Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’avis correct est qu’il assista à l’allégeance d’al-‘Aqaba. Il faisait partie des notables parmi les Compagnons et remplaçait ‘Alî à Koufa lorsque celui-ci quittait la ville pour partir au combat (1).

[En l’an quarante de l’Hégire (prophétique)]
[Cette année-là eut lieu l’assassinat du commandeur des croyants ‘Alî ibn Abî Tâlib, comme nous le présenterons en détail, si Dieu le veut.]

Ibn Jarîr (2) rapporte : parmi les événements marquants de cette année, il y eut l’envoi par Mu‘âwiya de Busr ibn Abî Arṭâta à la tête de trois mille combattants vers le Ḥijâz. On raconte d’après Ziyâd ibn ‘Abd Allâh al-Bakkâ’î, lui-même le tenant de ‘Awâna, que Mu‘âwiya envoya après la sentence des deux arbitres Busr ibn Abî Arṭâta – un homme de Banû ‘Âmir ibn Lu’ayy – à la tête d’une armée. Ils partirent de Syrie jusqu’à leur arrivée à Médine, alors que le gouverneur de ‘Alî sur la ville à cette époque était Abû Ayyûb. Celui-ci s’enfuit pour rejoindre ‘Alî à Koufa tandis que Busr entrait à Médine sans livrer combat.

Busr monta en chaire, puis appela depuis la chaire : « Ô Dînâr, ô Najjâr, ô Razîq ! Hier encore, mon vieux, je t’ai vu en cet endroit. Où est-il donc ? »– faisant allusion à ‘Uthmân ibn ‘Affân. Il ajouta : « Ô habitants de Médine, par Dieu, si je n’avais pas reçu de directives de Mu‘âwiya, je n’aurais laissé ici aucun homme pubère sans le tuer ! » Puis il obtint l’allégeance des gens de Médine. Il envoya son message aux Banû Salima : « Par Dieu, vous n’aurez aucune sécurité ni ne prêterez aucune allégeance tant que vous ne m’amenerez pas Jâbir ibn ‘Abd Allâh » – autrement dit, pour qu’il se soumette lui aussi.

Jâbir se rendit alors auprès de Umm Salama et lui dit : « Que me conseilles-tu ? Je crains d’être tué, et voilà qu’on me demande de prêter une allégeance de dérive (ou d’erreur). » Elle lui répondit : « Je pense que tu dois prêter allégeance : moi-même, j’ai demandé à mon fils ‘Umar et à mon gendre ‘Abd Allâh ibn Zam‘a – qui est l’époux de ma fille Zaynab – de faire de même. » C’est ainsi que Jâbir se rendit auprès de Busr et lui prêta allégeance.

On rapporte que Busr détruisit des maisons à Médine, puis il poursuivit sa route jusqu’à La Mecque. Là, Abû Mûsâ al-Ash‘arî craignit d’être tué ; mais Busr lui déclara : « Jamais je ne ferais cela à un Compagnon du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). » Il le laissa donc partir. Abû Mûsâ avait déjà écrit auparavant aux gens du Yémen pour les informer qu’une troupe envoyée par Mu‘âwiya tuait quiconque refusait de se soumettre à l’arbitrage. Busr poursuivit ensuite son chemin jusqu’au Yémen, dont le gouverneur était ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abbâs. Celui-ci prit la fuite pour rejoindre ‘Alî à Koufa, et laissa à sa place ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn al-Madân al-Ḥârithî (3). Lorsque Busr entra au Yémen, il le mit à mort ainsi que son fils. Busr s’empara ensuite du convoi familial (‘thiqal) de ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abbâs, dans lequel se trouvaient deux de ses jeunes garçons, qu’il tua également : ‘Abd ar-Raḥmân et Quthm. (On raconte qu’il les égorgea devant leur mère, et que cette vision la rendit folle. Elle divaguait de douleur et se tenait ensuite sur les lieux des pèlerinages, l’esprit égaré, pleurant ses fils.)

On ajoute que Busr tua bien d’autres partisans de ‘Alî lors de cette expédition. Ce récit est largement connu des auteurs de Maghâzî et de Sîra (chroniques et biographies), mais quant à son authenticité, j’ai quelques doutes ; Dieu est le plus Savant. Lorsque la nouvelle parvint à ‘Alî, il dépêcha Jâriya ibn Qudâma à la tête de deux mille hommes, et Wahb ibn Mas‘ûd avec un contingent de deux mille hommes. Jâriya parvint jusqu’à Najrân, y mit le feu (4) et tua des partisans de ‘Uthmân. Busr et ses compagnons prirent la fuite ; Jâriya les poursuivit jusque dans la région de La Mecque.

