu’ils évoquaient leurs morts à Nahrawân, une femme de la même tribu s’approcha, nommée Qutâm bint ash-Shujana. ‘Alî avait tué son père et son frère à Nahrawân. Elle jouissait d’une beauté exceptionnelle et était réputée pour sa splendeur. Elle s’était retirée dans la grande mosquée pour s’y consacrer à l’adoration. En la voyant, Ibn Muljam en perdit la raison et oublia aussitôt la raison de sa venue. Il la demanda en mariage, et elle posa pour conditions qu’il lui verse trois mille dirhams, lui offre un serviteur et une chanteuse, et qu’il tue pour elle ‘Alî ibn Abî Tâlib. (Il consentit à ce qu’elle avait exigé.) Il lui dit : « C’est à toi. Par Dieu, je ne suis venu dans cette ville que pour tuer ‘Alî ibn Abî Tâlib. » Il l’épousa et consomma son mariage avec elle. Ensuite, elle l’incita à exécuter son plan et fit venir, pour l’aider, un homme de sa tribu, Taym ar-Rabâb, nommé Wardân. De son côté, ‘Abd ar-Rahmân ibn Muljam rallia un autre homme appelé Shabîb ibn Najda al-Ashja‘î al-Harûrî.

Ibn Muljam s’adressa à lui en ces termes : « Voudrais-tu le grand honneur ici-bas et dans l’au-delà ? » L’autre demanda : « Lequel ? » Il répondit : « Tuer ‘Alî. » L’homme répliqua : « Que ta mère soit endeuillée de toi ! Voilà une chose énorme que tu me proposes. Comment pourrais-tu y parvenir ? » Ibn Muljam expliqua : « Nous lui tendrons une embuscade dans la mosquée. Lorsqu’il sortira pour la prière de l’aube, nous nous ruerons sur lui et le tuerons. Si nous nous en sortons, nous aurons assouvi notre vengeance et apaisé nos cœurs. Et si nous sommes tués, alors ce qui se trouve auprès de Dieu est meilleur et plus durable (que la vie d’ici-bas). » Il répondit : « Malheur à toi ! S’il s’agissait de quelqu’un d’autre qu’‘Alî, cela me serait plus facile. Je connais sa valeur dans l’islam et son lien de parenté avec le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). Je ne me sens pas le cœur de le tuer. » Ibn Muljam insista : « Ne sais-tu donc pas qu’il a tué les gens de Nahrawân ? » Il dit : « Si. » Ibn Muljam ajouta : « Nous le tuerons en représailles pour nos frères qu’il a fait périr. » Après bien des hésitations, l’homme finit par accepter.

Quand arriva le mois de Ramadan, Ibn Muljam fixa leur rendez-vous à la nuit du vendredi, après que dix-sept nuits en furent passées. Il dit : « C’est la nuit que j’ai convenue avec mes compagnons (chacun devant tuer celui auquel il a été envoyé). » Ils se rendirent alors auprès de Qutâm, qui leur apporta des bandes de soie pour les ceindre. (Elle se trouvait dans la mosquée.) Ainsi, ces trois hommes – Ibn Muljam, Wardân et Shabîb – vinrent, tous dissimulant leur épée sous leurs vêtements… (4)

(1) Dans A: du Ramadan, cette nuit-là, chaque maison de l'un d'eux est dirigée contre son voisin vers qui il se tourne dans sa ville, et il le tue. (2) Al-Idd : un événement terrible, une calamité et un mal, dictionnaire (Ard). (3) Dans A: alors nous avons obtenu la vengeance de nos frères. (4) Le lieu situé entre les deux barricades dans T: mentionne qu'ils doivent prendre leur revanche contre Muʿāwiya et ʿAmr ibn al-ʿĀṣ.
وكان أسمر حسن الوجه أبلح، شعره مع شحمة أذنيه، وفي جبهته أثر السجود. والبُرك بن عبد الله التميمي. وعمرو بن بكر التميمي أيضًا - اجتمعوا فتذاكروا قتل علي إخوانهم من أهل النهروان فترحموا عليهم وقالوا: ماذا نصنع بالبقاء بعدهم؟ كانوا [من خير الناس وأكثرهم صلاة وكانوا دعاة الناس إلى ربهم] لا يخافون في الله لومة لائم، فلو شرينا أنفسنا فأتينا أئمة الضلال فقتلناهم فأرحنا منهم [العباد و] البلاد، وأخذنا منهم ثأر إخواننا؟ فقال ابن ملجم: أمّا أنا فأكفيكم علي بن أبي طالب. وقال البرك: وأنا أكفيكم معاوية. وقال عمرو بن بكر: وأنا أكفيكم عمرو بن العاص. فتعاهدوا وتواثقوا أن لا ينكص رجل منهم عن صاحبه حتى يقتله أو يموت دونه، فأخذو أسيافهم فسمُّوها واتعدوا [أن يكون هذا الأمر] لسبع عشرة من رمضان (١) أن يبيِّت كل واحد منهم صاحبه في بلده الذي هو فيه. فأما ابن ملجَم فسار إلى الكوفة فدخلها وكتم أمره حتى عن [قومه و] أصحابه [بها] من الخوارج الذين هم بها، فبينما هو جالس في قوم من بني [تيم] الرباب [وهم] يتذاكرون قتلاهم يوم النهروان إذ أقبلت امرأة منهم يقال لها قطام بنت الشجنة، قد قتل علي يوم النهروان أباها وأخاها، وكانت فائقة الجمال مشهورة [بالحسن] ، وكانت قد انقطعت في المسجد الجامع تتعبد فيه، فلما رآها ابن ملجَم سلبت عقله ونسي حاجته التي جاء لها، وخطبها إلى نفسها فاشترطت عليه ثلاثة آلاف درهم وخادمًا وقينة. وأن يقتل لها علي بن أبي طالب، [فأجابها إلى ما شرطت عليه] قال: فهو لك ووالله ما جاء بي إلى هذه البلدة إلا قتل علي [بن أبي طالب] ، فتزوجها ودخل بها ثم شرعت تحرّضه على ذلك، وندبت له رجلًا من قومها، من تيم الرَّباب يقال له وردان، ليكون معه ردءًا، واستمال عبد الرحمن بن ملجم رجلًا آخر يقال له شبيب بن نجدة الأشجعي الحروري. قال ابن ملجم: هل لك في شرف الدنيا والآخرة؟ فقال: وما ذاك: قال؟ قتل علي، فقال: ثكلتك أمك، لقد جئت شيئًا إذا (٢) كيف تقدر عليه؟ قال أكمن له في المسجد فإذا خرج لصلاة الغداة شددنا عليه فقتلناه، فإن نجونا شفينا أنفسنا وأدركنا ثأرنا (٣) ، وإن قتلنا فما عند الله خير [وأبقى] من الدنيا. فقال: ويحك لو غير علي كان أهون علي؟ قد عرفت سابقته في الإسلام وقرابته من رسول الله ﷺ فما أجدني أنشرح صدرًا لقتله. فقال: أما تعلم أنه قتل أهل النهروان؟ فقال: بلى قال: فنقتله بمن قتل من إخواننا. فأجابه إلى ذلك بعد لأي، ودخل شهر رمضان فواعدهم ابن ملجم ليلة الجمعة لسبع عشرة ليلة خلت، وقال: هذه الليلة التي واعدت [فيها] أصحابي [أن يقتل كل واحد منا فيها صاحبه الذي ذهب إليه، ثم جاؤوا إلى قطام فدعت لهم بعصب الحرير فعصبتهم بها وكانت في المسجد] (٤) فجاء هؤلاء الثلاثة - وهم ابن ملجم، ووردان، وشبيب - وهم مشتملون على سيوفهم
(١) في أ: من رمضان في تلك الليلة بيت كل واحد منهم على صاحبه الذي توجه إليه في بلده الذي هو فيه فيقتله. (٢) الإدّ: الأمر الفظيع والداهية والمنكر، القاموس (أرد). (٣) في أ: فأدركنا ثأر إخواننا. (٤) مكان ما بين الحاصرتين في ط: فيها أن يثأروا بمعاوية وعمرو بن العاص.

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