Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les habitants d’Irak [et d’autres contrées] refusèrent de soutenir Ali et, pendant ce temps, le pouvoir des gens du Shâm (Syrie) s’amplifia. Ils allaient et venaient [à travers le pays], à droite et à gauche, en prétendant que l’autorité revenait à Muʿawiya sur la base de la sentence des deux arbitres, lesquels avaient déposé ʿAlî et confié l’intronisation de Muʿawiya à ʿAmr ibn al-ʿÂs en cas de vacance du pouvoir. Depuis cet arbitrage(1), les gens du Shâm appelaient Muʿawiya « l’émir ».

À mesure que les Syriens gagnaient en puissance, les habitants d’Irak s’affaiblissaient [et perdaient courage], alors même que leur émir n’était autre qu’ʿAlî ibn Abî Tâlib, le meilleur homme sur terre en ce temps-là : le plus dévot, le plus ascète, le plus savant et celui qui craignait le plus Dieu. Malgré toutes ces qualités, ils l’abandonnèrent et se détournèrent de lui [bien qu’il leur accordât de larges subsides et d’importantes richesses, le délaissant ainsi progressivement]. Il en vint alors à haïr la vie et à souhaiter la mort, en raison de la multiplication des troubles et de l’émergence des épreuves [de l’injustice et de la corruption].

Il répétait souvent : « Qu’est-ce qui retient le plus funeste d’entre eux ? Qu’attend-il donc ? Pourquoi ne me tue-t-il pas ? » Puis il ajoutait : « Par Dieu, celle-ci (en montrant sa barbe) sera trempée par celle-là (en désignant le sommet de sa tête). » [Ceci est rapporté à son sujet, conformément à la parole du Prophète ﷺ, via plusieurs chaînes de transmission. La première est celle rapportée(2) par al-Bayhaqî(3), d’après al-Hâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Muḥammad ibn Isḥâq al-Ṣaghânî, qui déclara : Abû al-Jawwâb al-Aḥwaṣ ibn Jawwâb(4) nous raconta, ʿAmmâr ibn Zurayq nous raconta, d’après al-Aʿmash, d’après Ḥabîb ibn Abî Thâbit, d’après Thaʿlaba ibn Yazîd, qui dit : ʿAlî affirma : « Par Celui qui fend le grain et crée l’âme, cette barbe sera teintée par ce sang (celui de sa tête). Qu’est-ce qui retient donc le plus malheureux d’entre eux ? » ʿAbd Allâh ibn Sabaʿ(5) s’écria alors : « Par Dieu, ô Commandeur des croyants ! Si un homme faisait cela, nous anéantirions sa lignée ! » ʿAlî répondit : « Je vous conjure par Dieu de ne tuer personne pour moi en dehors de mon propre meurtrier. » Ils dirent : « Ô Commandeur des croyants, ne vas-tu donc pas désigner de successeur ? » Il répondit : « Non, je vous laisse comme le Messager de Dieu ﷺ vous a laissés. » Ils continuèrent : « Que diras-tu à ton Seigneur lorsque tu Le rencontreras et que tu nous auras laissés sans guide ? » Il répondit : « Je dirai : “Ô Dieu, Tu m’as placé à leur tête aussi longtemps qu’Il T’a plu, puis Tu m’as appelé à Toi et je T’ai laissé avec eux. Si Tu le veux, Tu les réformes ; si Tu le veux, Tu les corromps.” » [Ce récit présente une faiblesse dans certains de ses termes].

[Autre chaîne de transmission] Abû Dâwûd al-Ṭayâlisî rapporte dans son “Musnad”(6) : « Sharik nous raconta, d’après ʿUthmân ibn al-Mughîra, d’après Zayd ibn Wahb, que les Khârijites vinrent trouver ʿAlî et lui dirent : “Crains Dieu, ô ʿAlî, car tu vas mourir !” Il répondit : “Non, par Celui qui fend le grain et crée l’âme ! Je ne suis pas simplement un futur mort, je serai tué par un coup ici qui fera ruisseler mon sang jusque sur ma barbe”, ajouta-t-il en la désignant de la main, “c’est un décret déjà établi et un arrêt déjà rendu. Celui qui forge un mensonge est assurément perdu.” »

