Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il avait des partisans parmi les compagnons d’Ali, mais ils tardèrent à réagir, puis ils lui prêtèrent allégeance par crainte. Ensuite, il se mit en route jusqu’à arriver à Médine, où Abou Hourayra dirigeait la prière : ce dernier s’enfuit. Jâriya déclara alors : « Par Dieu, si j’avais attrapé Abou Sannour, je lui aurais tranché la tête. » Puis il s’adressa aux habitants de Médine : « Prêtez serment d’allégeance à al-Hassan ibn Ali. » Ils s’exécutèrent, et il demeura chez eux [un jour], avant de repartir vers Koufa, tandis qu’Abou Hourayra reprit la direction de la prière.

Ibn Jarir (1) rapporta : « Durant cette année, Ali et Mouawiya conclurent une trêve, après un échange de lettres trop long à détailler, visant à mettre fin à la guerre qui les opposait. Il fut convenu que le pouvoir sur l’Irak revînt à Ali, et le pouvoir sur le Cham (Syrie) à Mouawiya, et qu’aucun des deux ne pénétrât chez l’autre avec une armée, ni pour une attaque, ni pour une expédition. » Il mentionna ensuite, d’après Ziyad, d’après Ibn Ishaq, la teneur suivante : Mouawiya écrivit à Ali : « Après cela, étant donné que la communauté s’est entredéchirée, l’Irak est à toi et le Cham est à moi. » Ali (– qu'Allah soit satisfait de lui –) reconnut cette proposition. Dès lors, chacun cessa de combattre l’autre et envoya des troupes vers ses propres contrées, et l’affaire se stabilisa ainsi.

Ibn Jarir (2) poursuivit : « Cette même année, Ibn Abbas quitta Bassora pour La Mecque, abandonnant ainsi sa fonction de gouverneur, selon l’avis de la plupart des historiens. Certains contestèrent ce fait, prétendant qu’il ne cessa jamais d’exercer son poste à Bassora jusqu’à la réconciliation entre [Hassan ibn] Ali et Mouawiya, et qu’il aurait assisté à ce pacte, comme l’a explicitement mentionné Abou Obeïda, ce que nous verrons plus loin. » Ibn Jarir rapporte ensuite les raisons du départ d’Ibn Abbas de Bassora : il avait adressé des propos durs et méprisants à Abou al-Aswad ad-Douali, le juge. Celui-ci écrivit alors à Ali pour se plaindre d’Ibn Abbas, l’accusant d’avoir prélevé une partie des biens [du peuple] dans le Bayt al-Mal (Trésor public). Ali convoqua Ibn Abbas et le réprimanda en clarifiant l’affaire (4). Ibn Abbas, courroucé, lui écrivit : « Envoie qui tu veux pour me remplacer : je pars, salut. » [Ibn Abbas] laissa alors son poste et se rendit à La Mecque avec ses oncles maternels, les Banou Hilal, suivi par la tribu de Qays. Il emporta une partie du Bayt al-Mal, constituée de ce qui lui revenait en tant que gouverneur et du butin. Durant son voyage, un groupe le poursuivit ; les Banou Ghanm voulurent lui barrer la route, entraînant quelques affrontements, puis chacun se replia, et Ibn Abbas entra à La Mecque.

[Évocation de l’assassinat du Commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib et des hadiths prophétiques qui l’annoncent, ainsi que des signes de la prophétie au sujet de son meurtre et de la manière dont il advint]

À ce moment-là, les affaires de l’Émir des croyants (– qu'Allah soit satisfait de lui –) s’étaient sérieusement dégradées (5). Son armée entrait en dissension, et il faisait face à l’opposition de certains de ses partisans

(1) Histoire de Ṭabarī (vol. 5, p. 140). (2) Histoire de Ṭabarī (vol. 5, p. 141). (3) Dans l'édition : « mamnoun ». (4) Dans l'édition : « al-Tabaʿa ». (5) Dans l'édition : « tanaghasat ».
له أصحاب علي، فتثاقلوا ثم بايعوا من خوف، ثم سار حتى أتى المدينة وأبو هريرة يصلي بهم فهرب منه فقال جارية: والله لو أخذت أبا سنَّور لضربت عنقه، ثم قال لأهل المدينة: بايعوا للحسن بن علي، فبايعوا وأقام عندهم [يومًا] ثم خرج منصرفًا إلى الكوفة وعاد أبو هريرة يصلي بهم. قال ابن جرير (١) : وفي هذه السنة جرت بين علي ومعاوية المهادنة بعد مكاتبات يطول ذكرها على وضع الحرب بينهما، وأن يكون ملك العراق لعلي ولمعاوية [ملك] الشام، ولا يدخل أحدهما على صاحبه في عمله بجيش ولا غارة ولا غزوة. ثم ذكر عن زياد عن ابن إسحاق ما هذا مضمونه أن معاوية كتب إلى علي: أما بعد فإن الأمة قد قتل بعضها بعضًا فلك العراق ولي الشام فأقر بذلك علي (رضي الله عنه) . وأمسك كل واحد منهما عن قتال الآخر، وبعث الجيوش إلى بلاده، واستقر الأمر على ذلك. قال ابن جرير (٢) : وفي هذه السنة خرج ابن عباس من البصرة إلى مكة وترك العمل في قول عامة أهل السير، وقد أنكر ذلك بعضهم وزعم أنه لم يزل عاملًا على البصرة حتى صالح [الحسن بن] علي معاوية، وأنه كان شاهدًا للصلح، كما (٣) نص على ذلك أبو عبيدة كما سيأتي. ثم ذكر ابن جرير سبب خروج ابن عباس عن البصرة وذلك أنه كلم أبا الأسود الدؤلي القاضي بكلام فيه غض وحط على أبي الأسود، فكتب أبو الأسود إلى علي يشكو إليه ابن عباس وينال من عرضه بأنه تناول شيئًا من أموال [الناس من] بيت المال فبعث علي إلى ابن عباس فعاتبه في ذلك وحرَّر عليه القضية (٤) فغضب ابن عباس من ذلك وكتب إلى علي أن ابعث إلى عملك من أحببت فإني ظاعن عنه والسلام. [ثم ترك ذلك ابن عباس] إلى مكة مع أخواله بني هلال وتبعهم قيس كلها، وقد أخذ شيئًا من بيت المال مما كان اجتمع له من العمالة والفيء، ولما سار تبعته أقوام أخر فلحقهم بنو غنم وأرادوا منعهم من المسير فكان بينهم بعض قتال، ثم تحاجزوا ودخل ابن عباس مكة. [ذكر مقتل أمير المؤمنين علي بن أبي طالب وما ورد [في ذلك] من الأحاديث النبوية [وما في ذلك من دلائل النبوة] من الأخبار بمقتله وكيفيته] كان أمير المؤمنين (رضي الله عنه) قد انتقضت (٥) عليه الأمور، واضطرب عليه جيشه، وخالفه أهل
(١) تاريخ الطبري (٥/ ١٤٠). (٢) تاريخ الطبري (٥/ ١٤١). (٣) في ط: ممن. (٤) في ط: التبعة. (٥) في ط: تنغصت.

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