Alors Jâriya leur déclara : « Prêtez allégeance ! » Ils répondirent : « Pour qui allons-nous prêter allégeance ? Le Commandeur des croyants est mort, alors pour qui prêterions-nous serment ? » Et il leur répliqua : « Prêtez allégeance à celui à qui ils ont prêté allégeance. »

(1) Dans Ṭ : « s'il sort en deux rangs » et autres variantes. (2) Tārīkh al-Ṭabarī, vol. 5, p. 139. (3) Dans Ṭ : al-Ḥāwī ; altération. Ici, c'est comme dans al-Ṭabarī et al-Kāmil d'Ibn al-ʿAṭīr (vol. 3, p. 384). (4) Dans ʾA : « jusqu'à ce qu'il arriva à Najrān et brûla sa porte ».
الصحيح، وقد شهد العقبة، وهو من سادات الصحابة وكان ينوب لعلي بالكوفة إذا خرج منها إلى القتال (١) . [سنة أربعين من الهجرة [النبوية] ] [فيها كان مقتل أمير المؤمنين علي بن أبي طالب على ما سنذكره مفصلًا إن شاء الله تعالى] قال ابن جرير (٢) : فمما كان في هذه السنة من الأمور الجليلة توجيه معاوية بسر بن أبي أرطاة في ثلاثة آلاف من المقاتلة إلى الحجاز، فذكر عن زياد بن عبد الله البكائي، عن عوانة قال: أرسل معاوية بعد تحكيم الحكمين بسر بن أبي أرطاة - وهو رجل من بني عامر بن لؤي - في جيش فساروا من الشام حتى قدموا المدينة - وعامل علي عليها يومئذ أبو أيوب - ففر منهم أبو أيوب فأتى عليًا بالكوفة، ودخل بسر المدينة ولم يقاتله أحد، فصعد منبرها فنادي على المنبر: يا دينار ويا نجار ويا رزيق شيخي شيخي عهدي به هاهنا بالأمس فأين هو؟ - يعني عثمان بن عفان - ثم قال: يا أهل المدينة والله لولا ما عهد إليّ معاوية ما تركت بهما محتلمًا إلَّا قتلته، ثم بايع أهل المدينة وأرسل إلى بني سلمة فقال: والله ما لكم عندي من أمان ولا مبايعة حتى تأتوني بجابر بن عبد الله - يعني حتى يبايعه - فانطلق جابر حتى دخل على أم سلمة فقال لها: ماذا ترين إني خشيت أن أُقتل وهذه بيعة ضلالة؟ فقالت [له] : أرى أن تبايع فإني قد أمرتُ ابني عمر وختني عبد الله بن زمعة - وهو زوج ابنتها زينب - أن يبايعا فأتاه جابر فبايعه. قال: وهدم بسر دورًا بالمدينة ثم مضى حتى أتى مكة فخافه أبو موسى الأشعري أن يقتله فقال له بسر: ما كنت لأفعل بصاحب رسول الله ﷺ ذلك، فخلّى عنه، وكتب أبو موسى قبل ذلك إلى أهل اليمن أن خيلًا مبعوثة من عند معاوية تقتل من أبى أن يقر بالحكومة، ثم مضى بسر إلى اليمن وعليها عبيد الله بن عباس ففر إلى الكوفة حتى لحق بعلي، واستخلف على اليمن عبد الله بن عبد الله بن المدان الحارثي (٣) ، فلما دخل بسر اليمن قتله وقتل ابنه، ولقي بسر ثقل عبيد الله بن عباس وفيه ابنان صغيران له فقتلهما وهما عبد الرحمن وقثم، [وقيل إنه ذبحهما بين يدي أمهما فزاغ عقلها، ووسوست مما رأت فكانت بعد ذلك تقف في المواسم مبهوتة زائغة العقل تندب ولديها] ويقال إن بسرًا قتل خلقًا من شيعة علي في ميسره هذا، وهذا الخبر مشهور عند أصحاب المغازي والسير، وفي صحته عندي نظر والله تعالى أعلم. ولما بلغ عليًا خبر بسر وجَّه جارية بن قدامة في ألفين، ووهب بن مسعود في ألفين، فسار جارية حتى بلغ نجران فحَرَّق بها (٤) وقتل ناسًا من شيعة عثمان، وهرب بسر وأصحابه فاتبعهم حتى بلغ مكة، فقال لهم جارية: بايعوا. فقالوا: لمن نبايع وقد هلك أمير المؤمنين فلمن نبايع؟ فقال: بايعوا لمن بايع
(١) في ط: إذا خرج إلى صفين وغيرها. (٢) تاريخ الطبري (٥/ ١٣٩). (٣) في ط: الحاوي؛ تحريف. وما هنا كالطبري والكامل لابن الأثير (٣/ ٣٨٤). (٤) في أ: حتى أتى نجران فحرق بابها.

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