(1) Dans A : après "l'arbitrage des deux arbitrages". (2) Endroit entre les deux enclaves dans T : comme il l'a dit. (3) Dalāʾil an-Nubuwwa (6/439). (4) Dans T, falsifié en : "ḥirāb". (5) Dans A : "manīʿ" ; une altération, et ici cela concorde avec al-Ṭabaqāt al-kubrā (3/34). (6) Musnad Abī Dāwūd al-Ṭayālisī (p. 19), il est mūqūf sur ʿAlī – qu'Allah soit satisfait de lui –.
العراق [وغيرهم] ، ونكلوا عن القيام معه، واستفحل أمر أهل الشام، وصالوا وجالوا [في البلاد] يمينًا وشمالًا، زاعمين أن الإمرة لمعاوية بمقتضى حكم الحكمين في خلعهما عليًا وتولية عمرو بن العاص معاوية عند خلو الإمرة عن أحد، وقد كان أهل الشام بعد التحكيم (١) يسمون معاوية الأمير، وكلما ازداد أهل الشام قوة ضعف جأش أهل العراق [ووهنوا] ، هذا وأميرهم علي بن أبي طالب خير أهل الأرض في ذلك الزمان، أعبدهم وأزهدهم، وأعلمهم وأخشاهم لله – Exalté soit-Il – ، ومع هذا كله خذلوه وتخلوا عنه [وقد كان يعطيهم العطاء الكثير والمال الجزيل فلا زال هذا ذهابهم معه] حتى كره الحياة وتمنى الموت، وذلك لكثرة الفتن وظهور المحن [والظلم والفساد] فكان يكثر أن يقول: ما يحبس أشقاها، أي ما ينتظر؟ ما له لا يقتل؟ ثم يقول: والله لتخضبن هذه - ويشير إلى لحيته - من هذه - ويشير إلى هامته - [كما روى ذلك عنه عن النبي ﷺ من طرق: الطريق الأولى: رواها] (٢) البيهقي (٣) : عن الحاكم، عن الأصم، عن محمد بن إسحاق الصَّغَاني، حدَّثنا أبو الجوَّاب الأحوص بن جوَّاب (٤) ، حدَّثنا عمار بن زريق، عن الأعمش، عن حبيب بن أبي ثابت، عن ثعلبة بن يزيد قال قال علي: والذي فلق الحبة وبرأ النسمة لتخضبن هذه من هذه للحيته من رأسه فما يحبس أشقاها "؟ فقال عبد الله بن سَبُع (٥) : والله يا أمير المؤمنين لو أن رجلًا فعل ذلك لأبدنا عترته: فقال أنشدكم بالله أن يُقتل بي غير قاتلي. فقالوا: يا أمير المؤمنين ألا تستخلف؟ فقال: لا ولكن أترككم كما ترككم رسول الله ﷺ . قالوا: فما تقول لربك إذا لقيته وقد تركتنا هملًا؟ قال: أقول: اللهم استخلفتني فيهم ما بدا لك، ثم قبضتني، وتركتك فيهم، فإن شئت أصلحتهم، وإن شئت أفسدتهم [فيه ضعف في بعض ألفاظه] . [طريق أخرى] قال أبو داود الطيالسي في "مسنده" (٦) : حدَّثنا شريك، عن عثمان بن المغيرة، عن زيد بن وهب، قال: جاءت الخوارج إلى علي فقالوا: اتق الله أ يا علي، فإنك ميت. قال: لا والذي فلق الحبة وبرأ النسمة، ولكن مقتول من ضربة على هذه تخضب هذه - وأشار بيده إلى لحيته - عهد معهود وقَضاء مقضي، وقد خاب من افترى.
(١) في أ: بعد تحكيم الحكمين. (٢) مكان ما بين الحاصرتين في ط: كما قال. (٣) دلائل النبوة (٦/ ٤٣٩). (٤) تحرفت في ط إلى: حراب. (٥) في أ: منيع؛ تحريف، وما هنا موافق للطبقات الكبرى (٣/ ٣٤). (٦) مسند أبي داود الطيالسي (ص ١٩)، وهو موقوف على عليٍّ ﵁ .

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies